Open jazz
Magazine
Lundi 16 novembre 2015
57 min

Stacey Kent, la carte du tendre

Parution de « Tenderly » de Stacey Kent chez Okeh.

Stacey Kent, la carte du tendre
Stacey Kent ©Diane Sagnier

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► Stacey Kent,

invitée d'Alex Dutilh
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A vida é a arte do encontro, embora haja tanto desencontro pela vida ” (La vie est l’art de la rencontre). La rencontre musicale de Stacey Kent et Roberto Menescal est l’illustration parfaite de cette phrase pleine de philosophie signée Vinícius De Moraes

Pour Stacey Kent, bien qu’elle fût une grande amatrice de musique brésilienne, Roberto Menescal était juste un nom sur une pochette d’album. C’est après sa prestation aux côtés de Marcos Valle en 2011, que Stacey Kent croisa enfin Menescal. Dans l’agitation des coulisses, ni Stacey ni Menescal n’avaient porté la moindre attention à l’ordre de passage des artistes. Menescal était là quand Stacey le remarqua, guitare en main. Elle ne trouva à dire que : « Roberto ! ». Menescal reconnut aussitôt Stacey qu’il admirait sur ses CDs préférés et répliqua aussitôt, « Stacey ! ».

L’échange fut bref dans les coulisses, ils n’eurent guère que le temps d’échanger leurs adresses respectives, ne se doutant pas que ce geste simple scellait une amitié indéfectible. Par la suite, les deux nouveaux amis se rencontrèrent à plusieurs reprises au Brésil et engagèrent une correspondance régulière, comme pour rattraper le temps perdu. Ils parvinrent rapidement à un tel degré d’empathie et d’admiration mutuelle qu’un projet d’enregistrement en commun s’imposa naturellement comme le prolongement logique de leur relation.

Pour Roberto Menescal c’était l’opportunité non seulement d’enregistrer un album de standards américains avec son interprète préférée, mais plus que ça, de réaliser le rêve d’une vie. Stacey Kent, de son côté, vit dans ce projet l’occasion de travailler avec l’une de ses idoles, à l’origine d’un des genres qui a indéniablement influencé son esthétique musicale.

Enregistré en compagnie de Jim Tomlinson, au saxophone et à la flûte ainsi qu’avec Jeremy Brown à la contrebasse, cet album intimiste sonne comme un retour aux sources aussi bien pour Stacey que pour Roberto. Pour Stacey, c’est l’occasion de revisiter le Great American Songbook, tandis que pour Roberto, c’est un retour aux racines du jazz qui inspira tant le jeune guitariste qu’il était au moment de l’âge d’or de la bossa nova.

Le choix de Tenderly comme chanson-titre de l’album ne pouvait être plus pertinent. Son premier enregistrement par le crooner brésilien Dick Farney accompagné par l’orchestre de Paul Baron date de 1947. C’est la parfaite expression de boa vizinhança (bon voisinage) qui caractérisait les relations culturelles entre les États-Unis et le Brésil dans les années 1930 et 1940. Ce même boa vizinhança qui parcourt l’ensemble de l’album.

Malgré les barrières géographique, générationnelle et culturelle, cette rencontre fortuite un soir de 2011 a conduit à la réalisation d’une œuvre qui tiendra indubitablement une place privilégiée dans leurs carrières respectives. « Tenderly », ou comment transformer l’art de la rencontre en rencontre de l’art !

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