Reportage
Entretien
Vendredi 2 juillet 2021
2 min

Chiche ! La minute foot : stade et opéra

Après un match France-Suisse de folie et une séance de tirs au but cruelle, le destin a frappé... La France est éliminée ! Le foot nous met dans tout nos états et peut-être que c’est précisément ça qu’on aime…

Chiche ! La minute foot : stade et opéra
Le foot déchaîne les passions humaines.... tout comme à l'opéra !, © Maxppp / PHOTOPQR/LE PARISIEN

On a beau dire que « Le football est un jeu simple, qui se déroule toujours de la même manière : 22 hommes qui courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent ». Rien n’est moins sûr...
Force est de constater qu’à chaque match, tout est possible. La force du destin, voilà ce que l’on ressent car tout peut basculer d’une minute à l’autre, un penalty sifflé à la dernière seconde, une remontada (et ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne, un mélange de mérite et de hasard), c’est le destin qui est en action - impitoyable parfois, destin qui vous prend à la gorge comme chez Verdi ! Et c’est justement cela qui opère sur nos émotions.
La dimension cathartique fait que le simulacre du drame, au stade ou à l’opéra, vient véritablement nous purger. C'est un déferlement de passions pour se nettoyer l’âme.

Foot et opéra : un lien ancestral

Les liens entre le foot et l’opéra remontent à loin. Un des ancêtres du football, le calcio fiorentino, était très prisé par les nobles italiens de la Renaissance. et Vincenzo Gonzague, le duc de Mantoue, l’un des mécènes de Claudio Monteverdi considéré comme le père de l’opéra, était lui-même un grand joueur de calcio. Lors d’évènements prestigieux comme les mariages princiers, pour divertir l’assemblée et démontrer sa puissance, on faisait quoi ? Et bien, on donnait un grand match de calcio et un opéra !

Au stade ou à l’opéra, on retrouve la dimension mythologique dont parle Roland Barthes. Et si on remonte encore dans l’histoire, on est dans les arènes de la Rome antique. Au fond, joueurs ou chanteurs : même combat ! On imagine difficilement un ténor se rouler par terre après un aigu raté… mais on attend des uns et des autres des actions héroïques, des exploits - comme des gladiateurs, parfois jetés en pâture. Et ça réagit au quart de tour. Si ça rate, on siffle, on hue… mais s’il y a une belle action qui se solde par un but ou par un contre-ut (flamboyant)… alors là !

Les commentateurs de foot, des ténors qui s'ignorent ?

Certains commentateurs de foot font preuve de capacités vocales exceptionnelles, dignes des plus grands chanteurs. Ces émotions intenses vécues ensemble, ces manifestations collectives… C’est cela que l’on vient chercher. Opium du peuple ? peut-être… En tout cas, ce n’est pas un hasard si les productions d’opéra se transportent régulièrement dans les stades, et inversement. A Rome cette année, c’est à nouveau le "Nessun Dorma" de Turandot de Puccini qui a retenti lors de la cérémonie d’ouverture de l’Euro… Un air sur-mesure pour lancer une compétition sportive avec ses paroles de fin : All’alba vincero, vincero : A l’aube, je serai vainqueur, je serai vainqueur !

En partenariat avec L'Equipe

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