Open jazz
Magazine
Mardi 7 juin 2016
58 min

René Marie, le son du rouge à lèvres

Parution de « Sound of Red » de René Marie chez Motéma.

René Marie, le son du rouge à lèvres
René Marie ©John Abbott

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René Marie, la « scandaleusement incroyable » (Wall Street journal) chanteuse est encore montée d'un cran avec la sortie le 10 juin de son album le plus personnel. Faisant suite à « I Wanna Be Evil (With Love to Eartha Kitt) », sorti en 2013 et nominé aux Grammy Awards, « Sound of Red » est son premier album de compositions originales, écrites et coproduites par la chanteuse elle-même.

Ça a été une « remarquable trajectoire vers le jazz » (NPR) pour René. En vaillante représentante de la scène jazz contemporaine, avec « Sound of Red » René a voulu évoquer quelques épreuves de son aventure humaine. Tout sauf des bluettes : chez elle amour et plénitude peuvent cacher la discorde et annoncer des luttes. Pour René *« il s'agit de couvrir tout le spectre des émotions humaines ». * Cet album de onze chansons, pour la plupart autobiographiques, laisse entrevoir les nombreux méandres, infimes mais profonds, qui façonnent la vie d’un individu.

Elle explique encore : « Je voulais faire un album sur lequel les gens puissent revenir encore et encore pour en extraire leurs propres émotions. On met de côté ou on dissimule des choses chaque jour. On fait cela afin de pouvoir avancer dans notre quotidien et dans nos vies. On ne peut pas toujours se permettre d’être vulnérable face à la douleur, la perte, les troubles, les blessures et la frustration. Je veux que cet album constitue une sorte de fondation, un repère pour trouver un soutien dans ces moments où les émotions ne sont pas nécessairement heureuses. »

L’album mobilise pour les deux-tiers son trio de longue date, le contrebassiste Elias Bailey et le coproducteur et batteur Quentin Baxter ; les deux font partie de son équipe depuis quinze ans, avec le dernier arrivé, le pianiste John Chin. René a également fait appel à des invités particuliers pour donner la touche finale, comme le saxophoniste Sherman Irby qui délivre un audacieux solo sur le titre éponyme de l’album. Le trompettiste Etienne Charles est un autre invite d’honneur qui a joué et arrangé également la section des cordes. Autres invités, Michael Dease au trombone et Diego Rivera au saxophone ténor pour If You Were Mine et le morceau libérateur d’endorphine Joy of Jazz. Et sur le riche et sensuel Certaldo, dédié à la ville italienne du même nom, on trouve le guitariste Romero Lubambo.

La compassion et le désespoir alimentent This Is (Not) a Protest Song, un morceau qui dénonce la situation critique des sans-abris qui a affecté sa propre famille quand elle était jeune. « On a été à la rue pendant quelques mois. C’est une expérience que tu n’oublies pas après être passé par là », raconte René.
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