Musique & web
Magazine
Mardi 10 octobre 2017
5 min

A Rennes, le numérique, star de la Journée Science et Musique

Samedi 14 octobre se tient à Rennes la Journée Science et Musique, manifestation organisée par le laboratoire de recherche Irisa, spécialisé dans les sciences numériques appliquées à la musique.

A Rennes, le numérique, star de la Journée Science et Musique
A Rennes se tient, samedi 14 octobre, la Journée Science et Musique, manifestation organisée par le laboratoire de recherche Irisa

Voilà sept ans que les chercheurs ont décidé de partager leurs travaux le temps d’une journée festive et conviviale, dédiée à la vulgarisation scientifique. Cette année, la Journée Science et Musique se tiendra samedi 14 octobre, à Rennes. Le numérique et les nouvelles technologies sont à l’honneur, et le public pourra assister à des conférences de chercheurs venus des grands laboratoires français, à des ateliers et à des concerts.

Impossible d’échapper à l’intelligence artificielle, qui est partout. La Journée Science et Musique nous montre que les musiciens sont eux-aussi concernés. On pourra découvrir une intelligence artificielle dotée de l’oreille absolue, une technologie développée par le chercheur Arnaud Dessein, en thèse à l’Ircam. Le principe : un pianiste ou un clarinettiste joue une œuvre, et un algorithme retrouve, en temps réel, les notes et le rythme. Cette intelligence artificielle qui répond au nom de Transcribe transforme, en temps réel, les sons en partition. L'algorithme est si performant qu’il peut retranscrire une ballade de Chopin.

Un autre atelier réunira une cantatrice, un ordinateur et… des archéologues. L’an dernier, une équipe d’archéologues a exhumé, lors de fouilles menées dans le centre-ville de Rennes, une partition du XVe siècle gravée sur une plaque de schiste. La partition était presque illisible, mais les outils numériques ont permis de la reconstituer, grâce notamment à une technologie de scanners baptisée Reflectance transformation imaging. La soprano Dominique Fontaine analysera et interprétera cette mystérieuse partition..

Une conférence présentera le lecteur de partitions numériques Antescofo mis au point par Arshia Cont, chercheur à l’Ircam. Antescofo propose notamment un accompagnement interactif au musicien, en s’adaptant à son tempo ou en lui faisant répéter les passages mal joués. Un outil motivant pour le travail des gammes et des arpèges.

La composition est également de la partie avec la tablette “Pop and touch” réalisée à l’Insa de Rennes. C’est une sorte d’iPad géant et intuitif qui permet à des enfants et à des apprentis musiciens de composer sans connaître le solfège traditionnel, grâce à un système de couleurs et de graphiques.

La réalité virtuelle est aussi à l'honneur, une technologie informatique qui simule la présence physique, en trois dimensions donc, d’une personne et d’un décor, grâce à un casque que l’on pose devant ses yeux. La salle Immersia est l’une des plus grandes salles de réalité virtuelle au monde. On embarquera pour un voyage dans le temps aux côtés des grands compositeurs. Le spectateur n’a qu’à poser le casque devant ses yeux et il se retrouvera aux côtés de Bach, en pleine composition d’une aria, grâce la projection de calques 3D.

La réalité virtuelle intéresse de plus en plus les orchestres. En février dernier, l’Orchestre du Palais Royal réalisait sa première vidéo à 360 degrés avec la start-up française Rehall. Ce type de vidéo peut attiser la curiosité et donner envie d’aller au concert. La vidéo de l’Orchestre du Palais royal est disponible sur Youtube. Pour la voir en trois dimensions et être immergé au cœur de l’orchestre, il faut en revanche posséder un casque de réalité virtuelle. Mais, sans casque, l’internaute peut découvrir chaque angle de la scène grâce à des flèches situées sur la vidéo. Les opéras d’Amsterdam ou de San Francisco ont déjà tenté l’expérience et cette technologie fait son chemin dans le monde du classique. Reste à voir s’il s’agit d’un simple outil de promotion ou d’une innovation concrète.

L'équipe de l'émission :