Open jazz
Magazine
Vendredi 17 mai 2019
54 min

Coleman Hawkins, l'intemporel et le moderne

Le 19 mai 1969 s’éteignait Coleman Hawkins, l’un des géants du jazz. Il avait 65 ans. À l’occasion de ce cinquantenaire, retour sur une trajectoire singulière qui embrassa tous les jazz qui lui furent contemporains. Un jazzman particulièrement « open »…

Coleman Hawkins, l'intemporel et le moderne
Coleman Hawkins, © Getty / GAB Archive / Redferns

Au sommaire aujourd'hui

  • Coleman Hawkins à la Une

Deux surnoms pour un seul homme. Bean et Hawk. Haricot ou Faucon. Drôle de choix pour ce géant du jazz, qui inventa littéralement le langage du saxophone (ténor) dans le jazz. De ses touts débuts à 18 ans à son flirt avec le bebop Coleman Hawkins ne resta jamais dans les sabots du classicisme, mais grava dans le marbre l’un des classiques des classiques, son Cantique des Cantiques, Body And Soul, en 1939.

  • 3 invitations pour 2 à gagner pour le concert de Three Days of Forest + Bandes originales mardi 21 mai à 20h30 au Centre des Bords de Marne au Perreux-sur-Marne (94). Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom et prénom. 1 invitation pour 2 pour les 3 premiers mails.
  • 3 invitations pour 2 à gagner pour le concert de Sylvaine Hélary “Printemps” mardi 21 mai à 20h45 au Mac Orlan à Brest (29) avec l’association Plages Magnétiques. Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom et prénom. 1 invitation pour 2 pour les 3 premiers mails.
  • 3 invitations pour 2 à gagner pour le concert de  Ron Carter “Dear Miles” + Youn Sun Nah mercredi 29 mai à 21h au Parc des Expositions du Comminges à Saint-Gaudens (31) dans le cadre de Jazz en Comminges. Cliquez sur "contactez-nous" et laissez vos nom et prénom. 1 invitation pour 2 pour les 3 premiers mails.
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Coleman Hawkins était né à Saint Joseph, Missouri le 21 novembre 1904. Son bâton de pélerin ne serait pas droit, mais recourbé et en cuivre. Avant lui, seuls les trompettes, trombone et clarinettes arrivaient à émerger de l’orchestre. Et s’il ne fut pas le premier jazzman à jouer du saxophone ténor, il en fut, au sein de l’orchestre de Fletcher Henderson, le premier vrai soliste. À partir de ses débuts en 1922, on l’entend s’affiner progressivement, passer maître dans l’art de la ballade et durcir peu à peu le son dans des contextes où on lui faisait confiance. Jusqu’à cet ovni gravé en 1948 en saxophone solo (le premier dans l’histoire du jazz), une sorte d’autoportrait cubiste intitulé Picasso, tout en couleurs cuivrées.

Il ouvrira la voie à plusieurs générations, jusqu’à Sonny Rollins qui le vénère, mais sans dogmatisme, en laissant s’épanouir à distance le phrasé plus en apesanteur de Lester Young avec lequel il adorera se mesurer. Superbe paradoxe, durant ses dernières années, ce pilier du jazz classique (de la trempe des Louis Armstrong, Art Tatum, Benny Goodman ou Earl Hines) sera un compagnons de route du jazz libertaire des sixties. Tout sauf conservateur. Sa participation, en 1962 aux expérimentations de Shelly Manne, l’un des héros de la West Coast, en témoigne : un duo sax-batterie, saisit par l’ivresse de la liberté,  où il ne résiste pas à se faire pianiste dans l’introduction !

Alain Gerber eut ces mots définitifs à son propos : « Il fût le mâle dominant, au temps des Grands Prédateurs. Un maître boucher parmi les coupeurs de tête… On a parlé cent fois de ces égorgeurs solitaires qui, aux petites heures du jour, de jam en jam déroulaient leurs ombres sur les escaliers des clubs, demandant partout : « Il n’y aurait pas quelqu’un dans cette turne pour se faire couper la chique ? ».Le Hawk disposait sans l’avoir sollicité d’un service de renseignement fort efficace. On lui indiquait les gorges tendres, les mirliflores qui, ça et là, se poussaient du ramage. Il ne parlait pas beaucoup, mais il assassinait énormément ».

Programmation musicale

Coleman Hawkins « 1939-1940 »
Body and Soul (Heyman, Sour, Eyton, Green)
Classics 634

« 1939-1940 »
« 1939-1940 »

Coleman Hawkins « The Bebop Years »
Picasso (Coleman Hawkins)
Properbox 14

« The Bebop Years »
« The Bebop Years »

Shelly Manne « 2-3-4 »
Me And Some Drums (C. Hawkins, S. Manne)
Impulse ! A-20

« 2-3-4 »
« 2-3-4 »

Carmen McRae « Milestones Of A Jazz Legend »
Take Five  (Paul Desmond, Iola Brubeck)
Membran 600508

« Milestones Of A Jazz Legend »
« Milestones Of A Jazz Legend »

Brun, Courtois, Fincker « Les démons de Tosca, Opus 1 »
Des maux de tous les jours (Vincent Courtois)
BMC 280

« Les démons de Tosca, Opus 1 »
« Les démons de Tosca, Opus 1 »

Sylvaine Hélary « Spring Roll, Printemps »
Ronde 1, Ronde 2  (Sylvaine Hélary)
Ayler 144/45

« Spring Roll, Printemps »
« Spring Roll, Printemps »

Émilie Calmé « Flûte poésie »
Like Someone in Love (J. Van Heusen)
Continuo 777812

« Flûte poésie »
« Flûte poésie »

Ron Carter « Dear Miles »
Gone  (Gil Evans)
Blue Note  3925472

« Dear Miles »
« Dear Miles »

François Lapeyssonnie « Out/Line »
Shade's Shelter  (François Lapeyssonnie)
Shed FLLDLP01/1

« Out/Line »
« Out/Line »

Loco Cello « Loco Cello »
F.F.F.  (Samuel Strouk)
Well Done Simone 

« Loco Cello »
« Loco Cello »

André Carvalho « The Garden of Earthly Delights »
The Fools of Venus (André Carvalho)
Outside in Music 1910

« The Garden of Earthly Delights »
« The Garden of Earthly Delights »
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