Quel scandale !
Programmation musicale
Samedi 14 août 2021
58 min

Berlioz enrage

Quatre années de travail auront été nécessaires pour qu’Hector Berlioz achève l’écriture de son premier opéra : Benvenuto Cellini. Et pourtant, c’est après 4 représentations seulement que son opéra est retiré de l’affiche de l’Opéra de Paris. Pour Berlioz, c'est un coup de massue !

Berlioz enrage
La représentation de Benvenuto Cellini de Berlioz dans la mise en scène de Terry Gilliam à Bastille en 2018, opéra qui a été retiré de l'affiche au bout de 4 représentations lors de sa création, © AFP / FRANCOIS GUILLOT

"Jamais je n’oublierai les tortures qu’on m’a fait endurer" avait écrit Berlioz dans ses mémoires. Les tumultes provoqués lors de la création de son opéra en 1838 laisseront des traces indélébiles dans le cœur du compositeur…
Pourtant, Hector Berlioz travaillait sur cet œuvre depuis 1834. C’est au terme de quatre années de travail acharné et après six mois d’intenses répétitions où Berlioz adapta sa partition inlassablement, que le compositeur peut enfin montrer sur la scène de l’Opéra de Paris son Benvenuto Cellini. Cet ouvrage retrace les mémoires du sculpteur florentin Benvenuto Cellini, contemporain de Michel-Ange et de Vinci. Le sujet a donc de quoi plaire au public : un artiste de génie comme personnage principal déambulant dans une Rome pittoresque pleine d’intrigues et de grands mouvements populaires. Sans compter, que c'est un Berlioz âgé de 34 ans, ayant connu de nombreux succès grâce à son Requiem, sa Symphonie fantastique et Harold en Italie, qui se présente devant un public curieux et impatient le soir de la première...

"Malvenuto Cellini"

Ce soir du 10 septembre 1838, l’ouverture est accueillie chaleureusement par le public mais pour les spectateurs présents, la suite de la partition ne tient pas la cadence. Certes quelques beaux airs parsèment l’ouvrage mais les différents thèmes mélodiques, trop courts et trop indiscernables, n’accrochent pas l’oreille du public. Dans la salle, c'est la stupéfaction !
 Le malaise est double lorsque le ténor, Gilbert Duprez, entre en scène et que l’on s’aperçoit qu’il n’arrive même pas à venir à bout du rôle... La partition est en effet d’une difficulté redoutable. Le ténor décide donc d'abandonner après la troisième représentation.
Mais pour Berlioz s’en est trop ! Son opéra a été victime d'une injuste cabale à son encontre, condamné avant même que les premières notes ne retentissent dans la salle... C'est selon lui, un véritable scandale !

Programmation musicale

Hector Berlioz
Benvenuto Cellini : Ouverture
Orchestre national de France
Direction, John Nelson
VIRGIN

Hector Berlioz
Benvenuto Cellini : Choeur de masques : Tra La La La (Acte I)
Nicolai Gedda, ténor
Derek Blackwell, ténor
Robert Lloyd, basse
Jules Bastin, basse
Choeur de l'Opéra royal de Covent Garden
Orchestre symphonique de la BBC
Direction, Colin Davis
PHILIPS

Hector Berlioz
Benvenuto Cellini : La gloire était ma seule idole (Acte I)
Nicolai Gedda, ténor
Orchestre symphonique de la BBC  
Direction, Colin Davis  
PHILIPS

Hector Berlioz
Benvenuto Cellini : Prélude (Acte II)
Orchestre symphonique de la BBC    
Direction, Colin Davis    
PHILIPS

Hector Berlioz
Benvenuto Cellini : Rosa purpurea (Acte II)
Patrizia Ciofi, soprano
Joyce di Donato, mezzo-soprano
Choeur de Radio France
Orchestre national de France  
Direction, John Nelson
VIRGIN

Hector Berlioz
Benvenuto Cellini : Ah ! Maître drôle, ah ! (Acte I)
Choeur de l'Opéra royal de Covent Garden  
Orchestre symphonique de la BBC  
Direction, Colin Davis  
PHILIPS

Hector Berlioz
Benvenuto Cellini : Quand j’aurai votre âge (Acte I)
Christiane Eda-Pierre, soprano
Orchestre symphonique de la BBC    
Direction, Colin Davis    
PHILIPS

Hector Berlioz
Benvenuto Cellini : Bien bien bien (Acte I)
Choeur de l'Opéra royal de Covent Garden
Orchestre symphonique de la BBC     
Direction, Colin Davis     
PHILIPS

En partenariat avec Classica

-
-
L'équipe de l'émission :