Open jazz
Magazine
Mercredi 9 janvier 2019
54 min

Count Basie, live au Crescendo Club, Los Angeles, 1958

Un big band en club, c’est la claque. Quand la prise de son vous fait croire que vous êtes assis au premier rang, c’est le bonheur. Quand il s’agit de Count Basie en 1958, année de son « Atomic Band », c’est le paradis.

Count Basie, live au Crescendo Club, Los Angeles, 1958
Count Basie au piano au Birdland Club à New-York, © Getty / Bill Quinn/NY Daily News Archive

Sans autre actualité que la nécessité du plaisir intense des choses simples, ce coffret de 5 CD, « Count Basie & His Atomic Band: Complete Live At The Crescendo 1958 » publié par Phono. Il y eut au départ, chez Phontastic, deux albums édités en vinyle et CD « The Count On The Coast », puis « Basie’s Golden 58 ».

En 2016, Phono, au Japon, a publié l’intégrale des enregistrements de l’orchestre, période « Atomic », dans le club de Los Angeles qui appartenait à Norman Granz. Avec en bonus six plages issues d’une émission TV réalisée juste avant les dix soirs dans le club au début de l’été 1958. Il s’agit d’un florilège des grands titres de l’époque, composés et arrangés par Neal Hefti, Ernie Wilkins, Thad Jones, Frank Foster et Frank Wess. Certains se retrouvent même repris dans des versions légèrement différentes, lors des soirées successives. C’est le cas pour Moten Swing, Shiny Stockings, Mellow Tone ou One O’Clock Jump

Parce qu’il s’agissait d’un enregistrement dans l’intimité d’un club de 200 places et parce que le répertoire était alors impeccablement rodé par le collectif, on trouve là une spontanéité et un côté sauvage qui seront parfois gommés par le perfectionnisme des séances studio des années suivantes, mais qui résument bien la formidable décennie que venait de vivre l’orchestre.

Si « le jazz est le son de la surprise », selon Whitney Balliett, ce n’est pas le cas avec Basie, qui serait plutôt « le son rassurant », notamment du fait de cette pulsation si élastique de la rythmique qui évoque la respiration naturelle. C’est aussi l’occasion de mettre à plat quelques poncifs. Vous croyez le jeu de batterie de Sonny Payne exubérant ? Il est ici épatant pour driver le collectif au bout de ses balais. La légendaire discrétion de Freddie Green et des « gling gling » à la guitare ? Écoutez la clarté de son élocution dans Cute… La contrebasse d’Eddie Jones, loin de la puissance de Jimmy Blanton et ses héritiers chez Ellington ? Ce qu’il fait dans Yogi en est un parfait démenti.

Quand Bag-A-Bones met en lumière la section de trombones, du côté des trompettes, Joe Newman et Thad Jones (April in Paris) se répartissent la totalité des solos. Et bien sûr, le chanteur Joe Williams tient là toute sa place de star, à l’exception de Hallelujah, I Love Her So où il céde le micro à Sammy Davis Jr. Quel régal aujourd’hui que de savourer le minimalisme des intros de piano de Count Basie. Celle de The Kid From Red Bank ou le solo de Basie Boogie sont des modèles d’économie efficace.

La qualité de la prise de son est probablement due au célèbre ingénieur du son Wally Heider. Celui dont les archives sont aujourd’hui conservées à la Library of Congress fut un pionnier de la stéréo et rend ici superbement l’ambiance du lieu. Bienvenue au club !

Thad Jones, Snooky Young, Wendell Culley, Joe Newman (trompette)
Benny Powell, Henry Coker, Al Grey (trombone)
Frank Wess (sax alto et ténor, flute)
Marshall Royal (sax alto, clarinette)
Billy Mitchell, Frank Foster (sax ténor)
Charlie Fowles (sax barytone)
Count Basie (piano);
Freddie Green (guitare)
Eddie Jones (contrebasse)
Sonny Payne (batterie)
Joe Williams (vocal) ou Sammy Davis Jr. sur Hallelujah, I Love Her So

Enregistré au Crescendo Club, Los Angeles, du 24 juin au 2 juillet 1958

Programmation musicale

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
Moten Swing #1 (Bennie & Buster Moten)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
Cute #1 (Neal Hefti)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
Yogi (Count Basie)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
Bag-A-Bones #1 (Neal Hefti)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
The Kid from Red Bank #2 (Neal Hefti)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
Basie Boogie (Count Basie, Milton Ebbins)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
Every Day (Peter Chapman)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
Hallelujah, I Love Her So (Ray Charles)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
Corner Pocket #1 (Freddie Green, Donald Wolf)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
April in Paris (Vernon Duke, E.Y. Harburg)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
Sweetie Cakes (Ernie Wilkins)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »

Count Basie « Complete Live at the Crescendo, 1958 »
One O'Clock Jump #2 (Count Basie)
Phono 870245 

« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
« Complete Live at the Crescendo, 1958 »
L'équipe de l'émission :