Open jazz
Magazine
Lundi 16 septembre 2019
54 min

Leila Olivesi, la Suite Andamane

“La Suite Andamane” de Leïla Olivesi qui paraît chez Attention Fragile & Acel/L’Autre Distribution, est inspirée d’un voyage dans la mer Andaman entre l'Inde et la Thaïlande. Elle raconte une journée de voyage en quatre mouvements.

Leila Olivesi, la Suite Andamane
Leïla Olivesi, © Solène Person

Au sommaire aujourd'hui

  • Leïla Olivesi invitée de Alex Dutilh
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Ce disque conjugue deux grands axes de mes recherches musicales :la composition pour grandes formations et la poésie mise en musique.” Leïla Olivesi

Vendredi dernier, au Duc des Lombards à Paris, Baptiste Herbin du nonet de Leïla Olivesi s'est fait voler son saxophone alto Selmer Mark 6, n° 73691 de 1958. Si vous voyez passer une annonce de revente correspondante, ou encore mieux, si vous savez où il se trouve, merci de nous le faire savoir

  • 3 invitations pour 2 à gagner pour le concert de Magic Malik mercredi 18 septembre à 20h30 à la Dynamo de Banlieues Bleues à Pantin (93). Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom et prénom. 1 invitation pour 2 pour les 3 premiers mails.
« Suite Andamane »
« Suite Andamane »

On s’éveille avec le premier mouvement au bord de la mer. Le deuxième mouvement suit un chemin sinueux dans la montagne et traverse un fugato "jazz" où l'écriture classique flirte avec le swing et l'improvisation. Le troisième mouvement plonge dans une sieste au Zénith, à l’ombre d’une pagode. Enfin le quatrième mouvement représente un coucher de soleil cosmique au bord de la mer. J’ai voulu apporter une richesse stylistique en mêlant les genres. Par exemple, j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire un fugato (une petite fugue) jazz où les entrées se succèdent avec malice entre saxophones, trompette baryton et trombone. Mais il y a aussi des passages plutôt inspirés par les couleurs de Ravel ou Debussy, voire totalement improvisés et d’autres moments plus proches du jazz d’Ellington, de Mingus ou de George Russell.

Cela fait un moment aussi que je m’intéresse à la musique chantée. J’ai souvent travaillé avec des chanteuses, comme Jeanne Added ou Elisabeth Kontomanou et cette nouvelle collaboration avec Chloé Cailleton a été déterminante dans l’aboutissement du projet.

J’ai mis plusieurs poèmes en musique pour cet album :
‐ un poème de ma mère Djamila Olivesi, texte en français «Les amants». (Cf mon album «L’Etrange fleur » avec Elisabeth Kontomanou (en 2007) où j’avais enregistré plusieurs de ses poèmes).
‐ deux poèmes de Karine Ancellin, poétesse américaine, dont l’un, Skype tear, interroge la sincérité de nos émotions à travers nos outils de communication virtuelle, et l’autre The Acacia Tree raconte le désert de Mauritanie, d’où viennent mes ancêtres paternels, à l’ombre d’un arbre d’acacia.
Dans ce travail autour de la poésie, j'essaie de suivre le cheminement du poème et je crée une forme musicale propre qui respecte et en sublime les ressorts dramatiques avec ses respirations et ses points culminants.
Enfin, Black Widow, est une chanson que j’ai conçue (musique et parole) comme un standard de jazz et qui raconte une histoire d’amour en forme de roman noir autour de la figure d’une femme fatale.

J’ai rassemblé pour ce projet des musiciens avec lesquels j’ai eu la chance de jouer ces dernières années au sein de formations plus ou moins réduites (du duo au big band) : Jean‐Charles Richard, Baptiste Herbin, Adrien Sanchez, Quentin Ghomari, Manu Codjia et Glenn Ferris avec qui j’avais joué quand j’étais adolescente au sein des P’tits Loups du jazz, et sans oublier la rythmique ultra‐créative avec laquelle je joue depuis presque quinze ans : Yoni Zelnik et Donald Kontomanou.

