Mercredi 16 avril 2014
1h 27mn

Regards sur la musique malgache

Trois musiciens, trois projets, nous proposent un nouveau regard sur la musique malgache.

Nawal & Les Femmes de la Lune
Parisienne d’origine Comorienne, Nawal est ambassadrice de bonne volonté pour les Nations Unies aux Comores. Après plusieurs albums et de nombreuses collaborations, elle concrétise son rêve : chanter le répertoire soufi avec des femmes de son archipel natal.

nawal lune
nawal lune

Le concept des « Femmes de la Lune » est né dans le cadre d’un projet de développement initié par Nawal avec l’association Art’ et Moin(moin = moi en créole). Il est destiné à valoriser les femmes et à lutter contre les misères sociales et mentales, dans l’océan Indien, en particulier dans l’Archipel des Comores. A travers ce projet, un hommage est donc rendu à ces « Îles de la Lune » (Comores vient de Kamara qui signifie la Lune en Arabe), comme les appelaient les navigateurs arabes du IXème siècle.

En 2007, invitée par le festival Milatsika et l’association Musique à Mayotte, Nawal se rend sur l’île des Comores françaises pour une série de concerts. A l’origine, son projet était destiné à des femmes d’Anjouan mais, à cause d’un embargo imposé par l’Union Africaine, ce sera avec ses soeurs “françaises”, des femmes mahoraises, que le projet aura lieu.

Les premières Femmes de la Lune viennent de différents quartiers de la commune de Chiconi sur l’île de Mayotte. Elles chantent, chacune dans un groupe de femmes, pour les cérémonies et les fêtes, et se distinguent par leur volonté de sortir du cadre restreint du foyer et de s’investir dans une activité indépendante. Elles expriment leurs talents à travers les chants et les danses. Engagement individuel et collectif, ce projet propose de les rendre plus confiantes et plus dignes et de mettre en lumière leurs compétences musicales. Il devient un support d’émancipation et de valorisation afin qu’elles puissent vivre de leur art.

Leur répertoire puise à travers des poèmes panégyriques. Ces femmes donnent naissance à un genre musical novateur, mélange de sacré et de profane. Le fil musical et mystique, chargé d’amour, se retrouve à travers leurs voix entremêlées d’instruments divers (percussions, gambusi, guitare ou autre suivant les rencontres). Douce, calme ou rythmée, chaque chanson est un envol vers cet archipel. La nouvelle formation de ce projet inclut deux percussionnistes chanteurs apportant une note supplémentaire au style "Afro-Soufi-Gospel".

Textes issus du site web consacré au projet.


Roland Rajaonarivo, pianiste
Alice Bodineau, Camille L'hermite et Erinna Fourny sont étudiantes à l’Université Paris 8. Elles ont réalisé pour Couleurs du monde, dans le cadre de leur licence professionnelle Techniques Journalistiques pour les Nouveaux Médias, un reportage consacré à la musique malgache de la région des Hauts Plateaux.

En mars 2014, une dizaine de musiciens et chanteurs malgaches se sont rejoints en région parisienne à l’occasion d'une Jam session. Ils ont interprétés des chansons traditionnelles et quelques airs de Jazz - cette influence musicale teinte désormais leur culture.
Roland Rajaonarivo, pianiste malgache septuagénaire, est le fil conducteur de cette traversée musicale. Il nous raconte sa culture celle des Hauts Plateaux, située au centre de l'île de Madagascar.
A ses côtés, nous entendrons également le saxophoniste franco-malgache Hery Andrianaivo, ainsi que Patrick Rakoto, pasteur franco-malgache polyinstrumentiste.


Teta
Né le 8 avril 1967 à Ampanihy, au sein de l’ethnie des «Mahafaly » (Heureux), Claude Teta a toujours baigné dans l’univers de la musique traditionnelle du grand sud malgache : le Tsapiky. Cette musique rythme et conte les coutumes des Mahafaly.

Teta
Teta

Faute de pouvoir poursuivre ses études, Teta choisit à l’âge de 13 ans de faire de la guitare son instrument de prédilection et son moyen de subsistance. Naturellement doué selon ses proches, il anime bientôt seul de nombreuses fêtes traditionnelles et fonde en 1988 son premier groupe de Tsapiky « Manga Fototsy ». Il pratique les années suivantes au sein de plusieurs groupes, la difficulté de la vie à Madagascar permettant difficilement la pérennité des ensembles : de nombreux musiciens sont souvent obligés de travailler en mettant de côté leur passion.

La formation Teta naît en 1997, pour trois enregistrements au sein des studios locaux dont la production ne se limite qu’à une centaine de disques. Teta joue alors souvent avec D’Gary, avec qui il partage une technique de jeu particulière.

C’est en 2007 que Teta entame une carrière solo. Il multiplie les expériences à Tananarive, rencontre et joue souvent avec Silo (pianiste jazz) et d’autres bassistes et guitaristes pour élargir ses horizons. Les paroles de ses chansons évoquent les valeurs qui lui tiennent à cœur. Fin 2007, il rencontre François Turlan, fondateur et responsable de l’association Balafomanga qui lui propose de travailler avec lui sur cette nouvelle inspiration. Une maquette, « Any aminao any », est réalisée à Tuléar dans le studio de l’association de février à avril 2009. Teta a publié fin 2011 un second album intitulé Fototse.

Aujourd’hui âgé de 47 ans, Teta est révélé à l’international, après être trop longtemps demeuré secret le mieux gardé de la musique malgache.
Il a remporté le Prix Découvertes RFI en 2013.

Site web de Teta.

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