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Mercredi 21 février 2018
54 min

L'actualité du jazz : Steve Coleman, la morphogenèse

Parution de « Morphogenesis » de Steve Coleman chez Pi Recordings.

L'actualité du jazz : Steve Coleman, la morphogenèse
Steve Coleman, © John D. & Catherine T. MacArthur Foundation

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« Morphogenesis »
« Morphogenesis »

« Morphogenesis », qui paraît chez Pi Recordings, est la suite très attendue de “Synovial Joints” du saxophoniste et compositeur Steve Coleman. Comme le précédent, cet enregistrement développe les compositions de Coleman pour y intégrer des musiciens plus impliqués dans la musique classique : en plus de Jonathan Finlayson, son partenaire dans son groupe Five Elements, il a ajouté des voix, du violon, de la clarinette, du piano et des percussions à l’ensemble.

Du fait de cette instrumentation particulière, son utilisation de cycles rythmiques complexes - sa marque de fabrique tout au long de sa carrière - est moins mise en évidence. En particulier, l’absence de set de batterie évite le brouillage, conférant à la musique un côté plus aéré et transparent sans rien sacrifier du swing et du groove qui font partie intégrante de toute la production de Steve Coleman.

Coleman est considéré comme étant l’un des artistes les plus influents de la scène contemporaine. En 2014, il a reçu trois prestigieuses récompenses : MacArthur Fellowship, Guggenheim Fellowship et Doris Duke Performing Artist Award. Son influence est tellement intégrée par la génération qui le suit qu’il appartient désormais au lexique du jazz moderne. Du coup, on peut considérer “Mophogenesis” comme un énorme pas en avant : Steve Coleman met de côté l’omniprésence habituelle de la batterie pour utiliser davantage de matériel harmonique, une plus grande palette de couleurs instrumentales et une plus large gamme de timbres.

Au lieu des sensations de staccato souvent présentes avec son groupe Five Elements, “Morphogenesis” choisit de longues lignes et des solos tout en souplesse. Un travail proche de la musique de chambre, un pont délicat entre le classique et le jazz improvisé.

Steve Coleman s’inspire souvent de mouvements physiques observés hors du contexte musical. Dans ce cas, la plupart des compositions sont des traductions sonores des feintes, coups, sautillements et esquives que l’on trouve dans la boxe, l’une des passions de Steve Coleman qu’il pratique d’ailleurs depuis quelques années.

Steve Coleman (saxophone alto)
Jonathan Finlayson (trompette)
Maria Grand (saxophone ténor)
Rane Moore (clarinette)
Kristin Lee (violon)
Jen Shyu (voix)
Matt Mitchell (piano)
Greg Chudzik (contrebasse)
Neeraj Mehta (percussions)

Programmation musicale

Steve Coleman « Morphogenesis »
Inside Game (Steve Coleman)
Pi 69

« Morphogenesis »
« Morphogenesis »

Pat Metheny, Ornette Coleman « Song X »
Trigonometry (Ornette Coleman, Pat Metheny)
Geffen 924096-2

« Song X »
« Song X »

Jen Shyu « Song of Silver Geese »
Door 9 : Contemplation (Jen Shyu)
Pi 72

« Song of Silver Geese »
« Song of Silver Geese »

Ray Charles « Four Classic Albums »
Doodlin' (Horace Silver)
Avid Jazz 1276

« Four Classic Albums »
« Four Classic Albums »

Stephan Oliva, Susanne Abbuehl, Oyvind Hegg-Lunde « Princess »
Mosquito Dance (Jimmy Giuffre)
Vision Fugitive 313013

« Princess »
« Princess »

Pierrick Pédron « Unknown »
Mister Miller (Pierrick Pédron)
Crescendo 5772624

« Unknown »
« Unknown »

Charlie Parker « Bird and Diz »
Bloomdido (Charlie Parker)
Verve 831133-2

« Bird and Diz »
« Bird and Diz »

Duke Ellington « …and his mother called him Bill »
Blood Count (Billy Strayhorn)
BMG 74321 25762 2

« …and his mother called him Bill »
« …and his mother called him Bill »

Jamie Saft « Solo a Genova »
The Housatonic at Stockbridge (Charles Ives)
RareNoise 088

« Solo a Genova »
« Solo a Genova »
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