Open jazz
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Mercredi 6 novembre 2013
56 min

Avishai Cohen, quatre cordes à son âme

Parution du quatorzième album en leader du contrebassiste, compositeur, arrangeur et chanteur israélien Avishai Cohen "Almah" chez Parlophone.

Avishai Cohen, quatre cordes à son âme
Avishai Cohen ©Youri Lenquette

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C’est en passant par les chemins sinueux de l’expérience, en prenant tout le temps d’apprendre et de grandir, qu’on se prépare les plus beaux retours aux sources … Tel est l’adage qui semble gravé au cœur de "Almah ", le nouvel album du contrebassiste, compositeur, arrangeur et chanteur Avishai Cohen.

Inlassable explorateur, toujours prêt à faire bouger les lignes des genres, l’Israélien aura en effet attendu ce quatorzième album en tant que leader pour revenir à ses toutes premières amours : la musique classique, et plus précisément encore la musique de chambre. D’Avishai Cohen, on connaît bien le parcours de jazzman surdoué et tout-terrain, puisant autant dans les musiques du Moyen-Orient que dans les rythmes latins ou la pop. Il est cet élégant papillonneur qui aura mis son audace et sa curiosité à l’épreuve de l’exigeante scène new-yorkaise, puis au service de grands maîtres comme Danilo Perez, Chick Corea ou Herbie Hancock, avant de voler de ses propres ailes et de mener une carrière solo totalement affranchie, libre comme l’air de ses mélodies et de son inspiration nomades. Ce que l’on sait moins, c’est qu’Avishai Cohen fut à l’origine formé à l’école du piano et de l’harmonie classiques, du temps où il fréquentait l’Académie de la Musique et des Arts de Jérusalem.

A la tête de son trio, toujours animé par le pianiste Nitai Hershkovits et le jeune batteur Ofri Nehemya, il s’adjuge dans "Almah" le renfort d’un quatuor à cordes et d’un hautbois – celui, diablement expressif, de Yoram Lachish. Une configuration rêvée qui, depuis un an, a fait ses preuves sur scène, dans le cadre de concerts intitulés “Avishai Cohen with Strings”. Il est des musiciens pour lesquels le recours à un tel dispositif répondrait davantage au désir d’assouvir un caprice qu’à une réelle nécessité créative. Rien de tel chez l’Israélien : la tonalité chambriste d’"Almah" marque bel et bien l’aboutissement d’une réflexion et d’un processus de composition patiemment mûris. Avishai Cohen a précisément pensé et pesé ses choix : la composition particulière de son quatuor à cordes qui, en sus du violon (Cordelia Hagmann) et du violoncelle (Yael Shapira), comprend deux altos (Amit Landau et Noam Haimovitz Weinschel ), là où la tradition classique a coutume de n’en mettre qu’un.

A chaque projet, et peut-être plus encore avec celui-là, je redécouvre que je n’échappe jamais vraiment à moi-même, dit-il. Et c’est un sentiment agréable lorsque, dans un album aussi particulier, je finis par reconnaître et retrouver ces endroits intérieurs, comme insulaires, que j’ai la sensation de visiter lorsque j’écris. Ces moments où je vis comme dans une bulle, je crois qu’on les entend dans Almah. Ceux qui l’ont écouté ne l’étiquettent pas : ils ne me disent pas “Tiens, ça sonne comme du classique ou du jazz” mais “Ça, ça sonne comme ta musique”. O*n ne peut pas me faire meilleur compliment. Cela signifie que je crée quelque chose de sincère : tant que cela durera, ça me donnera une raison de vivre *.

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