Cet album représente un concentré de ces aventures : la richesse de timbres et d'écriture du nonet mêlée à l'excellence des improvisateurs. Les sessions d'enregistrement de cet album ont été particulièrement intenses avec une très belle générosité et beaucoup de génie de la part des musiciens entièrement dédiés au plaisir de la création et à l’interplay : « the dream team ».Leïla Olivesi (extrait du communiqué de presse).

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Voici enfin Leïla Olivesi s'affirmant d'éclatante façon au rang de compositrice dans un domaine, le jazz, qui ne vit pas seulement de l'invention spontanée de l'improvisation. La voici mieux que jamais architecte de son monde imaginaire, ayant construit, au fil de quelques ans et de beaucoup de connaissances acquises, oreilles sans cesse aux aguets, un univers poétique qui balade ses désirs entre grâces enfantines et blessures intimes.

Dans ce travail très spécifique de mise en forme où doivent s'accorder l'écriture et le spontané, Leïla réussit admirablement à "mettre en scène" les interventions de ses solistes, parce qu'elle a pris grand soin de les choisir pour leur talent et leurs affinités et parce qu'elle a écrit en fonction de leur personnalité. Privilège du jazz par rapport aux musiques dites "classiques" où en général on n'écrit pas pour un interprète en particulier. La chance de Leïla c'est ainsi de pouvoir compter sur de fidèles compagnons : on entend ici l'entente symbiotique due à plusieurs années de travail en commun, entre le piano, la guitare et un tandem basse‐batterie qui génère une impressionnante variété rythmique... On ressent aussi l'admiration qu'elle porte aux artistes, vocaliste, tromboniste et saxophonistes de diverses générations qu'elle a choisis avec soin du côté du coeur autant que pour leur compétence, et qu'un respect mutuel pousse à donner le meilleur d'eux‐mêmes.

Au hasard des plages, retenons la mélodie de Black Widow qui pourrait / devrait devenir un standard couru et dont la guitare accentue la couleur sombre. Et Geri's House en hommage à la pianiste Geri Allen, disparue en 2017, et dont Leïla retrouve ici l'intelligence et la ferme douceur. Et puis la tendresse et l'élégance du titre Les Amants, poème et mélodie indémélables, et la malicieuse ré‐invention de Satin Doll, chanson qu'on pouvait croire rangée au grenier et à laquelle une réharmonisation astucieuse donne une seconde vie. Et encore Acacia Tree, évocation / hommage à la terre de ses ancêtres mauritaniens et à l'Afrique.

Enfin la "pièce de résistance", Suite Andamane, oeuvre de longue haleine, aux multiples parfums, aux couleurs chatoyantes et aux reflets changeants… Introduction sur un ostinato de deux notes derrière lesquelles un à un apparaît puis disparaît chaque instrument pour laisser la parole au piano‐soliste… Suit un deuxième mouvement très animé, très simplement "swingué", une autre façon d'insister à coups d'échanges de riffs qui se bousculent jusqu'à une surprenante amorce de fugue et des solos « torridement » virtuoses de guitare et d'alto !

Au centre du troisième mouvement, la tendre paresse d'un grand trombone qui invite au dialogue un ténor futé, sur un "background" délectable. Un quatrième mouvement, enfin, sur les deux mêmes notes qu'au premier mouvement, en forme de comptine, autour desquelles se faufile le ténor au fil de nombreux changements de couleurs et d'enrichissements rythmiques. Cerise sur le gâteau / cadeau, le piano de Leïla ruisselant de poésie et qui, en moins d'une minute vole de New York au pays du tango avec une plénitude harmonique et une profondeur de toucher qui, sans peut‐être le vouloir, évoquent un maître incontournable et indispensable, Ellington.
Claude Carrière (extrait du communiqué de presse)

