Open jazz
Magazine
Lundi 27 avril 2020
55 min

Sonny Rollins (5/10) : Le poing levé (1958)

L'ivresse de la solitude - Une interview de Sonny Rollins par Alex Dutilh en 10 épisodes

Sonny Rollins (5/10) : Le poing levé (1958)
Sonny Rollins & Max Roach , © Getty / David Redfern

[première diffusion le 13 décembre 2013]

Retrouvezl'interview intégrale en version originaleen cliquant sur les photos

« Saxophone Colossus », « Tenor Madness », « Our Man in Jazz », “What’s New”…  Les titres des albums de Sonny Rollins campent bien le personnage. Une légende vivante : 83 ans, 65 ans de carrière ! Ce qui signifie qu’il démarra sa carrière sur des chapeaux de roues. Il n’avait pas 20 ans, que le saxophoniste avait déjà joué avec Thelonious Monk et enregistré avec Jay Jay Johnson ou Bud Powell.

L’homme est célèbre pour quelques silences retentissants : lorsqu’il se retira de la scène à l’aube des années 60 ou fit le choix mystique de s’installer en Inde quelques années plus tard. Cet été, des problèmes pulmonaires (en voie de guérison) lui ont valu d’annuler ses concerts.

Alex Dutilh lui a rendu visite fin octobre dans sa maison dans les bois de Woodstock, à 2 heures de route de Manhattan. Là, il a trouvé un homme serein, épanoui, épris de solitude, impatient de revenir en studio… « pour faire enfin le disque dont je serait totalement satisfait » allait-il confier sans rire. Lui qui a multiplié les chefs d’œuvre et accumulé les plus prestigieuses récompenses ! L’interview révèle un bourreau de travail avec un appétit intact pour la seule chose qui compte en dernière analyse : la beauté et le partage de la musique.

Lucide, précis, totalement singulier, il commente le moindre recoin de sa carrière avec une exigence qui lui sert de moteur infatigable. En dix épisodes, une vie de jazz aux magnifiques fulgurances. Un son énorme, hérité de son maître Coleman Hawkins, et la générosité d’un homme en plein dans son temps.

Episode 5 : Le poing levé (1958).

Pour le label Riverside, au contact de Max Roach et d’Abbey Lincoln, Sonny Rollins va élever la voix pour dénoncer les oppressions dont son victimes les afro-américains. Au-delà de sa force émotionnelle, sa « Freedom Suite » est prémonitoire de l’engagement politique qui marquera le jazz de la décennie suivante. Mais le prophète a du mal à enchainer à la hauteur des enjeux qu’il s’est fixés et disparait pendant deux ans. Pendant ce temps, Ornette Coleman et John Coltrane explosent le cadre.

Programmation musicale

Sonny Rollins « Sonny Rollins Plays »
Theme from Symphony Pathétique (Tchaïkovski)
Jimmy Cleveland (trombone)
Sonny Rollins (saxophone ténor)
Gil Coggins (piano)
Wendell Marshall (contrebasse)
Kenny Dennis (batterie)
Period 1204

« Sonny Rollins Plays »
« Sonny Rollins Plays »

Sonny Rollins « Freedom Suite »
The Freedom Suite (Sonny Rollins)
Sonny Rollins (saxophone ténor)
Oscar Pettiford (contrebasse)
Max Roach (batterie)
Riverside 258

« Freedom Suite »
« Freedom Suite »

Sonny Rollins « And The Big Brass »
Grant Street (Sonny Rollins)
Nat Adderley (cornet)
Reunald Jones (trompette)
Ernie Royal (trompette)
Clark Terry (trompette)
Billy Byers (trombone)
Jimmy Cleveland (trombone)
Frank Rehak (trombone)
Don Butterfield (tuba)
Sonny Rollins (saxophone ténor)
René Thomas (guitare)
Dick Katz (piano)
Henry Grimes (contrebasse)
Roy Haynes (batterie)
Ernie Wilkins (arrangement)
Verve 557 545-2

« And The Big Brass »
« And The Big Brass »

Sonny Rollins « And The Big Brass »
Body and Soul (Green, Heyman, Sour, Eyton)
Sonny Rollins (saxophone ténor)
Verve 557 545-2

« And The Big Brass »
« And The Big Brass »

Sonny Rollins « Trio 1959 »
Oleo (Sonny Rollins)
Sonny Rollins (saxophone ténor)
Henry Grimes (contrebasse)
Pete La Roca (batterie)
Dragon DRCD229

« Trio 1959 »
« Trio 1959 »
Les invités :
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