Propos sur Bach
Magazine
Dimanche 16 février 2020
5 min

Propos sur Bach : 22. Konzertmeister à la Cour de Weimar

Six années après son arrivée à Weimar, alors que son foyer s’est agrandi de deux enfants et que le troisième s’apprête tout juste à venir au monde, Jean-Sébastien devient Konzertmeister de la cour. Cette nouvelle fonction, il l’espérait de tous ses vœux depuis plusieurs années déjà ...

Propos sur Bach : 22. Konzertmeister à la Cour de Weimar
Episode 22

... Avec ce nouveau titre, il s’engage le 2 mars 1714, quelques jours avant son 29e anniversaire, « à exécuter chaque mois de nouvelles compositions, et à assurer les répétitions des musiciens de la chapelle » ; une chapelle qui compte alors une douzaine d’instrumentistes et une dizaine de chanteurs. 

A partir de 1714, Jean-Sébastien compose donc une nouvelle cantate par mois. Il avait déjà fourni de merveilleuses partitions dans ce domaine à Mühlhausen, sans doute à chaque fois pour des occasions exceptionnelles. Tandis qu’à Weimar, il s’agissait d’une obligation de composition régulière, pour répondre aux exigences du calendrier liturgique. Des 33 mois passés à Weimar, depuis cette promotion de mars 1714, jusqu’à son départ de la cour en 1717, 16 cantates sont parvenues jusqu’à nous (BWV 182, 12, 172, 21, 54, 199, 61, 152, 31, 165, 185, 161, 162, 163, 132, 155).

Presque toutes ces nouvelles productions dans ce genre sont composées à partir de textes élaborés par Salomon Franck. Issu d’une vieille famille liée à la cour de Weimar, Franck était à la fois juriste, théologien et poète auprès du duc Wilhelm Ernst ; c’est lui qui avait la charge de la bibliothèque et des collections du prince. L’érudit a laissé plusieurs recueils de textes de cantates composant des cycles liturgiques complets dans lesquels Jean-Sébastien n’avait plus qu’à choisir. 

Les textes de Salomon Franck font alterner des airs, des chœurs et des chorals ; ils se distinguent des textes publiés par Erdmann Neumeister, considérés comme plus modernes qui comportent des airs et des récitatifs. Pasteur à la Jakobikirche de Hambourg, Neumeister avait lui aussi publiés plusieurs cycles liturgiques qui étaient utilisés dans toute l’Allemagne. Depuis Weimar, Jean-Sébastien y avait également recours. 

Cette nouvelle série de cantates composées à Weimar témoigne d’une grande variété d’invention, à la fois dans l’organisation et la construction, dans l’instrumentation, le traitement des chœurs et des airs. Certaines cantates comportent des Sinfonias introductives purement instrumentales, d’autres font cohabiter des chœurs archaïsants en style de motets avec des airs da capo à l’italienne. Chaque nouvelle partition est l’occasion d’un renouvellement incessant et témoigne de toute l’attention portée par Jean-Sébastien Bach au texte liturgique et à la portée du message chrétien.

Jean-Sébastien Bach
Cantate BWV 21 « Ich hatte viel bekummernis »
Choeur « Sei nun wieder zufrieden, meine Seele »
Bach Collegium du Japon
Direction Masaaki Suzuki
Disque : BIS CD-1031 (2000)

CD Masaaki Suzuki Bach Cantata BWV 21
CD Masaaki Suzuki Bach Cantata BWV 21, © BIS
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