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Mercredi 24 juin 2020
54 min

Aaron Parks, la machine des rêves

Little Big du pianiste et compositeur Aaron Parks sort un deuxième album, “Little Big II : Dreams of Mechanical Man”, chez Ropeadope.

Aaron Parks, la machine des rêves
Aaron Parks, © Carolina Mama

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Après deux ans de tournée avec Little Big (le guitariste Greg Tuohey, le bassiste David "DJ" Ginyard et le batteur Tommy Crane) et une année de collaboration avec d'autres artistes tels que Terri Lyne Carrington, Aaron Parks revient avec une vision particulièrement séduisante et ambitieuse de la musique créative.

« Dreams of a Mechanical Man »
« Dreams of a Mechanical Man »

"Rendre le simple compliqué est banal ; rendre le compliqué simple, incroyablement simple, c'est ça la créativité". Ces paroles du légendaire bassiste/compositeur Charles Mingus sont une pierre de touche pour Little Big, le quartet dirigé par le pianiste Aaron Parks. Le nouvel enregistrement du groupe, Little Big II : Dreams of a Mechanical Man, communique avec une clarté et une simplicité qui démentent sa profondeur ultime. "Je veux jeter un sort", explique Aaron Parks, "pour vous bercer dans une transe où vous pensez savoir où vous allez, et vous emmener ensuite dans un endroit inattendu, presque sans réaliser comment vous y êtes arrivé".

Cette nouvelle musique poursuit la culture du groupe d'un langage musical qui marie la musique créative improvisée à une musique plus centrée sur le groove - électronique, indie-rock, hip-hop et psychédélique - mais sans la moindre trace de "fusion" ni le sentiment que la musique est le fruit de styles disparates. Au contraire, elle semble parfaitement intégrée, entière en soi.

“Dreams of a Mechanical Man” est la deuxième sortie de Little Big sur Ropeadope Records, enregistrée après plus de deux ans de tournée pour Aaron Parks, le guitariste Greg Tuohey, le bassiste David "DJ" Ginyard et le batteur Tommy Crane. Une des principales caractéristiques de ce nouvel album, selon Parks, est que "aujourd'hui, le groupe fonctionne comme un seul être. Le premier disque portait sur les mélodies et l'esthétique. Cet album garde ce focus et capture aussi la chimie que nous avons développée sur la route, la façon dont le groupe se sent en faisant de la musique sur le moment".

Little Big de 2018 est en quelque sorte la suite du premier album sur Blue Note, “Invisible Cinema”, enregistré en 2008 et qui a placé le compositeur et le pianiste au centre de l’attention sur l'évolution du jazz au cours du nouveau siècle. Avec “Dreams of a Mechanical Man”, Parks continue d'explorer les possibilités de trouver une voix qui intègre les influences de la musique populaire, de la tradition du jazz, de la composition classique et des chansons traditionnelles - des idées qui trouvent aujourd'hui leur expression la plus convaincante et la plus mature, alors que l'écriture, l'interprétation et la production se rejoignent de manière surprenante.

Le partenariat de production avec Chris Taylor - producteur/bassiste pour Grizzly Bear et Department of Eagles, entre autres - a également été déterminant. "Il a été un contributeur essentiel en studio", note Parks, "en suggérant des détails absolument brillants. Sur la chanson titre, par exemple, il a eu l'idée d'une section de percussions doublée, que nous avons fini par enregistrer dans le hall du studio. C'est une touche subtile qui contribue à créer une signature". Taylor a également joué un rôle essentiel en aidant le groupe à trouver ses meilleurs moments - pas ceux dites parfaits mais plutôt ceux qui ont capté le groupe dans ce qu'il a de plus humain. "Il nous a aidés à accepter ces moments d'imperfection et de brutalité, permettant à la musique de respirer et de prendre vie.

"Je suppose qu'on peut dire," explique Aaron Parks, "que nous affichons une détermination. Structure et liberté. Retenue et abandon. L'idée est que ce groupe se sente à la fois comme une machine bien huilée et comme une équipe d'improvisateurs en manque d'inspiration".

