Open jazz
Magazine
Mercredi 3 février 2016
58 min

Bill Frisell et Charles Lloyd au Pays des Merveilles

Sorties en miroir de deux voix de l’americana : Charles Lloyd et The Marvels et Bill Frisell et ses Beautiful Dreamers.

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► Bill Frisell

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Il existe une connexion mystique entre la musique et l’image qui attire le guitariste, compositeur et arrangeur américain Bill Frisell. Toute son œuvre semble réceptive aux stimuli de l’image comme peuvent en émettre les peintures abstraites de Gerhard Richter, les photographies de Mike Disfarmer, ou encore les bandes dessinées de Jim Woodring.

La puissance de cette relation symbiotique entre image et musique fascine Bill Frisell, et trouve son expression dans « When You Wish Upon A Star » qui paraît chez Okeh/Sony, consacré aux musiques de film et de télévision. Cet album est plus qu’un simple hommage à des bandes originales iconiques, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur », « Psycho », « Il était une fois dans l’Ouest », « Bonanza » « The Bad and The Beautiful » ou « Le Parrain ». Bill Frisell y célèbre avant tout sa collaboration musicale avec ses amis musiciens ainsi qu’un profond engagement dans l’art de la réinterprétation.

Le but est de donner une nouvelle patine aux compositions par une approche « revigorante » tout en restant au plus près de leur mystère. Bill Frisell commence par écouter autant de versions possibles de la composition tout en apprenant les paroles par cœur. Puis vient l’immersion dans les harmonies et arrangements de l’œuvre originale, suivie de son apprentissage par de nombreuses heures de pratique. Quand il maîtrise le morceau sur le bout des doigts, il tâche de l’oublier pour le sublimer plus tard par une véritable ré-interprétation.

Le résultat final est un paysage musical hautement évocateur qui couvre l’ensemble de la gamme des émotions. On y trouve tour à tour l’expression de l’espoir, du regret, de la joie, de la douleur, de la perte… Le tout exploré par la dream team des Beautiful Dreamers de Bill Frisell, composée d’Eyvind Kang au violon alto, du batteur Rudy Royston, du bassiste Thomas Morgan et de la chanteuse Petra Haden.

De son côté, en 2015, le saxophoniste Charles Lloyd a poursuivi sa quête novatrice. Il a profité d’une année exceptionnelle en recevant notamment les honneurs du « National Endowment for the Arts Jazz Masters » et en effectuant un retour marquant chez Blue Note Records avec l’album live « Wild Man Dance ». En évoquant alors son « appel de la nature», Lloyd avait déclaré « Je suis encore à la recherche du son. C’est mon long chemin. Je me définis comme un “chercheur de son”. A mesure que je me plonge plus profondément dans l’océan du son, je découvre qu’on peut aller plus loin et plus profond encore ».

Cette plongée créative continue avec une extraordinaire suite chez Blue Note, « I Long to See You ». Il y présente une nouvelle formation, The Marvels, qui nous livre un recueil de dix chansons, allant des hymnes traditionnels aux chansons folk antimilitaristes, en revisitant aussi des œuvres figurant sur ses précédents enregistrements. Charles Lloyd a gardé le noyau rythmique de son indéfectible New Quartet – le bassiste Reuben Rogers et le batteur Eric Harland – et invité des collaborateurs haut-de-gamme comme le guitariste Bill Frisell et le joueur de pedal steel guitar, Greg Leisz.

Les germes de ce nouveau projet sont apparus en 2013 lorsque Lloyd et Frisell ont joué au Royce Hall de l’UCLA. Ils s’étaient rencontrés sur scène plus tôt dans l’année : « Nous étions connectés. Je savais que nous avancions vers le son. Bill est un grand sensible et il est très intuitif. Il m’a dit que lorsqu’il était gamin à Denver, il fut influencé par mon premier groupe avec Jack DeJohnette et Keith Jarrett. Il a dit que la musique avait ouvert son imagination sur un large spectre de nouvelles possibilités. Nous n’avons pas besoin de nous parler beaucoup quand nous sommes ensemble – tout est exprimé dans la musique, le son, le feeling. »

Charles Lloyd conclut l’album avec Barché Lamsel, un titre-épopée de 16 minutes évoluant à travers des paysages sonores impressionnistes. Barché Lamsel est une prière bouddhiste destinée à supprimer tous les obstacles, externes, internes et secrets. « Quand nous avons commencé à enregistrer le morceau, c’est devenu Barché Lamsel, dit Lloyd. Il ne semblait n’y avoir aucun obstacle au flot des notes et des idées. C’est une prière pour la paix, un sutra pour la tendresse. » Il ajoute : « Tout est dans le son et le feeling. La mécanique quantique de l’amour ».

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La programmation musicale :

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