Propos sur Bach
Magazine
Dimanche 9 février 2020
5 min

Propos sur Bach : 21. La naissance des premiers enfants

Lorsque Jean-Sébastien emménage à Weimar au cours de l’été 1708, son épouse est déjà enceinte. Le premier enfant du jeune couple est une petite fille : Catharina Dorothea. Baptisée à la fin du mois de décembre, juste après Noël ...

Propos sur Bach : 21. La naissance des premiers enfants
Episode 21

...  elle a pour parrain le fameux pasteur Eilmar de la Marienkirche de Mühlhausen avec lequel les Bach étaient donc restés en bons termes.

On sait que Catharina Dorothea resta célibataire et qu’en tant que fille aînée, elle joua un rôle très important au sein du foyer pour seconder sa mère, puis épauler son père, lorsque Maria Barbara vint à s’éteindre prématurément. Catharina Dorothea n’avait alors que onze ans. Ses jeunes frères doivent beaucoup à sa constance et à sa présence de chaque instant tout au long de leur enfance et de leur adolescence.

Pendant les neuf années passées à Weimar, Maria Barbara met au monde six enfants dont des jumeaux qui n’ont pas survécu plus d’une semaine. Après Catharina Dorothea, suivent trois garçons : Wilhelm Friedemann naît en 1710, Carl Philipp Emanuel en 1714 et Johann Gottfried Bernhard en 1715. Tous les trois deviennent d’éminents musiciens, formés par leur père dès leur plus jeune âge.

L’aîné des garçons, Wilhelm Friedemann est excellent claviériste et très bon compositeur. Il fréquente la Thomasschule puis l’Université de Leipzig. Après un poste d’organiste à Dresde, il déploie une belle carrière de directeur de la musique et d’organiste dans la ville de Halle.

Le deuxième garçon, Carl Philipp Emanuel a pour parrain, le déjà très connu Georg Philipp Telemann qui est alors Kapellmeister de la cité libre de Frankfort. Egalement élève de son père au sein de la Thomasschule de Leipzig, puis, comme son grand frère, étudiant en droit à l’Université de la même ville, il est ensuite pendant près de trente ans claveciniste à la cour de Frédéric le Grand à Berlin, avant de succéder à son parrain comme directeur de la musique à Hambourg pendant une vingtaine d’années. De tous les fils de Bach, il est sans conteste le compositeur le plus prolifique.

Le troisième garçon, Johann Gottfried Bernhard, a une destinée moins heureuse. Il reçoit lui aussi de son père une solide instruction musicale et fréquente ensuite la Thomasschule de Leipzig. Jean-Sébastien intercède en sa faveur lorsqu’il s’agit de l’installer comme organiste à la Marienkirsche de Mühlausen à l’âge de vingt ans. Mais Johann Gottfried Bernhard se montre plus instable que ses frères. Criblé de dettes, il rompt les contacts avec sa famille tandis que son père continue d’honorer ses créditeurs. « Comme aucune exhortation ni même aucun soin affectueux n’obtiennent plus rien, il me faut porter ma croix avec patience et abandonner mon fils à la seule miséricorde divine », écrit Jean-Sébastien en 1738 à l’un de ses amis. L’année suivante, le jeune homme s’éteint d’une fièvre aiguë à l’âge de vingt-quatre ans.

Dès les premiers instants, à Weimar, c’est donc Jean-Sébastien qui s’applique à instruire ses trois fils à la musique, ménageant entre l’Eglise et la Cour, une présence suivie et bienveillante au sein de son foyer. 

Jean-Sébastien Bach
Cantate BWV 194 « Höchsterwünschtes Freudenfest »
Chœur n° 1 arrangé pour orchestre seul
Ensemble Zefiro
Direction Alfredo Bernardini
Disque : Arcana 120394 (2016)

L'équipe de l'émission :