Open jazz
Magazine
Vendredi 16 novembre 2018
54 min

L'actualité du jazz : Maisha, le spiritual jazz made in London

Le groupe le + spiritual jazz de la nouvelle scène londonienne sort son premier album “There is a Place” sur Brownswood, le label de Gilles Peterson qui continue à creuser le sillon inauguré avec les albums de Yussef Kamaal, Shabaka and the Ancestors, Joe Armon-Jones et la compilation “We Out Here”.

L'actualité du jazz : Maisha, le spiritual jazz made in London
Maisha, © Sonni Rpssi

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  • Maisha à la Une
  • 3 invitations pour 2 à gagner pour le concert de Antonio Farao samedi 17 novembre à 21h à l’Astrada de Marciac (30). Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom et prénom. 1 invitation pour 2 pour les 3 premiers mails.
  • 3 invitations pour 2 à gagner pour le concert de Lou Tavano dimanche 18 novembre à 17h à la salle des fêtes Georges Pompidou à Marines (95) dans le cadre de Jazz au Fil de l’Oise. Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom et prénom. 1 invitation pour 2 pour les 3 premiers mails
  • 3 invitations pour 2 à gagner pour le concert de Gilad Hekselman dimanche 18 novembre à 17h au Crescent à Mâcon (71). Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom et prénom. 1 invitation pour 2 pour les 3 premiers mails.
« There Is A Place »
« There Is A Place »

Il y a quelque chose de réellement universel dans l’attrait que peut représenter la découverte d’un refuge pour se détendre et y développer ses idées. C’est une sensation que l’on retrouve de manière prononcée dans le premier album de Maisha, “There Is a Place”. Un album profond qui pousse à une exploration spirituelle. La musique qu’il contient incite à l’introspection tout autant qu’elle évoque l’environnement dans lequel elle s’est construite. Chacun des morceaux procure une sensation intense de rêverie, fruit d’un mélange de sons et de circonstances bien implantés, eux, dans le présent. 

Le groupe de 6 musiciens, emmené par le batteur Jake Long, rajeunit le long héritage spiritual jazz dont il s’inspire. Le premier EP en 2016 est sorti via Jazz Re:freshed (dont les concerts hebdomadaires et le label sont une véritable institution du jazz novateur en Angleterre), et ont fait partie du projet “We Out Here” cette année, la compilation produite par Brownswood qui présente la nouvelle scène underground londonienne très orientée sur le jazz mais aussi bien au-delà. Maisha s’est rapidement retrouvé mis en avant par une session Boiler Room, soutenue par le Sun Ra Arkestra et a été programmé pour un concert au Church Of Sound, un lieu de concert londonien devenu en un clin d’œil l’un des passages importants de la scène émergente. 

Le titre de l’album fait référence à un endroit bien particulier, un petit parc isolé où le leader Jake Long s’est souvent isolé, dont l’environnement paisible s’est avéré être propice à des moments d’intense réflexion. Mais il évoque aussi Londres dans son ensemble ; ou pour être plus spécifique, cette partie de Londres qui les a nourris, lui et ses pairs : là où ils répétaient, où se trouvaient les maisons de leurs amis… Les membres du groupe, Amané Suganami, Twm Dylan, Tim Doyle, Yahael Camara-Onono, Shirley Tetteh et Nubya Garcia, sont tous des musiciens qui viennent du même environnement que Jake Long.

“There Is A Place” a été enregistré en trois jours en août 2017. Les morceaux sont issus de sessions live organisées ces deux dernières années ; tous ont été conçus en répétitions, avant d’être perfectionnés et améliorés à chaque nouveau concert. Un étonnant raffinement, au processus organique : les morceaux se déploient lentement, chaque partie des compositions ayant de l’espace pour respirer avant d’aboutir sur des crescendos quasiment mis en scène. Il est même possible de retracer une géographie personnelle du projet ; la musique, les lieux ou les souvenirs qui ont construit l’album. Sur Osiris par exemple, la séduisante mélodie se retrouve plongée dans la mythologie égyptienne, une imagerie suggérée par les vieux livres que Jake Long a trouvé un jour chez ses grand-parents un jour…  

Le spiritual jazz est porté par un héritage profond. Maisha cherche à s’en inspirer pour développer son propre style, tout en assumant ce poids du passé : le groupe a intégré dans sa musique l’influence de grands précurseurs comme Pharoah Sanders, tout en infusant ses propres trajectoires - naviguant entre le jazz et l’afrobeat - dans l’ensemble du processus musical. Une musique qui repose beaucoup sur des rythmiques qui poussent à la transe, des évolutions musicales souvent répétées, des refrains mélodiques enrichis mélodiquement. Une combinaison qui a contribué à forger l’aspect unique de leur son. 

Programmation musicale

Maisha « There Is A Place »
Osiris (Jake Long)
Brownswood 5060180323646

« There Is A Place »
« There Is A Place »

Pharoah Sanders « Thembi »
Astral Traveling (Pharoah Sanders)
Impulse 12532

« Thembi »
« Thembi »

Buddy Guy « Confessin' The Blues »
Damn Right, I've Got the Blues (Buddy Guy)
BMG CAT155CD

« Confessin' The Blues »
« Confessin' The Blues »

Antonio Farao « Black Inside »
Brother Kenny (Antonio Farao)
Enja 93452

« Black Inside »
« Black Inside »

Lou Tavano « For You »
The Letter (Alexey Asantcheff)
ACT 9733-2

« For You »
« For You »

Gilad Hekselman « Ask For Chaos »
Milton (Gilad Hekselman)
Motéma 0284

 « Ask For Chaos »
« Ask For Chaos »

Ana Carla Maza « Ana Carla Maza »
Interlude (Ana Carla Maza)
Saraswati Music

« Ana Carla Maza »
« Ana Carla Maza »

Same Player Shoot Again « Our King Freddie »
Sh's a Burglar (J. Ragovoy)
Bonsaï 180901

« Our King Freddie »
« Our King Freddie »

Dairo Miyamoto « Last Picture »
Inherent Paradox (Jun Miyake)
Cristal 273

« Last Picture »
« Last Picture »
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