Mercredi 12 mars 2014
1h 27mn

Concert du Qawwal Bache Dehli Gharana de Karachi (Pakistan)

Concert enregistré le lundi 10 mars au studio 105 de la Maison de la Radio.

Avec le précieux concours de Saïda Haider, spécialiste de la musique Soufie pakistanaise et traductrice, et de Martina Catella, de la Société Française d’Ethnomusicologie.

Les fragments de textes liturgiques soufis sont appelés aqwal. Celui qui les récite est appelé qawwal, l’art de cette récitation étant le qawwali.
Le qawwali est ainsi la récitation de textes sacrés choisis par les grands Saints Soufis musulmans, présentés dans un écrin musical.

L’art de la musique sacrée sous sa forme actuelle a été créé sous l’ordre de Khwaja Nizamuddin Aulia. Vers l’an 1276, son disciple Hazrat Amir Khusro (1253-1325), l’inventeur du genre musical nommé musique hindoustanie, rassemble douze élèves âgés de 12 ans pour les initier à l’art du qawwali. Le premier de ses élèves s’appelait Mian Sammaath, il est le seul à posséder des descendants.

Il faut appartenir à une famille de musiciens ayant exercé cet art depuis au moins quatre générations pour bénéficier du titre de gharana. Le jeune et dynamique Subhan Ahmed Nizami est son 33ème descendant en ligne directe, il dirige l’une des quatre branches des Qawwals Bache Dehli Gharana et assume une lourde responsabilité : la transmission orale des textes liturgiques qui lui ont été confiés par ses ancêtres. Il conserve ainsi quelques 2500 manuscrits.

En même temps que les textes, le secret de la lecture de ses poèmes se transmet de père en fils. Les langues utilisées dans ces chants sont variées, le persan ancien (langue des Saints soufis) s’imprégnant souvent des langues et dialectes locaux : braj, sanscrit, hindi, persan, arabe et plus récemment urdu (langue officielle de la Cour avec le persan) et penjabi. Ils cherchent à véhiculer un message universel d’amour, de fraternité, d’amitié.

Kabira kouan eik hai
Pani bhare an eik
Bhandhe hi mein bhaith hai
Pani sab mein eik hai

Kabira, il n’y a qu’une seule source
Chacun va y puiser son eau
Le mystère réside dans la forme du récipient
Car l’eau contenue dans chacun d’eux est identique

Kabir Daas, poète mystique du 16ème siècle.

Au programme de l’émission également :

zarsanga
zarsanga

Issue des montagnes du nord-ouest, Zarsanga est la voix la plus populaire du peuple Pashtou. Petite femme frêle au regard doux et pénétrant, elle impose par sa voix grave la force de sa présence pour chanter les poèmes d’amour.
Du Sind, à l’est, dans la vallée de l’Indus, un acrobate de la double flûte à bec, Akbar Khamisu Khan, accompagné à la percussion.
Du Baloutchistan, à l’ouest et au sud ouest, la province la plus vaste mais aussi la plus défavorisée, les rythmes endiablés du soruz de Mohammad Bashir, viole en forme de tête de mort, accompagnera la flûte et le chant de Nawab Khan, dont la force et la liberté des vocalises ne sont pas sans rappeler celles des tsiganes.

Dans le cadre du Week-end Pakistan, ces musiciens rares se produiront sur la scène du Théâtre de la Ville le samedi 22 mars à 17h.

Plus d’informations sur le site du Théâtre de la Ville.

La chanteuse Zarsanga se produira également le jeudi 27 mars à Huelgoat (29), salle du Cal, dans le cadre du Festival Couleurs du monde.
Plus d’infos ici.

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