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Mercredi 28 septembre 2016
58 min

Darcy James Argue's Secret Society, les théories de la conspiration

Parution de « Real Enemies » de Darcy James Argue chez New Amsterdam.

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Darcy James Argue's Secret Society à la Une
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Le compositeur et chef d’orchestreDarcy James Argue basé à Brooklyn, et son très remuant big band de 18 membres, Secret Society, sortent leur troisième album, « Real Enemies » chez New Amsterdam Records. Composé par Argue, « Real Enemies» est une exploration en 13 chapitres de la fascination de l’Amérique pour les théories du complot. On retrouve ainsi le souvenir des récits derrière le Red Scare (la peur du rouge des années McCarthy), les Illuminati et les fantasmes qui accompagnent les groupuscules de l’ombre, les révélations d’Edward Snowden, les apparitions d’aliens… Tous sont méticuleusement examinés et interrogés à travers la partition éblouissante de ce leader et compositeur iconoclaste, qui dirige volontiers sa bande de geeks en costume à la Dickens et chemise à jabot.

La première de « Real Enemies » a été une performance multimédia (co-créée par Argue et l’écrivain-réalisateur Issac Butler ainsi que le cinéaste Peter Nigrini) ovationnée lors du BAM’s 2015 Next Wave Festival. Empruntant son titre aulivre de Kathryn Olmsted “Real Enemies: Conspiracy Theories and American Democracy, World War I to 9/11 paru en 2009, le projet est le fruit d’une recherche approfondie sur un large éventail de conspirations, du familier au correctement documenté en passant par le spéculatif et le bizarre. « Real Enemies » retrace les racines historiques, l’iconographie et le vocabulaire des conspirations, et examine la pensée conspirationniste en tant qu’idéologie politique spécifique. Il raconte l’ombre historique de l’après-guerre en Amérique, touchant à tout, des procédures illégales de renseignement sur les avant-gardes politisées, notamment chez les afro-américains, au trafic parallèle de cocaïne de la CIA, des technologies secrètes de manipulation de la météo à la théorie des reptiliens métamorphes d’Alpha Draconis infiltrant le gouvernement au plus haut niveau !

Argue explique : La croyance dans les conspirations est l’un des aspects déterminants de la culture moderne. Elle transcende les clivages politiques, économiques et autres. Conservateur ou libéral, riche ou pauvre, dans toutes les races et origines, il existe une souche conspiratrice de pensée qui croit qu'il ya des forces qui complotent secrètement contre nous. Les théories du complot prennent souvent la main parce qu'elles fournissent une explication simple à des réalités inquiétantes. Paradoxalement, il est souvent plus réconfortant de croire que les mauvaises choses arrivent parce qu'elles font partie d'un programme caché que de croire qu'elles sont venues à la suite d'erreurs, de l'incompétence ou du hasard. "

En guise de voyage dans la paranoïa d'après-guerre, « Real Enemies » utilise lourdement les techniques du dodécaphonisme conçu par Arnold Schoenberg au lendemain de la Première Guerre Mondiale et adopté par de très nombreux compositeurs américains durant cette période de l'après-guerre où fleurirent toutes les théories du complot. Cependant, la large partition d’Argue ne cache pas une espiègle critique pour la façon dont ces techniques ont été traditionnellement déployées.

La partition est bourrée de clins d’œil aux musiques des films de Michael Small ou David Shire abordant la paranoïa (The Parallax View, All The President’s Men ), aux chants révolutionnaires du Nicaragua, au space-jazz psychédélique de Sun Ra, aux grooves synthétiques de la FM du début des années 80, à l’electro funk influencé du hip hop de Los Angeles… Des textes marquants des discours de JFK, Frank Church, George H.W. Bush et Dick Cheney sont savamment insérés de manière provocatrice dans la partition, avec une narration en voix off par l’acteur James Urbaniak.

« Real Enemies » est une expérience musicale et sensorielle intense qui chahute, explore, et résonne longtemps après sa dernière note...

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