Reportage
Entretien
Jeudi 30 septembre 2021
1 min

Un concert droit au cœur

C'est ce soir, en direct sur notre antenne : à l'occasion de la Journée mondiale du cœur, lors du concert de l'Orchestre national de France, les spectateurs et musiciens volontaires seront équipés des enregistreurs de rythme cardiaque afin de mesurer leur émotion musicale.

Un concert droit au cœur
Un concert droit au coeur, © Getty / sorendls

Le but de cette expérience est surtout de sensibiliser à la prévention, y compris chez les musiciens. Pour le cardiologue Alexandre Bensaid, porteur du projet, il s'agit de traduire l'émotion musicale en fréquence cardiaque : 

"On va s'amuser à voir si, lorsque la musique est plus intense, plus rythmée, à l'inverse, si on est dans un moment plus piano, plus sensible, on observe une émotion qui se traduit par une modification du rythme cardiaque. Si en plus on peut montrer, par exemple chez un musicien, qu'il y a une fréquence cardiaque qui a un équivalent de course à pied, de test d'effort intense, et qu'on peut le guider vers une prévention individualisée, que chez un spectateur, le fait d'aller régulièrement aux concerts a un effet protecteur en ralentissant la fréquence cardiaque, on sera ravis de le faire. Je pèse juste le mot démontrer. C'est simplement une expérience ludique sur quelques sujets, mais à laquelle on se plie avec joie." 

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En effet, les études sur les effets de la musique sur le système cardiovasculaire son très peu nombreuses, confirme la cardiologue Céline Dreyfuss, qui participe aux cotés d'Alexandre Bensaid à l'expérience au concert de l'Orchestre national de France. Mais c'est un chantier avec beaucoup de questions à soulever, rajoute la spécialiste. 

"Ça mériterait vraiment d'être étudié. Mais pour étudier ça, sans biais, c'est assez compliqué de mettre en place un schéma d'étude qui comprendrait des goûts de tout le monde, les possibilités d'écoute, les heures d'écoute... ça varierait aussi en fonction du sexe et de l'âge, bien sûr, parce qu'on n'aime pas forcément la même chose à 20 et à 60 ans." C'est d'autant plus important de poser une première pierre avec cette initiative, estime la cardiologue.

Quantifier la pression

Timbalier à l'Orchestre national de France depuis 25 ans, François Desforges est enthousiaste de participer à l'expérience, même s'il se demande si l'installation des holters sera handicapante pour le geste pendant qu'il joue.  "Je suis curieux de savoir exactement comment notre rythme cardiaque réagit aux différentes pressions. Même si maintenant, après 25 ans d'orchestre, elles sont plus relatives qu'au départ. Mais quand même, il y a toujours des petits moments quand un solo approche ou des petites choses délicates. Et j'aimerais bien avoir une idée précise à quel niveau le rythme cardiaque s'élève. Il m'est déjà arrivé lors des moments de pression, comme peuvent nous mettre certains chefs d'orchestre par moments, d'avoir les mains qui tremblotent. Donc, je pense que c'est lié au rythme cardiaque qui s'élève. Je veux en savoir plus."  

La curiosité de mieux se connaître était le motif principal pour la flûtiste Joséphine Poncelin, même si cela fait seulement deux semaines qu'elle est rentrée à l'Orchestre national de France : "La flûte est très sollicitée pendant le concert, et moi, j'ai beaucoup travaillé sur ma condition physique et psychologique au cours de ma professionnalisation. J'ai même fait appel à une vraie coach ! A partir d'un point, la flûte, on sait en jouer, et il faut s'occuper du reste !" 

Vous pourrez écouter et lire les conclusions tirées des premières interprétations des résultats dès la semaine prochaine !

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