Open jazz
Magazine
Vendredi 24 mai 2019
54 min

Jazz d'Europe (5/5) : la Belgique

Une semaine en goguette dans cinq pays européens. Pour ausculter la créativité du jazz d’aujourd’hui chez nos voisins.

Jazz d'Europe (5/5) : la Belgique
David Linx, Mâäk, Flat Earth Society, Toots Thielemans, © Getty / Bruno De Hogues / mtx.be / mezzo / Jack Vartoogian

1918, les premiers orchestres de jazz débarquent en Europe. 1934, avec Stéphane Grappelli et Louis Vola, Django Reinhardt fonde le Quintette du Hot Club de France. Something Else… La formule d’Ornette Coleman, pour annoncer plus tard un tournant majeur dans l’histoire du jazz, pourrait s’appliquer à cet acte de naissance d’un jazz européen émancipé du modèle américain. Et si les jazzmen américains ont continué à fréquenter les scènes européennes, certains s’y installant même définitivement, notamment en Scandinavie et en France, en suscitant une émulation autour d’eux, l’autre grand tournant sera celui des années free, au milieu des sixties, qui suivirent les expérimentations de la West Coast. Le contexte libertaire acheva de légitimer d’autres façons de penser le jazz à commencer par son répertoire ou son instrumentation. 

Aujourd’hui, un demi-siècle plus loin, l’apport des communautés immigrées a bouleversé le paysage du jazz à Londres. Nous nous en faisons régulièrement l’écho. Durant les années 70, la scène néerlandaise a été aussi bouillonnante que la scène britannique. Des labels comme ECM, se sont fait la vitrine d’une indépendance de pensée venue des pays nordiques… En dehors de la France,  on a assisté aussi à l’émergence d’une génération en Italie, en Belgique, en Pologne, en Autriche, au Danemark. Et avant que Berlin ou Cologne deviennent des carrefours de créativité, les Balkans ont joué un rôle déterminant sur les couleurs festives d’un jazz européen joyeusement décomplexé.

Parmi les scènes européennes les plus passionnantes de 2019, en voici cinq moins souvent mises en évidence que les scènes française (c’est notre quotidien) ou britannique (bien présente dans les programmations hexagonales). 

  • lundi 20 mai : la Norvège, pays hôte de Jazzahead cette année, pour mesurer l’héritage de Jan Garbarek, l’un des pionniers d’une voix différente
  • mardi 21 mai : l’Espagne, pour l’émergence d’une toute nouvelle génération, décomplexée par la démarche d’un Pedro Ituralde il y a 50 ans
  • mercredi 22 mai : l’Allemagne (avec une play-list conçu par notre confrère Stefan Gerdes, de la DNR à Hambourg
  • jeudi 23 mai : la Finlande, où les Sound and Fury d’un Edward Vesala n’en finissent pas de rebondir sur des labels particulièrement audacieux

vendredi 24 mai : la Belgique qui présentait il y a quelques semaines à Gand, aux Belgian Jazz Days, une vitrine pleine de fraîcheur

La problématique ne s’arrête pas cette semaine, évidemment : on retrouvera un saxophoniste danois en Une d’Open Jazz le 3 juin (Jan Harbeck) ; une série de jazzmen italiens le 10 juin ; un pianiste norvégien, Ketil Bjornstad, le 17 juin ; un jazzman grec le 18 juin (Kyriakos Sfetsas) ; un trompettiste suédois, Tobias Wiklund, le 19 juin… Charlie Parker n’avait pas eu tort d’intituler Passport, l’une de ses plus belles compositions !

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