Où écouter Leïla Olivesi

La programmation musicale :
  • 18h08
    Suite andamane II : Le chemin du levant - LEILA OLIVESI
    Leila Olivesi

    Suite andamane II : Le chemin du levant

    Leila Olivesi : auteur
    Album Suite Andamane Label Acel / Attention Fragile Année 2019
  • 18h16
    Suite andamane IV : La course du ciel - LEILA OLIVESI
    Leïla Olivesi

    Suite Andamane IV : La Course du Ciel

    Leïla Olivesi. : compositeur, Leïla Olivesi (piano), Quentin Ghomari (trompette, bugle), Adrien Sanchez (saxophone ténor), Baptiste Herbin (saxophone alto, flûte), Glenn Ferris (trombone), Jean-Charles Richard (saxophone baryton), Manu Codjia (guitare), Yoni Zelnik (contrebasse), Donald Kontomanou (batterie)
    Album Suite Andamane Label Acel / Attention Fragile Année 2019
  • 18h24
    Satin Doll - Duke Ellington, Billy Strayhorn
    Duke Ellington

    Satin Doll

    Duke Ellington. : compositeur, Billy Strayhorn. : compositeur, Duke Ellington (piano), Dizzy Gillespie (trompette), Johnny Hodges (saxophone), Harry Carney (saxophone), Jimmy Hamilton (saxophone), Paul Gonzalves (saxophone), Russell Procope (saxophone ), Britt Woodman (trombone), John Sanders (trombone), Quentin Jackson (trombone), Andres Ford (trompette), Cat Anderson (trompette), Clark Terry (trompette), Shorty Baker (trompette), Ray Nance (trompette), Jimmy Woode (basse), Sam Woodyard (batterie)
    Album Jazz Party Label Columbia Année 1988
  • 18h29
    Los tres golpes - IGNACIO CERVANTES
    New York Voices

    Los tres golpes

    Ignacio Cervantes. : compositeur, Peter Eldridge (voix), Lauren Kinhan (voix), Darmon Meader (voix), Kim Nazarian (voix)
    Album Reminiscing In Tempo Label Origin (82784) Année 2019
  • 18h35
    Strode rode - SONNY ROLLINS
    Magic Malik

    Strode rode

    Sonny Rollins : auteur
    Album Jazz Association Label Jazz & People Année 2019
  • 18h40
    Indifference - TONY MURENA
    Laurent Maur

    Indifference

    Tony Murena. : compositeur, Laurent Maur (harmonica), Mario Canonge (piano), Felipe Cabrera (contrebasse), Pierre-Alain Tocanier (batterie)
    Album Chef Larry Label Autoproduction (LOMOR3) Année 2019
  • 18h47
    Paris in the rain - SARAH MAC KENZIE
    Sarah McKenzie

    Paris In The Rain

    Sarah McKenzie. : compositeur, Sarah McKenzie (voix), Mark Whitfield (guitare), Reuben Rogers (contrebasse), Gregory Hutchinson (batterie), Warren Wolf (vibraphone)
    Album Paris In The Rain Label Impulse ! (602557282436) Année 2017
  • 18h52
    Time for peace - DuVern
    The Little Shadows

    Time For Peace

    Alther Davis : auteur
    Album World Spirituality Classics 2 : The Time For Peace Is Now Label Luaka Bop Année 1976
  • 18h56
    Never will I marry - LESSE SMITH , FRANK LOESSER
    Sara Gazarek

    Never Will I Marry

    Lesse Smith. : compositeur, Frank Loesser. : compositeur, Sara Gazarek (voix), Stu Mindeman (Rhodes), Josh Johnson (saxophone alto), Ido Meshulam (trombone), Brian Walsh (clarinette basse), Alex Boneham (basse), Christian Euman (batterie), Keita Ogawa (percussions)
    Album Thirsty Ghost Année 2019
Les invités :
L'équipe de l'émission :