Open jazz
Magazine
Mardi 12 décembre 2017
54 min

L'actualité du jazz : Ron Miles, un homme debout

Parution de « I Am A Man » de Ron Miles chez Enja Yellowbird.

L'actualité du jazz : Ron Miles, un homme debout
Ron Miles, © TJ Krebs jazzphotoagency

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I Am A Man
I Am A Man

Avec “I Am A Man” paru chez Yellow Bird Records, Ron Miles, «un des meilleurs trompettistes d'aujourd'hui» selon Jazz Times, propose sa réalisation artistique la plus puissante à ce jour. Pour ce projet à part, Miles a élargi son trio habituel, celui avec le guitariste Bill Frisell et le batteur Brian Blade, avec qui il avait sorti “Quiver” en 2012 et “Circuit Rider” en 2014. Le pianiste Jason Moran et le bassiste Thomas Morgan sont venus apporter la dimension du quintet.

Pour Ron Miles, être dans la tradition jazz signifie faire de la musique qui parle à son époque. "Depuis les débuts de la musique noire américaine, il y a eu un sentiment de victoire sur l'adversité, explique le leader. En 2017, nous vivons des moments difficiles, c'est certain. Mais nous avons déjà vécu cela auparavant. Lutter contre l'injustice, trouver une solution positive : Les Noirs ont dû le faire encore et encore »

En 1968, lorsqu'un camion à ordures défectueux avait tué deux employés à Memphis, les travailleurs ds services de nettoyage étaient descendus dans la rue avec des panneaux «I Am A Man», affirmant la dignité des travailleurs de toutes professions. Aujourd'hui, pour Ron Miles, "I Am A Man" porte une histoire singulière des droits civiques.

Pour donner vie à ce «I Am A Man», le trompettiste a écrit cette musique avec une profonde sensibilité blues, dit-il, mais une sensibilité qui lui est propre : ici, comme toujours, il reste un "mélodiste naturel au style ouvert." (New York Times). Miles aime à transcender le rôle traditionnel des instruments, ainsi il donne à chacun des musiciens non pas des partitions individuelles, mais la partition complète. «Quand Ron vous donne un morceau de musique, dit Jason Moran, il vous donne le monde. Visuellement, cela me dit tout ce que j'ai besoin de savoir sur l'endroit où ma partie s'accorde avec une autre ligne. Cela nous donne la liberté de composer en temps réel, de passer du premier plan à l'arrière-plan comme nous le voulons. »

Tout au long de l'album, cette déclaration de 1968 par les travailleurs de l'assainissement prend d'autres significations, d’autres rythmes et formes, de sorte que “I Am A Man” s’entend finalement comme un gospel jazz moderne.

Ron Miles (trompette)
Jason Moran (piano)
Bill Frisell (guitare)
Thomas Morgan (contrebasse)
Brian Blade (batterie)

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