Open jazz
Magazine
Jeudi 14 novembre 2019
54 min

Harry Connick Jr. magnifie Cole Porter

Harry Connick Jr. plonge au coeur du répertoire des grands classiques américains avec “True Love : A Celebration of Cole Porter” qui paraît chez Verve/Universal. Il y est pianiste, chanteur, arrangeur et chef d’orchestre.

Harry Connick Jr. magnifie Cole Porter
Harry Connick Jr., © Sasha Samsanova

Au sommaire aujourd'hui

  • Harry Connick Jr. invité de Alex Dutilh.
    10 CD à gagner en répondant correctement à la question posée par Alex Dutilh. Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom, prénom et adresse postale COMPLETE. 1 CD pour les 10 premières bonnes réponses. Bonne chance !

J’ai toujours en tête un tas d’idées d’albums dans des genres différents,” confie Harry Connick.  “Cette fois, j’ai décidé de constituer mon propre recueil de chansons, ce qui m’a amené à plonger profondément dans le travail des compositeurs avec qui je me sentais des affinités. Ce faisant je me suis aperçu qu’il y avait quelque chose de particulier dans l’oeuvre de Cole Porter.  D’abord il a été l’un des premiers à écrire à la fois la musique et les paroles de ses chansons. Et dans les deux domaines  il a fait figure d’innovateur. Ses mots étaient pleins d’esprit et véhiculaient de multiples significations. Les harmonies de ses mélodies enfreignaient les règles. Il était capable de mettre son art d’auteur-compositeur au service de situations spécifiques aussi bien pour le théâtre que le cinéma, et ces chansons avaient suffisamment de caractère pour suivre ensuite leur propre destinée.  Il m’est apparu évident qu’il était le meilleur.”

  • 3 invitations pour 2 à gagner pour le concert de Dock in Absolute lundi 18 novembre à 20h au Pan Piper à Paris (75) . Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom et prénom. 1 invitation pour 2 pour les 3 premiers mails.
« True Love, A Celebration of Cole Porter »
« True Love, A Celebration of Cole Porter »

Cole Porter a passé l’épreuve du temps. Son répertoire, composé principalement de chansons écrites pour des productions de Broadway et Hollywood, constitue l’un des chapitres les plus essentiels de ce qu’on a coutume d’appeler le “Great American Songbook”.  Comme Alec Wilder l’a écrit dans son essai de référence “American Popular Song”, Porter “a apporté à la chanson populaire une certaine élégance théâtrale ainsi qu’un souci de sophistication, une verve, et une vraie complexité dans la forme musicale.”

Il n’est guère surprenant dès lors que Cole Porter (1891-1964), qui a redéfini en son temps ce qu’il fallait entendre par auteur-compositeur “complet”, attire aujourd’hui l’attention d’Harry Connick, Jr., dont le succès dans différents styles de musique ainsi que dans les domaines du cinéma, du théâtre et de la télévision, a également largement contribué à reconfigurer la notion d’“entertainer” et d’artiste “complet”.  Les chansons de Cole Porter fournissent à Harry Connick une matière idéale à partir de quoi donner la pleine mesure à ses talents de chanteur, pianiste, arrangeur, orchestrateur et chef d’orchestre dans “True Love : A Celebration of Cole Porter”, sa première réalisation sous les couleurs du label Verve/Universal.

Cole Porter, très clairement, ne s’inscrivait pas dans le moule de l’auteur-compositeur type de Tin Pan Alley.  Fils d’une riche famille du Midwest, il avait fait ses études à Yale et à Harvard, puis vécu l’âge d’or du jazz à Paris et Manhattan, ce sur quoi il avait écrit avec une étonnante franchise.  De son premier succès commercial en 1928 jusqu’aux complications consécutives à une chute de cheval qui l‘amèneront à cesser toute activité de compositeur trois décennies plus tard, Porter aura déployé un don inégalé dans l’art d’écrire des chansons pleines d’intelligence et de classe tout en demeurant accessible à tous les publics.  

