Mercredi 18 décembre 2013
1h 28mn

Ile de La Réunion : 350 ans de Maloya

Avec la politologue Françoise Vergès et la chanteuse Nathalie Natiembe. Reportage au Festival Africolor (du 16 novembre au 22 décembre en région parisienne).

La Réunion commémore cette année l'abolition de l’esclavage sur l’île le 20 décembre 1848, et fête la musique traditionnelle née de cette époque : le Maloya, genre classé au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis octobre 2009.

Le Maloya désigne une forme chantée et dansée marquée par des influences africaine et malgache, possédant également des affinités avec les musiques européenne et indienne.

A cette occasion, Françoise Degeorges s'entretient avec Francoise Vergès, politologue et présidente du Comité pour la mémoire de l'esclavage.

Nous entendrons également Nathalie Natiembe, chanteuse réunionnaise de maloya. Marquée par Alain Peters et Danyèl Waro, son style musical est influencé par la chanson française (Édith Piaf, Charles Trenet), les musiques africaines et les musiques de l'océan Indien.
Son nouvel album Bonbon zétwal est sorti le 4 novembre.

► Le festival Africolor :
Depuis 1989, le festival Africolor met en valeur la présence des musiques africaines et des artistes africains.
Pour sa vingt-cinquième édition, du 16 novembre au 22 décembre, sa programmation retourne à la source des musiques africaines ; au moment où elles se retrouvent liées, malgré-elles, à l’histoire mondialisée. Par les razzias qui ont conduit à la fondation des confréries gnawas du Maroc, par la traite négrière qui déporta les musiques mandingues, vaudoues ou de la côte sud-ouest, ces musiques ont irrigué le globe depuis cinq siècles et participé à l’histoire de tous les genres, du bal à la musique contemporaine.
«Quand les âmes ensevelies avec les Kwasas des Comores ou les galions occidentaux ont sombré depuis longtemps dans l’oubli, les musiques africaines rappellent qu’elles ont circulé sur fond de déportation et qu’elles continuent de passer outre tous les nouveaux récifs, qu’ils se nomment visas ou contraintes budgétaires. (...) Un quart de siècle après sa fondation, le festival sait trop bien que l’histoire de la musique passe parfois par des courants sous-marins qui créent des lames de fond.»

Le site du Festival Africolor ici.


Le dimanche 15 décembre se tenaient, au Pré St Gervais, deux concerts liés sous la thématique "La route de l'esclave". Françoise Degeorges et Pierre Willer y étaient...

Coqueiros de Olinda
Regroupement d'artistes sous la direction artistique de Wendell Bara, le Coqueiros de Olinda propose un répertoire autour des musiques traditionnelles de Pernanbuco (nord-est du Brésil) telles que l’Afoxé, le Samba de roda, le Coco de roda.
et nous fait découvrir les rythmes liés au candomblé et au culte des «orixas», divinités afro-brésiliennes.
Wendell Bara, percussions, chant
Jonathan Derst, percussions, chant
Philippe Pham Van Tham, percussions, chant
Emerson Santos, danse

Albert Anagoko Ensemble
Loin des clichés construits par les églises pour effrayer l’Occident, la religion vaudoue permet aux assemblées réunies lors des veillées d’appeler les «orishas » (divinités), qui descendent dans le corps des danseurs pour communiquer avec les vivants. La cérémonie de transe remplit son rôle de lien social et temporel, réconciliant les mondes et les hommes entre eux. Ces rituels reposent sur des familles de musiciens.
L’Albert Anagoko Ensemble est une de ces grandes familles dépositaires du vaudou d’Abomey, capitale des Rois du Bénin. Arrivée il y a trois siècles par le Nord, elle est dédiée à Sagpata, divinité de la terre ou de la variole selon les versions. Les huit percussionnistes, danseurs et chanteurs, conduisent les dévotions à Sagpata lors de cérémonies qui peuvent durer jusqu’ au point du jour. Rythmée par le Gon (cloche qui dirige la formation), la transe vaudoue se déploie alors sur la base du Zenli, rythme ternaire d’Abomey accompagnant une danse ondulée et volontairement répétitive.
Pour leur première venue en France, l’Albert Anagoko Ensemble propose un florilège des traditions rythmiques et dansées. Aux sources du vaudou, on entend alors comment les musiques du Nordeste brésilien, la Santeria cubaine, les Ja Ja Haitiennes, les fanfares de la Nouvelle Orléans, le Ka guadeloupéen, sont la résurrection transatlantique des ancêtres béninois, offrant une seconde vie à tous les déportés de la traite négrière.
Stanislas Anagogo, percussions, chant
Jovence James, percussions, chant, danse
Maxime Anagoko, percussions, chant, danse
Simplice Anato, percussions, chant
Houedanou Anagoko, percussions, chant, danse
Mahinou Anagoko, percussions, chant, danse
Agla Anagoko, percussions, chant, danse


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La Cité de la Musique de Marseille présente jusqu'au 19 décembre une exposition autour du Maloya, en collaboration avec l'association Fon’ker la Réunion : en savoir + (site web de la Cité de la Musique de Marseille)


Prochaine émission spéciale Polynésie le 29 janvier. Avec le soutien de la compagnie Air Tahiti Nui.

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