Open jazz
Magazine
Jeudi 9 juin 2016
58 min

Branford Marsalis & Kurt Elling, cinq hommes dans un quartet

Parution de « Upward Spiral » Branford Marsalis & Kurt Elling chez Okeh/Sony.

Branford Marsalis & Kurt Elling, cinq hommes dans un quartet
Branford Marsalis & Kurt Elling ©Zack Smith

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► Branford Marsalis & Kurt Elling

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La première rencontre discographique du quartet aux allures de all-stars dirigé par le saxophoniste Branford Marsalis avec Kurt Elling, la crème des vocalistes de jazz d’aujourd’hui.

Ce n’est un secret pour personne que le Branford Marsalis Quartet est autant à l’aise sur scène qu’à la ville. Branford Marsalis (saxophone), Joey Calderazzo (piano), Eric Revis (basse) et Justin Faulkner (batterie) ont tous une forte personnalité. « Le groupe discute de toutes sortes de choses dont certaines ne peuvent être retranscrites ici » sourit Branford, avant d’ajouter « mais nous avons aussi de sérieux débats musicaux ». C’est l’un de ces échanges qui a engendré « Upward Spiral », le nouvel album du quartet qui paraît chez Okeh, avec notamment la présence, en invité exceptionnel, du chanteurKurt Elling.

« L’un de nos sujets de conversation au sein du groupe était d’imaginer qui serait le meilleur chanteur pour travailler avec notre quartet », se souvient Branford. « Mon favori était Kurt Elling, car il a une des voix les plus flexibles du jazz, elle est toujours juste et Kurt est un véritable musicien de jazz. Lorsque je l’ai rencontré lors d’un jury au Thelonious Monk Institute il y a deux ans, nous avons évoqué au bar l’opportunité de faire un album ensemble ». De son côté, Krt Elling ajoute : « J’avais déjà croisé Branford à plusieurs reprises sur la route, et nous avions toujours eu des échanges extrêmement intéressants. Alors quand il a parlé de faire un album, je lui ai répondu… quand tu veux ! ».

C’est au terme d’une intense semaine d’enregistrement à la Nouvelle Orléans que cet album a vu le jour : des thèmes provenant d’un large éventail de compositeurs, des standards de jazz, des chansons de variété et de pop. Le parti-pris de la rencontre avec Kurt lconsistait à mettre sa voix en avant comme un nouvel instrument invité par le quartet. Kurt Elling était plus que préparé à ce challenge. « J’adore chanter avec un groupe aussi percutant et je ne voulais pas que le quartet de Branford ait le sentiment de devoir se retenir de jouer parce qu’il se produisait avec un chanteur. C’était très important pour moi d’être intégré et en cohérence avec le quartet ».

Les cinq musiciens ont tous été impliqués dans le choix des chansons. « Les membres du groupe écoutent toutes sortes de musique », explique Branford, « donc ce n’est pas comme si nous avions dû faire des recherches sur des disques de chansons. Quand nous sommes rentrés en studio, cela faisait déjà deux ans que j’écoutais Long as You’re Living d’Oscar Brown. La première fois que j’ai entendu Practical Arrangement de Sting, je l’ai appelé pour lui demander les partitions, parce que je voulais interpréter ce titre avec le quartet avant même d’avoir l’idée d’enregistrer avec Kurt. J’ai également choisi Só Tinha de Ser Com Você, une chanson de Jobim qui a été rarement reprise. J’ai demandé à tout le monde d’étudier la version d’Elis Regina, parce que je voulais que l’on sonne authentique. Interpréter Blue Gardenia était aussi l’une de mes idées, alors qu’Eric avait d’abord suggéré From One Island lorsque nous discutions de chansons plus récentes. » Kurt Elling a aussi proposé plusieurs chansons dont Doxy, le classique de Sonny Rollins sur des paroles de Mark Murphy, West Virginia Rose du pianiste Fred Hersh ; et Momma Said, le poème de Calvin Forbes mis spontanément en musique par le quartet.

« Personne dans le groupe n’a eu besoin de faire des ajustements, parce que de bons musiciens sont capables d’aborder sans difficulté des styles de musique différents », note Branford Marsalis. « Quand nous jouons ensemble nous sommes complètement engagés les uns avec les autres et la présence de Kurt n’a posé aucune difficulté. Il était simplement nécessaire d’éviter les longs solos instrumentaux, mais si faire en sorte que la musique soit bonne revient à moins jouer, alors on joue moins. »

« J’essaie de construire mon interprétation selon la vision et la personnalité du groupe, ajoute Kurt Elling, et le quartet de Branford est un groupe qui travaille dur, ce qui est à la fois un luxe incroyable et quelque chose d’extrêmement important pour la musique. Ils m’ont tout offert sur un plateau d’argent ».

Pour Branford Marsalis, « Upward Spiral » est cohérent avec le reste de sa discographie. « Ma philosophie du jazz, c’est de trouver des mélodies fortes et d’avoir un super beat. Chaque chanson de cet album a une mélodie qui reste en tête et que l’on peut chanter. Ce n’est pas du jazz comme un think thank personnel où les musiciens cherchent simplement à impressionner leurs pairs en déconstruisant et en réharmonisant les œuvres. C’est le genre de musique qui doit s’ouvrir pour attirer les gens vers le jazz. A la seconde où Kurt a commencé à jouer avec nous, je pense que nous y sommes parvenus ».

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