Propos sur Bach
Magazine
Dimanche 20 octobre 2019
5 min

Propos sur Bach : 8. Un premier engagement à Weimar (1703)

Jean-Sébastien Bach a 17 ans lorsqu’il obtient son diplôme de fin d’études à l’école Saint-Michel de Lünebourg. Allait-il poursuivre ses études à l’Université comme le firent certains de ses cousins germains ?...

Propos sur Bach : 8. Un premier engagement à Weimar (1703)
Episode 8

... Ce ne sera pas le cas pour lui, son autonomie financière est bien trop préoccupante et il doit d’abord se soucier de gagner sa vie. Il place alors toute son énergie dans la recherche d’un poste d’organiste en se tournant vers sa Thuringe natale : là, il pourra être aidé, soutenu, du moins renseigné, par quelque membre de sa famille autant que par le réseau des musiciens de cette région qui lui est si chère. 

Direction le sud : on sait que le jeune homme se présenta avec succès au poste d’organiste de la Jakobkirche de Sangerhausen, une petite ville située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Halle. Il s’agit sans doute là de sa toute première audition. Mais en dépit du talent dont il fit preuve, le duc de cette région lui préfèra un autre candidat, plus local.

Son tout premier engagement professionnel, Jean-Sébastien l’obtient finalement dans la plus grande ville de Weimar : le voilà employé à la cour en quelque sorte comme musicien à tout faire. Il intègre comme violoniste le petit orchestre de la chapelle privée du frère du duc de Saxe-Weimar, tout en remplaçant l’organiste en poste, lequel assurait aussi les fonctions de secrétaire de la chancellerie ducale. Etant données les études complètes suivies par Jean-Sébastien, chacune de ces charges étaient dans ses cordes.  

Pendant sept mois, de mars à septembre 1703, Jean-Sébastien Bach évolue donc à la cour de Weimar, où il côtoie entre autres personnalités, le grand violoniste saxon Johann Paul von Westhoff. D’une trentaine d’années son aîné, Westhoff avait voyagé dans toute l’Europe ; il faisait figure d’érudit à la cour où il enseignait d’ailleurs les langues italienne et française. Les deux recueils pour violon publiés du vivant de Westhoff, l’un avec basse continue et l’autre pour violon seul, impressionnèrent Jean-Sébastien et ne seront pas sans influence sur ses propres compositions pour cet instrument.  

Mais à Weimar, Bach aspire à une autre situation : c’est un véritable poste d’organiste qu’il lui faudrait à présent. Il se fait entendre dès qu’une occasion s’offre à lui et se forge ainsi assez rapidement, une solide réputation dans ce domaine. Son nom, ainsi que son talent, commencent à circuler à la cour et dans toute la région.

Au mois de juillet 1703, c’est au jeune virtuose de 18 ans que sont confiées l’expertise et l’inauguration du tout nouvel orgue de l’église Saint-Boniface d’Arnstadt, une petite ville de moins de 4 000 habitants située au sud-ouest de Weimar. Sans doute le bourgmestre d’Arnstadt avait-il quelque affinité avec certains membres de la famille Bach. Toujours est-il que l’inspection du nouvel instrument construit par le facteur Wender vaut à Jean-Sébastien une belle rétribution financière ainsi que l’occasion d’une démonstration publique.

Cette prestation du 13 juillet 1703 allait-elle convaincre la municipalité d’Arnstadt d’engager Jean-Sébastien Bach comme organiste titulaire de Saint-Boniface ?
Réponse dans le prochain numéro de votre feuilleton !

Johann Paul von Westhoff
Sonate n° 3 pour violon et basse continue / « Imitazione delle campane »
Sonate n° 2 pour violon et basse continue / « Imitazione del liuto »
Daniel Hope, violon
Jonathan Cohen (violoncelle), Stefan Maass (luth), Stefan Rath (luth)
Disque : Deutsche Grammophon 4778094 (2009)

CD Daniel Hope Air DGG
CD Daniel Hope Air DGG
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