Open jazz
Magazine
Mardi 31 décembre 2013
56 min

Herbie Hancock, débranché Columbia 1976-81 (2/2)

Sony a publié récemment un coffret de 34 CD remasterisés d’Herbie Hancock, regroupant tous ses enregistrements pour le label Columbia entre 1972 et 1988 y compris ses huit albums publiés uniquement au Japon, à l’époque.

Ce coffret de 34 CD (31 références car certains sont doubles) reproduisant en pochette individuelle cartonnée les LP de l'époque comprend également un livre de 200 pages regroupant des photos rares, des anecdotes sur chaque album et une discographie complète. On y trouve également un glossaire de la soixantaine d'instruments utilisés à un moment ou un autre par le pianiste, mais aussi le rappel de la discographie de Hancock (né le 12 avril 1940) avant et après ces années Columbia... La production du tout a été assurée par une équipe menée par Richard Seidel et Steve Berkowitz, avec la contribution précieuse de Bob Belden pour les recherches historiques ainsi que celle du producteur de la plupart de ces enregistrements, David Rubinson.

Hancock, à 22 ans, avait enregistré en 1962 un premier album en leader chez Blue Note. Miles Davis l’avait ensuite embauché au sein de son quintette magistral, avec Ron Carter, Tony Williams et Wayne Shorter. Hancock en sortit au moment de l’irruption des instruments électriques et électroniques dans le jazz. Chez Columbia, il va se révéler savant fou et explorateur de toutes les possibilités offertes par ces nouvelles technologies.

Si la dominante de ces années là est une tonalité de sons très synthétiques, le claviériste va s’entourer de toute une nouvelle génération de jeunes musiciens, souvent encore inconnus, imbibés de funk et de rock. Dans la foulée de « Sextant », il va monter un groupe, les Head Hunters qui marquera son époque, funky, électrisant et dansant, sensuel et chaloupé. Le succès sera au rendez-vous. C’est l’un des grands mérites de Hancock, qui ne s’est jamais démenti depuis : réussir à expérimenter sans perdre de vue l’impact sur un très large public.

Pour autant, il garde le fil avec le jazz acoustique où ses fulgurances de pianiste font toujours merveille en alternant régulièrement ses nouvelles productions avec des albums en solo, en duo avec Chick Corea, en trio avec Ron Carter et Tony Williams, en quartet avec le tout jeune Wynton Marsalis ou avec ce fabuleux quintet, V.S.O.P. (pour Very Special One-time Performance) bâti sur le modèle de celui de Miles, avec un Freddie Hubbard ébouriffant à la trompette.

Et même s’il y a quelques creux dans ce parcours, au bout du compte se dresse là le portrait d'un touche-à-tout en mouvement permanent. Au deux bouts du spectre, deux albums de platine : « Head Hunters » en 1973 avec Bennie Maupin et la signature rythmique de New Orleans (Paul Jackson, Harvey Mason et Bill Summers) et « Future Shock » en 1983 avec le célébrissime Rock It. Entre les deux, un bouquet d’orgies mélodiques et de subtilités rythmiques.

Coffret Hancock
Coffret Hancock

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