Propos sur Bach
Magazine
Dimanche 6 octobre 2019
5 min

Propos sur Bach : 6. L’installation à Lünebourg (1700-1702)

En l’année 1700, Jean-Sébastien atteint l’âge de 15 ans; l’âge de l’émancipation : le voici libre et autonome. Et comme cela fut le cas pour son frère Jacob trois années auparavant, il quitte le foyer de Christoph et Johanna Dorothea, qui avaient à présent deux enfants et attendaient le troisième...

Propos sur Bach : 6. L’installation à Lünebourg (1700-1702)
Episode 6

... Pour la première fois, Jean-Sébastien quitte sa Thuringe natale. Direction : le Nord de l’Allemagne, à 350 kilomètres d’Ohrdruf. Un long voyage pour rejoindre Lünebourg, une petite ville non loin de l’embouchure de l’Elbe, au sud de Hambourg. C’est certainement sur les conseils du cantor d’Ohrdruf que Jean-Sébastien et son meilleur ami Georg Erdmann se rendent à Lünebourg. Le cantor Herda n’avait-il pas lui-même été formé en cette ville ? Une ville où fleurissait d’ailleurs, grâce à ses trois églises et à sa proximité avec Hambourg, une grande école d’organistes. 

Grâce à leurs belles voix travaillées, Jean-Sébastien et Georg sont immédiatement intégrés au pensionnat de l’Ecole Saint-Michel et au chœur de cet établissement qui était réservé aux « fils de familles pauvres, privés de ressources, mais dotés d’une belle voix ». Le chœur est placé sous la responsabilité du cantor August Braun ; c’est lui qui prépare les polyphonies sacrées entonnées à l’église Saint-Michel tous les matins et chaque dimanche. 

Souvent, Jean-Sébastien quitte Saint-Michel pour se rendre à l’église Saint-Jean : c’est là qu’officie l’organiste Georg Böhm, lui aussi originaire de Thuringe, mais formé à Hambourg auprès du grand Johann Adam Reincken. Böhm combinait un style fleuri et ornemental très personnel aux techniques de contrepoint de l’école du Nord. Ce sont ces deux styles que Jean-Sébastien allaient approfondir à ses côtés. 

Et Lünebourg allait réserver bien des surprises à Jean-Sébastien pendant les deux années où il y séjourna. Imaginez un peu les belles journées de découverte, de lecture et de copie qu’il dut vivre à la bibliothèque du couvent de Saint-Michel, lorsqu’il commença à explorer le trésor qu’elle renfermait : une collection de plus d’un millier de partitions manuscrites et imprimées des écoles italienne et allemande, signées Monteverdi, Carissimi, Schein, Scheidt et bien sûr Schütz. 

Georg Böhm
Variations pour orgue sur le Choral « Vater unser im Himmelreich »
Bart Jacobs, orgue
Disque : Etcetera KTC 1578 (2017)

Bachplus : Schütz Buxtehude Böhm
Bachplus : Schütz Buxtehude Böhm, © Etcetera
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