Selon le pianiste, l'objectif plus large de “Dreams of a Mechanical Man” va au-delà du développement d'idées musicales. "Il y a tellement de nouvelles profondément troublantes qui nous parviennent chaque jour, amplifiées par la façon dont nous consommons les médias. Il est trop facile pour nos cœurs de se laisser submerger et de s'endurcir. Pour que nous puissions faire le travail systémique nécessaire pour avoir une chance sur cette Terre, nous devrons être capables de nous montrer avec notre cœur disponible et entier. Nous devons être capables de ressentir".

Aaron Parks, qui a lui-même connu des périodes de dépression, espère que les chansons et les récits musicaux présentés dans “Dreams of a Mechanical Man” pourront nous offrir à tous un peu de thérapie. C'est une musique qui vise à sonner l'alarme sur certains des grands problèmes de notre planète (Attention, Earthlings), qui nous demande de réfléchir plus profondément (la chanson titre Dreams of a Mechanical Man, évoquant l'histoire de Pinocchio et les enseignements de G.I. Gurdjieff), et qui nous invite à nous tourner vers l'intérieur pour examiner la façon dont nous sommes en relation avec nous-mêmes et les autres en ces temps précaires (Unknown).
(extrait du communiqué de presse - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)

Programmation musicale

18h06 - Aaron Parks, Little Big II  « Dreams of a Mechanical Man »
Attention, Earthlings (Aaron Parks)
Aaron Parks (piano), Greg Tuohey (guitare), David "DJ" Ginyard (basse), Tommy Crane (batterie)
Ropeadope

« Dreams of a Mechanical Man »
« Dreams of a Mechanical Man »

18h12 - Aaron Parks, Little Big II  « Dreams of a Mechanical Man »
Dreams of a Mechanical Man (Aaron Parks)
Aaron Parks (piano), Greg Tuohey (guitare), David "DJ" Ginyard (basse), Tommy Crane (batterie)
Ropeadope

« Dreams of a Mechanical Man »
« Dreams of a Mechanical Man »

18h20 - Rajiv Jayaweera  « Pistils »
Ellstandissa (Rajiv Jayaweera)
Chris Cheek (saxophone ténor), Aaron Parks (piano), Hugh Stuckey (guitare), Sam Anning (contrebasse), Rajiv Jayaweera (batterie, cymbales, thammattama, caxxixi)
Outside in Music 

« Pistils »
« Pistils »

18h29 - Buddy Collette « The Complete 1961 Milano Sessions »
Paddi (Buddy Collette)
Dusko Gojkovic (trompette), Buddy Collette (saxophone alto), Renato Sellani (piano), Franco Serri (contrebasse), Jimmy Pratt (batterie)
Fresh Sound 990

« The Complete 1961 Milano Sessions »
« The Complete 1961 Milano Sessions »

18h34 - Brian Landrus « For Now »
Ruby, My Dear (Thelonious Monk)
Fred Hersch (piano), Brian Landrus (saxophone baryton)
BlueLand 2020 

« For Now »
« For Now »

18h41 - Marta Sánchez  « El rayo de luz »
Cascadas (Marta Sánchez)
Marta Sánchez (piano), Chris Cheek (saxophone ténor), Roman Filiu (saxophone soprano), Rick Rosato (basse), Daniel Dor (batterie)
Fresh Sound 587 

 « El rayo de luz »
« El rayo de luz »

18h48 - Blanca Núñez « En Tierra »
Estabas Cerca (Blanca Núñez)
Blanca Núñez (voix), Julian Bossert (clarinette), Norman Peplow (piano), Jakob Kühnemann (contrebasse), Alfonso Garrido (percussions, batterie)
Double Moon 71363

« En Tierra »
« En Tierra »

18h53 - Graham Costello's Strata « Lyra »
Lyra (Graham Costello)
Joe Williamson (guitare), Fergus McCreadie (piano), Mark Hendry (basse électrique), Graham Costello (batterie)
Gearbox

« Lyra »
« Lyra »
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