Il possédait manifestement de grandes connaissances musicales,” remarque Harry Connick, “et il aurait très bien pu assurer les arrangements et les orchestrations de ses chansons s’il l’avait voulu. Il adorait donner à ses chansons une direction inattendue au dernier moment, ouvrant de nouvelles perspectives là où l’on pensait qu’il n’y avait plus qu’à conclure la forme initiale, mais il était capable tout autant d’être aussi simple et direct que possible.  La vérité c’est que je pourrais faire cinq albums différents à partir de ses chansons.”

Au final, Harry Connick a choisi une douzaine de chansons dans ce riche répertoire, mêlant grands succès et pièces plus confidentielles — certaines s’avérant “amusantes à arranger dans l’idée de les faire sonner différemment” quand d’autres exigeaient qu’on leur applique un traitement plus traditionnel. Trois d’entre elles  – Mind If I Make Love to YouYou’re Sensational et le thème-titre True Love – sont issues de la dernière grande partition que Porter réalisa en 1956 pour le film “High Society”, en composant spécifiquement pour trois artistes majeurs de la musique populaire américaine :  Louis Armstrong, Bing Crosby et Frank Sinatra.

Je suis choqué quand je constate qu’une chanson comme Mind If I Make Love to You n’a pas obtenu de succès en son temps,” déclare Harry Connick à propos de la pièce probablement la plus obscure de la sélection, qui fait partie des  sept morceaux de l’album où un orchestre à cordes vient se mêler avec art au big band dirigé par le chanteur.  A l’inverse True Love, que Harry Connick décrit comme une pièce “si simple et courte qu’on a juste envie de la prolonger,” est transfigurée ici en passant du rythme languissant d’une valse au tempo médium d’un groove à quatre temps.  Parmi les autres morceaux phares de l’album on citera Just One of Those Things, pris sur un rythme plus lent que d’habitude tout en demeurant porté par un swing irrésistible, ainsi que All of You, une chanson que Harry Connick considère comme “tellement sexy qu’elle se doit d’être interprétée de la façon la plus sensuelle possible.”

Les efforts qu’a consentis Harry Connick pour réunir les forces nécessaires à la réalisation de “True Love” se sont révélés herculéens.  Après avoir réalisé la sélection des chansons, écrit les orchestrations et les arrangements, il a lui-même mis sur pied et dirigé un grand orchestre composé principalement de partenaires de longue date, avant de déménager dans un autre studio pour enregistrer un orchestre à cordes placé sous sa direction. Ce n’est qu’ensuite qu’il est entré en cabine d’enregistrement pour placer sa voix sensuelle et décontractée dans ces écrins somptueux, interprétant chaque chanson deux fois dans l’ordre alphabétique.  Le résultat est une preuve manifeste de l’intensité et de la profondeur créatives nouvelles dont fait montre désormais Connick dans chacun des domaines artistiques qu’il aborde.

Je pense avoir plus de contrôle dans ma façon de chanter, et la gamme de mes compétences s’est définitivement élargie,” résume-t-il.  “Mais de façon plus générale, je pense que je suis parvenu à trouver un nouvel équilibre entre une vraie exigence artistique et mon désir de demeurer accessible.  Je ne suis plus aussi ‘mignon’ qu’avant, je ne cherche plus à prouver à chaque instant à quel point je peux être surprenant et créatif.  Quand on a 25 ans, on écrit tout ce qui nous passe par la tête.  Aujourd’hui, si ce que je compose est super simple mais s’adapte parfaitement à ce que je veux dire musicalement, c’est cool.”  Un morceau dans l’album cependant est tout sauf “super simple”…  Il s’agit de “Begin the Beguine,” qui renferme un solo de piano éblouissant qui sonne comme la rencontre improbable entre Oscar Peterson et Professor Longhair.  “Tracey Freeman, qui a produit le disque, est en grande partie responsable de cette prise,” sourit Connick.  “Il m’a dit, `Arrête de donner des solos à tout le monde.  A toi de jouer.’  Alors on a enregistré `Begin the Beguine,’ qui est peut-être la chose la plus difficile que j’ai jamais jouée.  Ce morceau fait un peu figure de défi dans l’album.”

