Reportage
Entretien
Mercredi 15 décembre 2021
3 min

L'Opéra national d'Athènes a-t-il réussi à s'imposer en Grèce et à l'étranger ?

En 2017, Athènes inaugurait son nouvel Opéra National. Dessiné par Renzo Piano, l’objectif était de donner un nouveau souffle à la scène lyrique grecque et de l’imposer à l’étranger. Quatre ans plus tard, qu’en est-il ?

L'Opéra national d'Athènes a-t-il réussi à s'imposer en Grèce et à l'étranger ?
La première de La Meurtrière à l'Opéra National de Grèce, © H. Akriviadis

« Est-ce que je peux vous aider ? », nous demande-t-on alors que nous sommes en train de nous installer dans la grande salle rouge en bois de l’Opéra national de Grèce. Ce weekend la composition contemporaine y est à l’honneur, avec notamment une représentation de La Meurtrière, opéra de Giorgos Koumendakis. Dans le rôle-titre, on retrouve la mezzo-soprano grecque Mary Ellen Nesi, qui n’est pas indifférente au fait de chanter dans cette salle, la plus grande de son pays. « C’est un sentiment magnifique. Un sentiment de chaleur. La salle est très belle, son acoustique est super et le public ne fait qu’un avec vous. Donc c’est très chaleureux, mais surtout grâce au public. »

« Le public grec traditionnellement aime beaucoup l’opéra italien »

Créer un public, dans ce jeune pays lyrique qu’est la Grèce, était un défi lors de l’inauguration de la salle en 2017. Mais depuis quatre ans les spectateurs répondent présent, nous confirme notamment le chef d’Orchestre Vassilis Christopoulos. Et ils sont particulièrement sensibles à l’opéra grec : « Le public grec traditionnellement aime beaucoup l’opéra italien. Mais évidemment quand on dirige un opéra grec, la langue, le style de la composition, les références sur la musique populaire, touchentle public. »

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Le compositeur Giorgos Koumendakis, à la tête de l’Institution, est heureux d’avoir réussi à élargir le public de l’opéra dans son pays. Et à le rajeunir aussi, dit-il, avec cette salle située dans le Centre Culturel de la Fondation Stavros Niarchos, qui fait face à la mer, entourée d’oliviers. L’autre objectif était de réussir à l’inscrire sur la carte mondiale des scènes lyriques. Nous lui avons demandé ce qu’il en était. « L’une des choses qu’on a réussi à faire c’est d’établir des co-productions avec beaucoup de grands théâtres en Europe ces quatre dernières années. Avant il y en avait peu mais aujourd’hui on collabore au même niveau que certains grands théâtres. Ces objectifs nous voulons les maintenir à l’avenir, réussir encore plus à faire connaitre notre travail dans le monde et continuer à élargir notre public en Grèce et gagner la confiance d’un public qui n’allait jamais à l’opéra et créer un nouveau public. »

Pendant notre weekend à Athènes, plusieurs publics se sont croisés dans le hall de l’Opéra. Un public divers à l’image des spectacles qui étaient programmés, de l’opéra contemporain grec, à l’opéra pour enfant, en passant par un hommage à Mikis Theodorákis, dans la salle modulable qui cohabite avec la grande salle rouge de 1400 places.

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