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Mardi 5 décembre 2017
5 min

Le numérique occupe de plus en plus de place à l'Opéra

L’opéra est un laboratoire formidable qui fait son miel des nouvelles technologies. Petit état des lieux de l’utilisation des outils numériques sous les dorures des théâtres lyriques, en 5 étapes, et en musique !

Le numérique occupe de plus en plus de place à l'Opéra
Scène de l'opéra "Death and the Powers" de Tod Machover, qui utilise les technologies du MIT Media Lab, © MIT Media Lab

Le numérique prend une place croissante dans le monde lyrique. Pour commencer, direction l’Autriche : le Wiener Staatsoper vient de lancer un nouveau système de surtitrage en six langues. Un peu plus de 2 000 nouveaux écrans ont été installés sur les sièges : ils permettent aussi aux spectateurs d’avoir accès au livret de l’ouvrage représenté et à des infos sur la distribution. Un système de réservation de snacks pour l’entracte sera même bientôt mis en place.

Intéressons-nous maintenant à ce qui se passe sur scène. En France, les projections vidéos sont quasiment devenues incontournables : la scénographie de l’audacieuse Flûte enchantée du Komische Oper Berlin, à l’affiche de l’Opéra-Comique le mois dernier, avait été confiée au collectif “1927”. Les spectateurs ont assisté à un spectacle d’animation à base de projections sur un grand mur blanc percé d’ouvertures par où apparaissaient les chanteurs. Certains diront que le recours à la vidéo est une facilité, mais reconnaissons qu’elle ouvre la voie à une inventivité foisonnante !

Au théâtre de l’Opéra de Rome, l’opéra Fra Diavolo du compositeur français Daniel-François-Esprit Auber était à l’affiche pour l’ouverture de saison en octobre, avec un décor entièrement sorti d’une imprimante 3D. Ce sont cinq imprimantes qui ont fonctionné sans arrêt pendant trois mois pour fondre les 223 pièces composant la façade de l'auberge où l'infâme brigand vole les voyageurs. Les avantages d’un tel décor sont qu’il est léger et d’une grande précision. L’histoire nous rappelle d’ailleurs que technologie et opéra ont toujours fait bon ménage : déjà au XVIIe siècle, les tragédies lyriques classiques réclamaient force feux d’artifice et machineries perfectionnées.

L’opéra futuriste Death and the Powers de Tod Machover est créé à l’opéra de Monaco en 2010. Il met en scène des robots développés par le laboratoire du MIT, qui se déplacent librement sur scène et incarnent une sorte de chœur, à la manière des tragédies grecques. Autre exemple, plus récent : en octobre, sept musiciens de l’orchestre Les Siècles ont présenté le premier « opéra technologique », I.D. d'Arnaud Petit. Sur scène, une soprano de chair et d’os et un chanteur virtuel doté d’un corps de robot et d’une voix chantante, réalisé en partie grâce à l’Ircam.

Autre exemple, en Egypte. Depuis cinq ans, les concerts d’hologrammes se multiplient dans les musiques actuelles : le rock, le hip-hop, la pop… Mickael Jackson ou Elvis Presley ont récemment eu droit à une résurrection holographique sur scène. Du côté de la musique classique, cette technologie n’a pas encore gagné le monde de l’opéra, sauf si on lorgne du côté de la musique classique arabe. Et là, on découvre que la diva égyptienne Oum Kalsoum, décédée en 1975, a été hologrammisée au Caire en 2012. Alors, à quand un hologramme de la Callas, pour célébrer les quarante ans de sa disparition ?

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