En sortant de l’enregistrement de “True Love” Harry Connick n’en admirait que plus encore l’art unique de Cole Porter.  “Ce qui m’impressionne le plus,” résume-t-il, “c’est cette façon qu’il a eu d’exprimer ses sentiments sans réserve.  Aussi poétique soit la façon qu’il a eue de les formuler, ce qui est important c’est qu’il se soit posé là et qu’il ait affirmé ce qu’il avait à dire.”  Harry Connick, Jr. est en pleine maturité et continue de construire sa carrière, mais quand viendra le temps de poser un regard rétrospectif sur ses réalisations cette oeuvre inspirée par la musique de Cole Porter s’imposera de toute évidence comme un moment important de sa vie d’artiste.
(extrait du communiqué de presse)

La programmation musicale :
  • 18h08
    I love Paris - COLE PORTER
    Harry Connick Jr.

    I Love Paris

    Cole Porter. : compositeur, Harry Connick Jr.. : compositeur, Harry Connick Jr. (piano, voix, direction), Andrew Fisher (claviers), Lucien Barbarin (trombone solo), Mark Braud (trompette), Seneca Black (trompette), Wayne Bergeron (trompette), Rob Schaer (trompette), Dion Tucker (trombone), Andy Martin (trombone), Alan Kaplan (trombone), Bill Reichenbach (trombone), Geoff Burke (saxophone), Jerry Weldon (saxophone), Dan Higgins (saxophone), Bob Sheppard (saxophone), Greg Huckins (saxophone), Neal Caine (basse), Arthur Latin (batterie, percussions)
    Album True Love, A Celebration Of Cole Porter Label Verve (00602577992148) Année 2019
  • 18h14
    Mind if I make love to you - COLE PORTER
    Harry Connick Jr.chef d'orchestre, Harry Connick Jr.

    Mind If I Make Love to You

    Cole Porter. : compositeur, Harry Connick Jr.. : compositeur, Harry Connick Jr. (piano, voix, direction), Neal Caine (basse), Arthur Latin (batterie, percussions), Mark Braud (trompette), Seneca Black (trompette), Wayne Bergeron (trompette), Rob Schaer (trompette), Dion Tucker (trombone), Andy Martin (trombone), Alan Kaplan (trombone), Lucien Barbarin (trombone), Bill Reichenbach (trombone), Geoff Burke (saxophone), Jerry Weldon (saxophone), Dan Higgins (saxophone), Bob Sheppard (saxophone), Greg Huckins (saxophone), Bruce Dukov (direction des cordes), Neli Nikolaeva (violon), Mark Robertson (violon), Ana Landauer (violon), Rafi Rishik (violon), Susan Richik (violon), Eun-Mee Ahn (violon), Armen Anassian (violon), Roger Wilkie (violon), Charlie Bisharau (violon), Tereza Stanislav (violon), Cheryl Kim (violon), Lorand Lokuszra (violon), Ashoka Thiagarajan (violon), Andrew Duckles (alto), Dave Walther (alto), Lynne Richberg (alto), Rob Brophy (alto), Erik Rynearson (alto), Corinne Soborewski (alto), Jonah Sirota (alto), Dennis Karmazyn (violoncelle), David Low (violoncelle), Tim Loo (violoncelle), Laszlo Mezo (violoncelle)
    Album True Love, A Celebration Of Cole Porter Label Verve (00602577992148) Année 2019
  • 18h20
    Anything goes - COLE PORTER
    Harry Connick Jr.

