Reportage
Entretien
Samedi 3 octobre 2020
15 min

Ambronay plus vert

Jusqu’au 4 octobre se tient l’édition 2020 du Festival d’Ambronay. Un festival qui a du se réinventer pour se maintenir en pleine crise sanitaire et qui a également opéré depuis un an un virage plus vert. Reportage.

Ambronay plus vert
Conference Coline Serreau & Dominique Bourg à Ambronay, 2020, © Bertrand PICHENE - CCR_Ambronay

Depuis l’année dernière, sous l’impulsion du directeur du centre culturel de rencontre d’Ambronay, Daniel Bizeray, le festival s’est mis au vert. De la nourriture aux transports, tout est pensé pour moins polluer explique Marina Roche Lecca, secrétaire générale du centre culturel de rencontre d’Ambronay : « On est une équipe de cultureux qui a aujourd’hui à prendre en considération des enjeux écologiques dans nos tâches au quotidien. Ça change des méthodes de travail, ça change un peu les budgets, ça change l’approche mais en même temps c’est un besoin impérieux, donc il faut y aller c’est tout ! »

Et c’est notamment au catering, lieu de restauration du festival, que s’observent ces nouvelles mesures, « un catering sans viande, avec des produits locaux, bio dans la mesure du possible, et des quantités justes. Des choses toutes bêtes mais un festival ça génère beaucoup de déchets donc il faut faire attention à tout ça », décrit Marina Roche Lecca. Tout au long de l'année, un petit groupe de travail qui regroupe des salariés de différents services identifie « les points d’amélioration dans les gestes quotidiens ». Ce qui passe par l'utilisation de la photocopieuse, les transports mais aussi les loges d'artistes, où les emballages plastiques individuels ont été bannis. 

Le monde de la culture est un miroir

Par ailleurs, tout au long du festival cette année, des conférences, des discussions autour de l’écologie sont animées par le philosophe Dominique Bourg. Nous lui avons demandé quels sont les liens, entre culture et écologie : «  Pour moi l’écologie c’est très lié à ce que l’on appelle la pensée écologique donc en fait c’est intrinsèquement culturel. La culture c’est la manière avec laquelle on perçoit la nature, on travaille avec elle ou contre elle et donc il n'y a pas d’opposition entre culture et écologie, il y a une espèce de continuité totale. Mais si on met la culture en boite, on va imaginer que ce sont des choses différentes. Pas du tout ! »

Cet après-midi là, Dominique Bourg recevait la réalisatrice Coline Serreau à qui l’on doit La Belle verte, Trois hommes et un couffin ou encore le documentaire Solutions Globales pour un désordre total. Très engagée sur la question écologique depuis longtemps, Coline Serreau tient cependant à rappeler, que le changement doit s’inscrire dans une échelle plus globale : « Quand il est responsable et interessant, le monde de la culture est un miroir des grandes questions et des grands problèmes qui traversent la société donc c’est notre rôle. Mais je ne mets pas la culture au-dessus de quoi que ce soit (...) on est tous concernés par l’écologie. L’écologie c’est notre environnement. Moi la culture c’est ce pourquoi je suis née un peu, je sais faire ça, mais je ne mets pas ça au-dessus de quoi que ce soit »

L’Abbaye d’Ambronay est entourée de jardin. Leur utilisation pour offrir un lieu  d’échanges aux habitants ou des résidences aux artistes sera au cœur d’une réflexion ces prochaines années, affirme Marina Roche Lecca. Avant que n’arrivent tracteurs et autres engins. 

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