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Mardi 31 octobre 2017
5 min

La musique classique s'emballe pour les webséries

"Marmitondif", "les voix animées", "Mozart Matrix"... Les webséries lancées par l'ONDIF, les Voix Animées ou l'Insula Orchestra fleurissent sur le net. Décryptage.

La musique classique s'emballe pour les webséries
Capture d'écran de la websérie "Marmitondif"

Une websérie, qu’est-ce que c’est ? C’est une narration qui comporte plusieurs épisodes, au format court. Comme leurs grandes sœurs de la télévision, les web-séries peuvent-être sérielles – l’histoire se déroule sur plusieurs épisodes – mais aussi procédurales – une histoire par épisode.

Si on les voit fleurir un peu partout dans le monde, les web-séries se font encore discrètes en France, sauf du côté de la musique classique : les ensembles et les orchestres s’en emparent. Il y a quinze jours l’Orchestre national d’Ile de France (ONDIF ) a publié, sur Youtube, le premier épisode d’une websérie baptisée « Marmitondif ». Il s’agit d’une vidéo vitaminée de trois minutes destinée à présenter le programme de la saison à la manière d'une recette de cuisine.

Une websérie est un moyen décalé de communiquer sur un concert ou un disque, mais ce n’est pas tout à fait de la publicité car l’orchestre prend vraiment le temps de développer sa relation avec le public en distillant, par exemple, des clés d’écoute et autres repères musicologiques sur une œuvre. Dans une websérie, le protagoniste est souvent un personnage extérieur.

C'est le cas du chœur Accentus et de l'Insula Orchestra, premiers à se lancer dans la websérie en 2014, lors de l’enregistrement du Requiem de Mozart. Pendant cinq épisodes, on suit les aventures de Lorenzo, adolescent mélomane totalement habité par Mozart. Le personnage a plu et on a retrouvé Lorenzo, l’an dernier, dans une saison 2 baptisée « Mozart Matrix », qui a permis de pénétrer dans les coulisses de la représentation de Lucio Silla de Mozart à la Philharmonie de Paris, avec le contre-ténor Franco Fagioli.

Les webséries créent des rendez-vous avec le public, qui peuvent être hebdomadaires ou mensuels. C’est le cas avec l’ensemble Les Voix animées, dont la première websérie, il y a trois ans, a généré plusieurs milliers de vues sur Youtube. Les 12 épisodes ont permis aux quatre chanteurs de promouvoir leur répertoire favori : la musique a cappella de la Renaissance. L’idée est d’atteindre un public plus large, plus jeune et de montrer que ce répertoire n’est ni sérieux, ni ennuyeux, mais, au contraire, surprenant et moderne.

La saison 2 a été tournée en 2017 et sortira dans les prochains mois. Les Voix animées se rendent cette fois dans l’espace pour déchiffrer un mystérieux message extraterrestre : une polyphonie ressemblant étrangement à une chanson de la Renaissance.

On pourrait également citer Les Percussions Claviers de Lyon, qui ont dévoilé, la saison dernière, leur création Mille et Une grâce à une websérie de quatre épisodes, ou Le Concert de l’Hostel Dieu et leur websérie pleine d’humour sur les mythes de l’Antiquité dans la musique baroque. Pour les trois épisodes, les musiciens ont réquisitionné deux des acteurs de la série Kaamelot. Enfin, France Musique a coproduit en mars dernier « Je ne sais pas vous », une websérie de Patrick Leterme et Etienne Duval. Chacun des cinq épisodes aborde une œuvre du répertoire classique : Le Sacre du printemps, Le prélude à l’après midi d’un faune

Développer une web-série demande du de temps et de l’argent, l’investissement n’est pas négligeable, mais si l’idée est bonne, la websérie peut être un outil de diffusion pertinent et les épisodes sont l’occasion de susciter des interactions avec le public. Miser sur une communication qui associe humour et pédagogie permet d’aborder la musique classique d’une manière différente et, c’est le but, donner envie à l’internaute d’aller au concert.

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