    Anything Goes

    Cole Porter. : compositeur, Harry Connick Jr.. : compositeur, Harry Connick Jr. (piano, voix, direction), Andrew Fisher (claviers), Mark Braud (trompette), Seneca Black (trompette), Wayne Bergeron (trompette), Rob Schaer (trompette), Dion Tucker (trombone), Andy Martin (trombone), Alan Kaplan (trombone), Lucien Barbarin (trombone), Bill Reichenbach (trombone), Geoff Burke (saxophone), Jerry Weldon (saxophone), Dan Higgins (saxophone), Bob Sheppard (saxophone), Greg Huckins (saxophone), Neal Caine (basse), Arthur Latin (batterie, percussions)
    Album True Love, A Celebration Of Cole Porter Label Verve (00602577992148) Année 2019
  • 18h25
    Too darn hot - COLE PORTER
    Ella Fitzgerald

    Too Darn Hot

    Cole Porter. : compositeur, Ella Fitzgerald (voix), Buddy Bergman Orchestra, Pete Candoli (trompette), Harry 'Sweet' Edison (trompette), Maynard Ferguson (trompette), Conrad Gozzo (trompette), Milt Bernhart (trombone), Joe Howard (trombone), Lloyd Ulyate (trombone), George Roberts (trombone basse), Herb Geller (saxophone alto), Bud Shank (saxophone alto), Bob Cooper (saxophone ténor), Ted Nash (saxophone ténor), Chuck Gentry (saxophone baryton), Paul Smith (piano), Barney Kessel (guitare), Joe Mondragon (basse), Alvin Stoller (batterie), Buddy Bergman (direction)
    Album Sings The Cole Porter Songbook Label Verve (537257-2#1) Année 1997
  • 18h32
    How do you keep the music playing - MICHEL LEGRAND , A et M BERGMAN
    Xavier Casellas

    How Do You Keep the Music Playing

    Michel Legrand. : compositeur, Alan Bergman. : compositeur, Marilyn Bergman. : compositeur, Xavier Casellas (voix), Emilio Solla (piano), John Ellis (clarinette basse)
    Album In A Sentimental Move Label Fresh Sound (FSRCD5105) Année 2019
  • 18h41
    You're my thrill - JAY GORNEY  , S CLARE
    Lorez Alexandria

    You Are My Thrill

    Jay Gorney. : compositeur, Sidney Clare. : compositeur, Lorez Alexandria (voix), Frank Hunter Orchestra, Nick Travis (trompette), Al Derisi (trompette), Don Leight (trompette), Bernie Glow (trompette), Harry Devito (trombone), Phil Giacobe (trombone), Leon Cohen (saxophone alto), Herbie Mann (flûte, saxophone ténor), Allen Eager (saxophone ténor), Hy Mandel (saxophone baryton), Donn Trenner (piano), Sal Salvador (guitare), Oscar Pettiford (basse), Shadow Wilson (batterie)
    Album Lorez Alexandria On King 1957-1959 Label Fresh Sound (FSRCD979) Année 2019
  • 18h45
    Urban heart - JEAN-PHILIPPE KOCK, DAVID KINTZIGER
    Dock In Absolute

    Urban Heart

    Jean-Philippe Kock. : compositeur, David Kintziger. : compositeur, Jean-Philippe Kock (piano), David Kintziger (basse électrique), Michel Mootz (batterie)
    Album Unlikely Label Cam Jazz (7952-2) Année 2019
  • 18h49
    83 Bis - GARY BRUNTON
    Gary Brunton

    83 Bis

    Gary Brunton. : compositeur, Gary Brunton (contrebasse), Bojan Z (piano), Simon Goubert (batterie)
    Album Night Bus Label Juste Une Trace Année 2019
  • 18h54
    Beguin - ANDRE JAUME
    Alain Soler

    Beguin

    André Jaume. : compositeur, Remi Charmasson, Rémi Charmasson (guitare), Alain Soler (guitare)
    Album Mr. A.j. Label Durance (CS032019) Année 2019
L'équipe de l'émission :