Open jazz
Magazine
Mardi 2 décembre 2014
55 min

Mighty Mo Rodgers, du blues, de la boue et du sang

Parution de « Mud’n Blood » de Mighty Mo Rodgers chez Dixiefrog.

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Mighty Mo Rodgers

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Le sixième volet de son Odyssée du Blues conduit Maurice Rodgers dans le Sud d’autrefois.

Tout au long d’un périple musical habité, nous suivons Mo dans le dédale de souvenirs portés par le souvenir d’un oncle resté enchaîné douze ans durant dans un chain gang et d’un père né à peine vingt après la fin de l’esclavage.

Ce voyage à travers l’histoire du Mississippi fait figure de rédemption, tant pour Rodgers que pour ceux qui l’écoutent. Qu’il croise le fantôme de la Highway 61, se recueille sur une tombe anonyme, parcoure les petits chemins de campagne le long desquels poussent des arbres porteurs de fruits étranges, prenne place à bord du train du diable ou fasse la fête dans un juke joint, Mo apporte la preuve que le Blues nous aide à chasser les ténèbres en nous incitant à trouver la lumière.

Au tournant du millénaire, à l’heure où le blues fêtait son centenaire, est arrivé un prophète chargé de remédier aux carences spirituelles du genre : Mo Rodgers, surnommé Mighty comme le Tout-Puissant.

Par le biais d’un album révolutionnaire intitulé “Blues Is My Wailin’ Wall” (le blues est mon mur des lamentations ), Mo retraçait le long périple du blues, depuis le temps du commerce triangulaire jusqu’à celui des lendemains qui ne cesseront jamais de déchanter. S’il n’est pas le seul artiste de blues doté d’une vision politique - on pense également à Chris Thomas King ou Otis Taylor -, Mo incorpore mieux que quiconque dans son art l’ensemble des éléments susceptibles de distinguer le blues d’autres formes musicales : l’humour bien sûr, mais aussi la colère et l’émotion, ainsi qu’une lecture poétique du monde, brillamment éclairée par des images formidablement évocatrices et une palette sonore inédite.

Sebastian Danchin

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