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Jeudi 29 septembre 2016
58 min

Michael Wollny & Vincent Peirani, un sommet franco-allemand

Parution de « Tandem » de Michael Wollny & Vincent Peirani chez ACT.

Michael Wollny & Vincent Peirani, un sommet franco-allemand
Michael Wollny et Vincent Peirani ©Joerg Steinmetz

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► Michael Wollny & Vincent Peirani

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    TOUS LES TITRES DIFFUSES SONT EN BAS DE PAGE A LA RUBRIQUE "PROGRAMMATION MUSICALE" Les rencontres fortuites ont souvent une portée inattendue : en fait, le pianiste allemand Michael Wollny et l’accordéoniste français Vincent Peirani se sont rencontrés sur scène au club de jazz parisien New Morning en 2012, lors de la soirée anniversaire des 20 ans du label allemand ACT.

Avant ce spectacle, les deux artistes avaient tout au plus échangé une poignée de mains. Mais tous ceux qui ont vécu en direct ce palpitant duo spontané n’oubliera ni cette jam-session, ni les artistes. « C’était comme si on avait joué ensemble depuis toujours. Pas besoin de se concerter ni de se regarder. On jouait et on respirait ensemble », raconte Peirani. Wollny aussi est tout éloge pour son confrère : « Avec Vincent, tu évolues librement et sans retenue sur toute la palette de tonalités et de styles. Tu lui lances n’importe quel truc, il l’intègre, le transforme et te le renvoie. C’est comme du tennis ultrarapide où les balles fusent comme des flèches. » Puis il ajoute, « Le lendemain de notre passage au New Morning, Vincent m’a envoyé un message : ci-joint un enregistrement de cette nuit. Écoute ça. J’aimerais bien que tu joues sur mon prochain disque. »

La première rencontre de Wollny et Peirani marque le début d’un partenariat musical franco-allemand, rare dans le monde du jazz et de la musique en général : à côté de Michael Wollny, pratiquement aucun jazzman allemand, excepté peut-être son grand modèle Joachim Kühn, n’est parvenu jusqu’à présent à se faire accueillir de la sorte sur la scène musicale française finalement assez hermétique. L’Académie du Jazz l’a même couronné Musicien de jazz européen de l’année 2015.

Les grandes stars françaises par contre ne franchissent que rarement les frontières du pays voisin – ce qui dans le cas de Vincent Peirani ne serait guère surprenant, lui qui avec plus de 150 concerts par an rien qu’en France, a largement de quoi faire. Pourtant, sa musique est saluée avec grand enthousiasme outre-Rhin. Pour son album «Belle Époque », Peirani a reçu avec Émile Parisien le très convoité ÉCHO Jazz 2015 dans la catégorie « Meilleur ensemble international », et deux émissions de la télévision publique allemande ZDF « Aspekte » et « heute journal » leur ont été consacrées.

Dans « Tandem», Wollny et Peirani se retrouvent enfin pour un projet musical commun et exploitent avec virtuosité l’éventail de sonorités de leurs instruments. « Quand Vincent joue, j’entends moins un accordéon, mais plutôt un orchestre aux mille possibilités », constate Wollny. Peirani lui apprécie surtout la grande liberté dans ce duo et dit avec son air espiègle : « Michael peut écrire un texto et jouer du piano en même temps. Avec lui, rien n’est impossible. Peut-être n’y a-t-il aucune limite chez lui ! » Pour les répétitions à « Schloss Elmau », chacun avait apporté une longue liste de morceaux préférés ou d’idées pour sélectionner les meilleurs.

« Nous ne voulions pas faire un album-concept, mais rester beaucoup plus globaux, car nous aimons, écoutons et jouons tous les deux tous les genres de musique, d’où certains morceaux minutieusement élaborés et arrangés et d’autres, très ‘libres’, laissant la porte ouverte à l’inspiration du moment », explique Wollny. La palette de styles est de fait très vaste, du mystérieux et palpitant classique Hunter de Björk à l’hymne Fourth of July de Sufjan Stevens, jeune auteur-compositeur vénéré par Wollny, et à la composition up-tempo Vignette de Gary Peacock, peut-être le seul morceau de jazz « classique » de l’album. Mais ils jouent aussi le pathétique Adagio pour corde s de Samuel Barber (que Wollny, féru de cinéma, avait rencontré la première fois pour la bande-son de « Platoon » d’Oliver Stones), choisi un jour par la BBC comme « le morceau classique le plus triste de tous les temps ».

Les deux premiers morceaux de Peirani reflètent sa prédilection pour le mélodique, merveilleusement illustrée par Uniskate et par le tango Travesuras de son ami Tomás Gubitsch, compositeur parisien d’origine argentine. Le duo des deux maestros de la musique, loufoques à leur heure et consacrés génies européens de la langue universelle «jazz», forme un tandem dont il y a encore beaucoup à attendre.

Où écouter Michael Wollny et Vincent Peirani :

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