Open jazz
Magazine
Mardi 11 septembre 2018
54 min

L'actualité du jazz : Jowee Omicil, l'hymne à l'amour

Musicien singulier et charismatique découvert en 2017 par le grand public via l’album “Let's BasH !” et dans de nombreux festivals, Jowee Omicil revient avec un nouvel album “Love Matters !” chez Jazz Village/Pias. Il enfonce le clou de la générosité avec son style inimitable.

L'actualité du jazz : Jowee Omicil, l'hymne à l'amour
Jowee Omicil, © Renaud Monfourny

Au sommaire aujourd'hui

  • Jowee Omicil à la Une
  • 3 invitation pour 2 à gagner pour le concert de Renaud Garcia-Fons jeudi 13 septembre à 21h à l'Alpilium à Saint-Rémy de Provence (13) dans de cadre de Jazz à Saint-Rémy. Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom et prénom. 1 invitation pour 2 pour les 3 premiers mails.
« Love Matters ! »
« Love Matters ! »

Sur Love Matters !” qui paraît chez Jazz Village/Pias, on retrouve ce qui fait l'essence de la musique de Jowee Omicil : une sauce personnelle sublimée qui mélange rythmes africains, mélodies de Bach et Mozart, échos de Thelonious Monk, de la chanson martiniquaise ou encore des parfums d’Orient. 

Dis comme ça, ce mélange singulier laisse penser que cette musique ne ressemble à rien, parce qu’elle englobe tant de choses. Mais elle ressemble tout simplement à Jowee Omicil, dont ce nouveau disque sonne comme un autoportrait en mouvement. Comment pourrait-il en être autrement, venant d’un homme qui semble animé par la gourmandise de la découverte ?

Jowee Omicil parle tout un tas de langues et joue autant d’instruments - avec une prédilection pour le saxophone. Fils d’émigrés haïtiens, Jowee a grandi à Montréal où il a commencé le saxophone,  dans l’église de son père pasteur, avant de l’étudier sérieusement au Berklee College Of Music de Boston, puis d’aller vivre à New York pour y lancer sa carrière musicale - et à l’occasion converser avec Ornette Coleman ou accompagner Roy Hargrove dans son groupe RH Factor. Il a ensuite séjourné à Haïti, au Venezuela et, depuis une paire d’années et sa signature avec le label Jazz Village, il s’est posé à Paris. Même si « posé » n’est pas exactement le mot qui lui convient

Mais tout cela – il y a trente ans, dix ans, un mois ou deux heures – c’est de l’histoire ancienne. Ce qui compte, c’est l’amour. “Love Matters !” Le moment présent, l’épiphanie, la magie de l’instant partagé, le corps en sueur et l’esprit en extase qui attestent du travail bien fait. Les quinze morceaux de “Love Matters ”! sont issus des mêmes sessions d’enregistrement que “Let’s BasH !”, l’album qui l’an dernier a révélé Jowee Omicil au public français. Dernière semaine d’octobre 2015, au studio La Buissonne près d’Avignon. 

Ça se passe souvent à l’heure où les autres vont se coucher, quand la pleine lune monte dans le ciel. Les musiciens sont tous dans la même pièce, en cercle. Certains sont originaires des Caraïbes, d’autres de France, d’autres d’Afrique ou encore du Canada. Chacun apporte sa part à une musique qui au final les dépasse tous. Jowee Omicil butine d’un instrument à l’autre (saxophones, clarinette, cornet, flûte, piano Rhodes) et présente ses compositions sur lesquelles les musiciens improvisent. Ça s’appelle du jazz, du jazz d’aujourd’hui.Une musique joyeuse, généreuse, que sa longue histoire n’empêche jamais ni d’avancer ni de vivre. C’est comme ça que Jowee Omicil la pense, et comme ça qu’il la joue. 

Comme ça aussi que l’ont reçue les nombreux spectateurs qui l’ont vu sur scène en 2017 – que ce soit en France, en Afrique ou dans les Caraïbes, dans des petites salles ou des gros festivals. En 2017, Jowee a joué avec Tony Allen et BCUC, ce sont des moments qu’il n’oubliera jamais. Il aura joué en privé dans le petit appartement new-yorkais de son ami cubain et batteur Francesco Mela, et il ne s’en est toujours pas remis. Il aura offert au public des moments de surprises, de coolitude et de complétude. Un « refill » d’énergie positive, un peu comme à l’église, où tout a commencé pour lui, et où “Love Matters !”  se conclut. 

Sur disque comme à la scène, le volubile Jowee est un «entertainer» amoureux des mélodies, du groove et de la musique populaire, quelle que soit l’étiquette qu’on voudrait lui coller – pas la peine d’essayer, elle ne tiendra pas. Pour choisir les morceaux de “Love Matters !”, il s’est laissé ramener en Haïti, sa langue, ses rythmes de carnaval, ses racines. Puis il a élargi le cercle vers les Caraïbes et leur héritage africain. Puis le jazz, la pop, les compositeurs classiques, et la boucle est bouclée. Je ne suis pas compliqué, j’essaie juste de faire la musique comme je l’entends, une musique qui n’est pas facile à jouer, mais simple à écouter.”
[Pascal Bussy]

Où écouter Jowee Omicil

Programmation musicale

Jowee Omicil « Love Matters ! »
Mozart Bash !  (Jowee Omicil)
Jazz Village 9570118

« Love Matters ! »
« Love Matters ! »

Jowee Omicil « Love Matters ! »
De l'Orient (Jowee Omicil)
Jazz Village 9570118

« Love Matters ! »
« Love Matters ! »

Jowee Omicil « Love Matters ! »
Marie-Clémence (Jowee Omicil)
Jazz Village 9570118

« Love Matters ! »
« Love Matters ! »

Paquito D'Rivera « Blowin' »
El dia que me quieras (C. Gardel, A. LePer)
Columbia 88697122662

« Blowin' »
« Blowin' »

Red Norvo « Kurt Weill's Songs »
September Song (Maxwell Anderson, Kurt Weill)
Frémeaux FA5695

« Kurt Weill's Songs »
« Kurt Weill's Songs »

Renaud Garcia-Fons « La vie devant soi »
Les rues vagabondes (Renaud Garcia-Fons)
e-motive 171

« La vie devant soi »
« La vie devant soi »

Puppini Sisters « The Rise & Fall of Ruby Woo »
It Don't Mean A Thing If It Ain't Got That Swing (Duke Ellington, Irving Mills)
Verve B0010416-02

« The Rise & Fall of Ruby Woo »
« The Rise & Fall of Ruby Woo »

Bruno Angelini « Open Land »
Part 3 (Bruno Angelini)
La Buissonne 397031

« Open Land »
« Open Land »

Jacques Vidal « Hymn »
Phrygian Mode (Jacques VIdal)
Soupir Editions 241

« Hymn »
« Hymn »

Jacques Vidal « Hymn »
Walk In New York (Jacques Vidal)
Soupir Editions 241

« Hymn »
« Hymn »
L'équipe de l'émission :