Propos sur Bach
Magazine
Dimanche 1 mars 2020
5 min

Propos sur Bach : 24. Kapellmeister à Köthen (1717-1723)

Jean-Sébastien a 32 ans lorsqu’il s’installe avec son épouse et leurs quatre enfants à Köthen. Avec ses quelques 5 000 habitants, Köthen est à cette époque la bourgade la plus importante de la petite principauté calviniste où règne la famille des Anhalt ...

Propos sur Bach : 24. Kapellmeister à Köthen (1717-1723)
Episode 24

... Les Bach résident dans une maison de la Wallstrasse, non loin de l’Agnuskiche, le seul temple luthérien de la petite ville où ils se rendent tous les dimanches.

Entouré d’un cours d’eau et de jardins à la française, le Ludwigsbau, château résidentiel de Leopold d’Anhalt-Köthen, renferme une belle collection de tableaux, même si de tous les arts, c’est la musique que le jeune prince préfère et qu’il pratique d’ailleurs lui-même. Sa richesse n’était pas suffisante pour assumer les frais d’entretien d’un théâtre et d’une troupe d’opéra ; peu importe, c’est la musique instrumentale qui l’intéresse plus particulièrement. 

Enfant, le prince Leopold montra de belles dispositions pour la musique. On sait qu’il fut élève de la Ritterakademie entre 1708-1710 : il excellait à la viole de gambe. De 1710 à 1713, il effectua un « Grand tour » d’Europe qui le mena aux Pays-Bas, en Angleterre, en France et en Italie. Il tenait un journal dans lequel il notait ses rencontres musicales et on sait grâce à cette source qu’il prit notamment des leçons à Rome auprès de Johann David Heinichen, un maître allemand très réputé qui œuvrait à cette époque-là en Italie.

En 1715, le prince Leopold atteint la majorité ; du haut de ses 21 ans, il accède au pouvoir et prend la gouvernance de la principauté. Sa première ambition fut de constituer un Collegium musicum, en réunissant des musiciens de tout premier plan. Il rassembla donc une quinzaine d’instrumentistes dont la plupart venaient de Berlin. Parmi cette belle phalange, on pouvait compter deux violonistes, deux flûtistes, deux trompettistes, un hautboïste, un bassoniste, un violoncelliste, un timbalier et un virtuose de la viole de gambe, Christian Ferdinand Abel, membre d’une importante famille de musiciens. Jean-Sébastien se lia d’amitié avec Abel et devient même le parrain de l’un de ses enfants, la petite Sophia Charlotta. 

A Köthen, le nouveau poste de Jean-Sébastien Bach excluait toute obligation d’ordre liturgique ; c’est la raison pour laquelle il n’avait pas à composer de musique sacrée. En sa qualité de Kapellmeister (maître de chapelle), il avait la responsabilité de toute la musique de la cour. Il était chargé de composer de la musique nouvelle pour le Collegium musicum de Leopold, d’assurer les répétitions de cet ensemble et d’en diriger les exécutions. Et il n’était pas rare que le jeune prince participât lui aussi à ces prestations en jouant lui-même au sein de l’ensemble. On sait qu’il possédait grande collection d’instruments, qu’il jouait donc de la viole de gambe, mais aussi du clavecin, du violon et qu’il possédait une belle voix de basse. 

Une magnifique période s’ouvrait pour Jean-Sébastien Bach aux côtés de ce prince éclairé et fervent musicien. Il déclara d’ailleurs bien plus tard, en 1730, dans une lettre à son ami Erdmann que c’est à Köthen qu’il aurait souhaité finir ses jours. 

Jean-Sébastien Bach
Concerto pour deux violons en ré mineur BWV 1043
Mouvement 3 : Allegro
Simon Standage et Elizabeth Wilcock, violons
English Concert
Clavecin et direction : Trevor Pinnock
Disque : Archiv Produktion AP 410646-2 (1983)

CD Bach Ctos pourr violon Standage Wilcock Pinnock
CD Bach Ctos pourr violon Standage Wilcock Pinnock
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