Open jazz
Magazine
Mardi 10 décembre 2013
55 min

Sonny Rollins, l'ivresse de la solitude (2/10)

Sonny Rollins - - Débuts de Prestige (1954-55).

L'interview intégrale en version originale en cliquant sur les photos

« Saxophone Colossus », « Tenor Madness », « Our Man in Jazz », “What’s New”…
Les titres des albums de Sonny Rollins campent bien le personnage. Une légende vivante: 83 ans, 65 ans de carrière ! Ce qui signifie qu’il démarra sa carrière sur des chapeaux de roues. Il n’avait pas 20 ans, que le saxophoniste avait déjà joué avec Thelonious Monk et enregistré avec Jay Jay Johnson ou Bud Powell.

L’homme est célèbre pour quelques silences retentissants : lorsqu’il se retira de la scène à l’aube des années 60 ou fit le choix mystique de s’installer en Inde quelques années plus tard. Cet été, des problèmes pulmonaires (en voie de guérison) lui ont valu d’annuler ses concerts.

Alex Dutilh lui a rendu visite fin octobre dans sa maison dans les bois de Woodstock, à 2 heures de route de Manhattan. Là, il a trouvé un homme serein, épanoui, épris de solitude, impatient de revenir en studio… « pour faire enfin le disque dont je serait totalement satisfait » allait-il confier sans rire. Lui qui a multiplié les chefs d’œuvre et accumulé les plus prestigieuses récompenses ! L’interview révèle un bourreau de travail avec un appétit intact pour la seule chose qui compte en dernière analyse : la beauté et le partage de la musique.

Lucide, précis, totalement singulier, il commente le moindre recoin de sa carrière avec une exigence qui lui sert de moteur infatigable. En dix épisodes, une vie de jazz aux magnifiques fulgurances. Un son énorme, hérité de son maître Coleman Hawkins, et la générosité d’un homme en plein dans son temps.

mardi 10 : 2/10 - Débuts de Prestige (1954-55)
Charlie Parker l’avait pourtant averti : « ne touche pas à la drogue ! ». Rollins aura la chance de s’en sortir rapidement avec l’aide d’un programme de soins expérimental. Et pour avoir failli devenir mauvais garçon, eut du mal à se faire embaucher par Max Roach. Dans la foulée, il grave enfin ses premiers disques pour le label Prestige. « Saxophone Colossus » : un titre d’album parfait.

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