Reportage
Entretien
Jeudi 28 octobre 2021
3 min

À Cuzco, l'Orchestre symphonique fête les compositeurs péruviens

À l'occasion du Bicentenaire de l'indépendance du Pérou, l'Orchestre symphonique de Cuzco se consacre exclusivement, cette saison, aux compositeurs péruviens des XIXe et XXe siècles. Reportage de Suzanne Gervais.

À Cuzco, l'Orchestre symphonique fête les compositeurs péruviens
Theo Tupayachi, © Baudouin Jousset

Nous sommes à deux pas de la touristique place d'armes, où l'imposante cathédrale érigée au XVIIe siècle par les conquérants espagnols fait face à la statue de l'empereur inca Pachacutec. Le Musée d'histoire nationale accueille, chaque semaine, les musiciens de l'Orchestre symphonique de Cuzco, pour des répétitions et une série de captations.

Une œuvre par semaine 

Cet après-midi là, ils sont tous en tenue noire. Les techniciens ont installé l'éclairage de concert. Pas de spectateurs dans la salle, mais des micros et des caméras. Depuis dix mois, pandémie oblige, l'orchestre enregistre chaque semaine des œuvres qui sont diffusées sur ses réseaux sociaux, pour garder le contact avec son public. Et la pièce du jour est un Nocturno du compositeur péruvien Roberto Carpio, composé en 1921.

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Theo Tupayachi est le chef de l'orchestre cusquénien : "Au Pérou, nous célébrons cette année le bicentenaire, les 200 ans de la République et de notre indépendance. Nous avons aussi un nouveau gouvernement, un nouveau président cette année, _Pedro Castillo_, qui veut absolument mettre en valeur et défendre l'art et la culture nationale."

De nombreuses découvertes 

La célébration de l'anniversaire de l'indépendance nationale est ainsi l'occasion, pour le public, de découvrir ou redécouvrir des œuvres de compositeurs péruviens, qui n'ont pour certaines encore jamais été programmées ni même publiées. Theo Tupayachi se livre ainsi à une série de transcriptions : "Ce sont des œuvres qui ne sont en temps normal pas beaucoup jouées, voire pas du tout, dans les programmes. J'ai même été amené à transcrire des œuvres d'après des manuscrits. Par exemple, il y a des morceaux inconnus de _Bernardo Alcedo_, compositeur de l'hymne national du Pérou."

Manuel Arce Sotelo est quant à lui altiste dans l'orchestre. Il a étudié quelques années à Paris et aime tout particulièrement la musique de Roberto Carpio : "C'est un compositeur qui a beaucoup été influencé par l'impressionnisme français. C'est une œuvre un peu sombre, élégiaque, qu'on joue souvent ici au Pérou quand il y a un décès. Pour moi, c'est une des œuvres les plus belles de la composition péruvienne."

Le plus jeune des orchestres symphoniques du pays 

Le Pérou compte seulement quatre orchestres symphoniques professionnels, et celui de Cuzco a été créé en 2009. "J'ai fondé l'orchestre avec des amis du conservatoire, raconte Theo Tupayachi. Nous étions d'abord un orchestre de jeunes, qui est devenu professionnel. Au Pérou il n'y a aucun orchestre privé, nous sommes tous des orchestres d'Etat. Et celui de Cuzco est le plus jeune ! La majorité des musiciens sont de Cuzco, mais quelques-uns viennent aussi de Lima, d'Arequipa, et des régions alentours. Nous avons parmi nous un seul musicien étranger, un musicien vénézuélien." 

Pour découvrir ce Noturno de Roberto Carpio et d'autres pièces péruviennes, rendez-vous sur la page Facebook de l'Orchestre symphonique de Cuzco

Suzanne Gervais

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