Open jazz
Magazine
Lundi 16 décembre 2013
55 min

Sonny Rollins, l'ivresse de la solitude (6/10)

Sonny Rollins - La traversée du Bridge (1962-64).

Sonny Rollins, l'ivresse de la solitude (6/10)
Sonny Rollins en 1963 ©X/DR

« Saxophone Colossus », « Tenor Madness », « Our Man in Jazz », “What’s New”…
Les titres des albums de Sonny Rollins campent bien le personnage. Une légende vivante : 83 ans, 65 ans de carrière ! Ce qui signifie qu’il démarra sa carrière sur des chapeaux de roues. Il n’avait pas 20 ans, que le saxophoniste avait déjà joué avec Thelonious Monk et enregistré avec Jay Jay Johnson ou Bud Powell.

L’homme est célèbre pour quelques silences retentissants : lorsqu’il se retira de la scène à l’aube des années 60 ou fit le choix mystique de s’installer en Inde quelques années plus tard. Cet été, des problèmes pulmonaires (en voie de guérison) lui ont valu d’annuler ses concerts.

Alex Dutilh lui a rendu visite fin octobre dans sa maison dans les bois de Woodstock, à 2 heures de route de Manhattan. Là, il a trouvé un homme serein, épanoui, épris de solitude, impatient de revenir en studio… « pour faire enfin le disque dont je serait totalement satisfait » allait-il confier sans rire. Lui qui a multiplié les chefs d’œuvre et accumulé les plus prestigieuses récompenses ! L’interview révèle un bourreau de travail avec un appétit intact pour la seule chose qui compte en dernière analyse : la beauté et le partage de la musique.

Lucide, précis, totalement singulier, il commente le moindre recoin de sa carrière avec une exigence qui lui sert de moteur infatigable. En dix épisodes, une vie de jazz aux magnifiques fulgurances. Un son énorme, hérité de son maître Coleman Hawkins, et la générosité d’un homme en plein dans son temps.

lundi 16 : 6/10 - La traversée du Bridge (1962-64)
Le retour du silence va être retentissant. Pendant ces années sabbatiques, Rollins a travaillé le saxophone comme un fou, soufflant des jours et des mois sur le Willamsburg Bridge au dessus de l’East River, dissimulé des regards. La série d’albums pour RCA Victor qu’il enregistre alors, classiques et visionnaires, chacun en forme de virage radical par rapport au précédent, est un sommet de sa carrière

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