Quel scandale !
Programmation musicale
Samedi 28 août 2021
58 min

On lynche Maria Callas

Le public romain était sacrément remonté contre Maria Callas le soir du 2 janvier 1958 ! La chanteuse a osé interrompre la représentation de Norma de Bellini. Sa voix a littéralement lâché. Le public est tellement furieux qu'elle n’a pas d’autre choix que de rester confinée à son hôtel...

On lynche Maria Callas
Maria Callas en 1958 : la soprano quitte la scène de l'Opéra de Rome après le 1er acte de Norma de Bellini. Le public croit alors à un simple caprice, © Getty / Erich Auerbach

En janvier 1958, aux côtés du ténor Franco Corelli, de la mezzo-soprano Miriam Pirazzini et du chef d’orchestre Gabriele Santini, Maria Callas s’apprête à chanter Norma de Bellini, ce rôle culte face à un public italien qu’elle connait bien et qui l’a déjà adulée par le passé.
Pourtant à cinq jours de la première, sa gorge commence à picoter. Le lendemain, le 29 décembre, la chanteuse se repose. Deux jours plus tard, jour de la répétition générale, tout se déroule pour le mieux mais dans sa loge Maria Callas attrape froid et se met à frissonner : sa voix en prend encore un coup. 

L'histoire du scandale de "Norma" par Maria Callas - Quel scandale !

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Le soir-même, elle enregistre à la télévision l’air de Casta Diva. Malgré la difficulté redoutable de l’air et son état de santé qui se dégrade, sa voix sonne glorieusement. Elle décide de fêter sagement la Saint-Sylvestre avec son mari et quelques amis, boit une ou deux coupes de champagne et rentre peu après minuit.
Le cauchemar commence dès son lever le lendemain matin, jour de la Première : la soprano est littéralement muette, sa voix ne répond pas. Elle prévient le directeur de l’Opéra : il faut qu’il lui trouve une remplaçante ! Le directeur pense alors à un caprice de la diva et refuse sa demande. D’ailleurs, aucune doublure n'est prévue pour elle. Après avoir dormi 12 heures d’affilée grâce à un somnifère, à son réveil, miracle, sa voix est revenue. Rassurée, elle part donc se préparer pour la représentation du soir.

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Ce soir du 2 janvier 1958, le rideau se lève à l'Opéra de Rome. Très rapidement arrive l’air de Casta Diva. Sa voix s’élève avec grâce et force, même si une poignée de spectateurs font entendre leur mécontentement.
La cantatrice termine l’air mais a pour cela utilisé toutes ses ressources. Elle ne se voit pas continuer la soirée… Sa voix ne tiendra pas si elle la force davantage. A la fin de l’acte I, elle quitte alors la scène et part s’enfermer dans sa loge. L’entracte s’éternise. Elle a décidé : elle ne remettra pas les pieds sur scène ! Le scandale commence alors…

"J’ai été littéralement lynchée [...] Je n’en veux pas aux journalistes. Je m’en veux surtout à moi-même : parce que je n’ai pas compris que la majorité préfère l’artifice à l’art, et la fourberie à la sincérité" Maria Callas

Alors que la soirée est retransmise en direct sur les radios française et italienne, le régisseur de l’institution lyrique romaine monte sur le front de scène et annonce au public la fin de la soirée. En effet, faute de doublure pour la remplacer, les spectateurs sont invités à rentrer chez eux… Problème : toute l’Italie s’était pressée pour voir la diva, même le Président de la République ! Déçus et frustrés, certains qui ont déboursé une fortune pour être présents ce soir-là croient à un simple caprice de la cantatrice. Le public est furieux. Maria Callas qui a trop peur des représailles à l’annonce de la nouvelle, décide de rester cloitrée durant plusieurs heures dans sa loge avant de rejoindre discrètement sa chambre d’hôtel.
Le lendemain, les journaux italiens ne parlent que de cette folle soirée. Le nom de Maria Callas est sur toutes les lèvres. Très blessée par cette campagne de presse, la chanteuse s’excuse auprès du Président de la République, qui lui pardonne en retour. Tout est pardonné ou presque….

Programmation musicale

Vincenzo Bellini
Norma : Casta Diva (Acte I)
Maria Callas, soprano
Orchestre de l'Opéra de Rome
Direction, Gabriele Santini
MELODRAM

Giacomo Puccini
Tosca : O dolci mani (Acte III)
Maria Callas, soprano
Giuseppe di Stefano, ténor
Orchestre du Théâtre de la Scala de Milan
Direction, Victor de Sabata
WARNER CLASSICS

Amilcare Ponchielli
La Gioconda : Carneval baccanal (Acte I); Suicidio (Acte IV)
Maria Callas, soprano
Choeur et Orchestre du Théâtre de la Scala de Milan
Direction, Antonino Votto
WARNER CLASSICS

Gaetano Donizetti
Lucia di Lammermoor : Sextuor (Acte II)
Maria Callas, soprano
Giuseppe di Stefano, ténor
Valiano Natali, ténor
Gino Sarri, ténor
Anna Maria Canali, mezzo-soprano
Tito Gobbi, baryton
Raffaele Arié, basse
Choeur et Orchestre du Mai Musical Florentin
Direction, Tullio Serafin
WARNER CLASSICS

Giuseppe Verdi
Il Trovatore : D'amor sullali rosee (Acte IV)
Maria Callas, soprano
Orchestre du Festival d'Athènes
Direction, Antonino Votto
EMI

En partenariat avec Classica

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