Propos sur Bach
Magazine
Mardi 5 mai 2020
5 min

Propos sur Bach : 34. Voyages à Köthen, Dresde et Kassel

En poste à Leipzig, Bach n’en conserve pas moins le titre de Kapellmeister de la cour de Köthen. Jusqu’au décès de Leopold survenu en 1728, il continue de visiter son prince en compagnie d’Anna Magdalena.

Propos sur Bach : 34. Voyages à Köthen, Dresde et Kassel
Episode 34

En poste à Leipzig, Bach n’en conserve pas moins le titre de Kapellmeister de la cour de Köthen. Jusqu’au décès de Leopold survenu en 1728, il continue de visiter son prince en compagnie d’Anna Magdalena. On compte au moins quatre séjours à Köthen à chaque fois pour l’exécution de grandes œuvres vocales nouvelles destinées à célébrer l’anniversaire du prince ou le Nouvel An. C’est à Jean-Sébastien qu’il revient de composer l’Ode funèbre, chanté en 1729 pour rendre hommage à la mémoire de ce bon prince disparu trop jeune à l’âge de 35 ans. Cette triste occasion est le dernier voyage du couple Bach à Köthen.

Nombreux sont les déplacements réalisés par Jean-Sébastien pour expertiser des orgues récemment fabriqués ou restaurés. Ses travaux en ce domaine sont très recherchés. Les meilleurs facteurs allemands de l’époque sollicitent son évaluation en même temps qu’ils la redoutent. C’est ainsi qu’il expertise dans la région de Leipzig les instruments de Schmieder, Finke, Becker, Wender, ceux de Silbermann et de son facteur préféré, Zacharias Hildebrandt.

Les séjours effectués par Bach à Dresde sont réguliers, vraisemblablement jusqu’en 1742. Située à une centaine de kilomètres au sud-est de Leipzig, la capitale de la Saxe abrite une population deux fois plus importante qui pouvait s’enorgueillir de la résidence royale autant que des joyaux architecturaux qu’elle abritait, tel le Zwinger, un ensemble de pavillons conçus pour les fêtes de la cour. En septembre 1725, Jean-Sébastien se fait entendre sur le nouvel orgue Silbermann à Sainte-Sophie, l’église la plus ancienne de la ville. Les virtuoses de la cour et de la ville applaudissent unanimement son grand art. A partir de là, le cantor entretient des rapports professionnels et amicaux avec plusieurs musiciens au service de la cour ; citons pêle-mêle Heinichen, Quantz, Pisendel, le vénitien Lotti, le tchèque Zelenka ou encore le français Buffardin. Lorsqu’il revient à nouveau jouer l’orgue de la Sophienkirche en 1731, c’est accompagné de son fils aîné Wilhelm Friedemann alors âgé de 21 ans : deux ans plus tard, ce dernier obtiendra le poste d’organiste tant convoité de cette église.

Du 21 au 28 septembre 1732, Bach passe une semaine à Kassel pour expertiser et inaugurer le nouvel orgue de l’église Saint-Martin qui avait nécessité trois années de travail à Nikolaus Becker, le facteur de Mülhausen. Cette fois, il est accompagné de son épouse ; le couple réside à l’hôtel de la « Ville de Stockholm ». Les séjours à Köthen mis à part, il s’agit là du seul voyage connu d’Anna Magdalena. Jean-Sébastien joue notamment sa Toccata et fugue en ré mineur dite « dorienne » BWV 538 en présence de Frédéric II, futur Landgrave de Hesse-Kassel : le jeune prince héritier est si impressionné qu’il fait don au cantor d’une bague sertie de pierres précieuses, retirée de son doigt juste après sa prestation musicale. 

Jean-Sébastien Bach
Toccata en ré mineur BWV 538
James Johnstone, orgue
Orgue Raphaëlis (1554-55) de la cathédrale de Roskilde (Danemark)
Disque : Métronome METCD 1095 (2017)

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