Reportage
Entretien
Samedi 24 avril 2021
15 min

L’Opéra de Lille certifié pour sa politique de développement durable

L'Opéra de Lille devient la première maison d’Opéra française à obtenir une certification internationale ISO 20121, qui couronne les pratiques en matière environnementale et sociale de l'ensemble de ses équipes. Entretien avec Caroline Sonrier, sa directrice.

L’Opéra de Lille certifié pour sa politique de développement durable
L'Opéra de Lille, © Velvet

Cela fait maintenant 5 ans que l’Opéra de Lille s’est engagé dans une démarche citoyenne de développement durable. Des efforts aujourd’hui récompensés par une certification internationale. Nous avons demandé à sa directrice, Caroline Sonrier, sa réaction, après l’annonce de cette reconnaissance officielle, une première en France : « On était très fier et très heureux. Cette démarche a beaucoup mobilisé l’équipe depuis un certain nombre d’années. Mais là, c’est une étape supplémentaire et une fierté pour tout le monde. »

Ce label de développement durable ISO 20121 est réservé à l'événementiel. Pour l’obtenir, un dossier est à remplir, suivi d’une visite plus ou moins surprise. Un processus que détaille Caroline Sonrier : « Il y a un dossier important, donc ça a été plus d’un an de travail sur ce projet. Puis il y a un cabinet qui est nommé par cet organisme qui vient faire un audit, qui est venu interviewer différentes personnes dans la maison, sans trop prévenir qui. Ils ont vérifié un certain nombre de choses, des documents, et donc on a eu presque 100% de réponses positives à tout. »

Récupération de décors, actions sur le territoire et qualité de vie au travail

Plusieurs années d'engagement pour lesquelles l'Opéra se voit couronné et différentes actions dont la directrice donne quelques exemples : « Ça vient récompenser un travail qui a été mené sur des questions d’environnement et l’envie qu’un grand nombre de choses puissent être récupérées. On a fait beaucoup de dons aux compagnies locales, aux petites structures culturelles locales, en ce qui concerne les décors par exemple. On a des ruches sur le toit depuis plusieurs années, on a mis en place du bio et du vrac pour tout ce qui concerne le catering des artistes accueillis et on a travaillé pour avoir une fourniture d’électricité verte ». 

Ce label prend en compte non seulement des questions environnementales, mais aussi l’action de l’institution sur le territoire. Avec notamment son programme Finoreille, qui touche 300 enfants issus de zones dites défavorisées ou rurales. « L’action culturelle de sensibilisation et de médiation du public fait partie de ce processus, mais également celui de la qualité de vie au travail. On a mis en place des espaces de convivialité pour que les équipes puissent trouver des endroits où travailler ensemble, se rencontrer, échanger. Ça fait partie d’un projet global, et non pas chacun travaillant dans son coin. Que ce soit une philosophie commune, c’est cela qui nous a plu. »

Un label donné pour trois ans

Désormais, avec ce label qui va apporter une méthodologie à l’institution, ces actions pourront s’inscrire dans le fonctionnement au quotidien de l’ensemble de l’opéra, et permettre le développement de nouveaux projets. « Ça permet d'aller jusqu’au bout de chacune des idées, par un plan d’action, année après année. Parce que le label est donné pour trois ans, avec une vérification annuelle, donc il faudra montrer comment on a pu mettre en place ces organisations au sein de l’équipe, sans que ce soit une charge de travail lourde et contraignante mais que ce soit quelque chose de plus fluide et partagé au sein de l’équipe. »

Le tout au service d’une activité culturelle riche, en public bientôt on l’espère. Il y a un mois c’est une nouvelle production de Pelléas et Melisande avec l’ensemble Les Siècles dirigé par François-Xavier Roth que l’Opéra a captée, sans spectateur. Elle est disponible sur Opera Vision.

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