Musique émoi
Entretien
Dimanche 22 janvier 2017
1h 58mn

Stéphane Martin « J’étais quelqu’un de très anxieux et la musique m’a aidé à m’échapper de cette anxiété, à m’apaiser »

L’invité d’Elsa Boublil dans Musique Emoi est Stéphane Martin, énarque atypique et voyageur, mélomane et président du Musée du Quai Branly.

Stéphane Martin « J’étais quelqu’un de très anxieux et la musique m’a aidé à m’échapper de cette anxiété, à m’apaiser »
Stéphane Martin et Elsa Boublil, © Radio France / Suzana Kubik

Stéphane Martin est président du musée du Quai Branly depuis 1998. Homme de culture et de musique, il choisit de travailler en faveur du développement économique africain après être passé par l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et l’Ecole Nationale d’Administration.

Mais déjà la musique accompagne ses interrogations et ses voyages, tant et si bien que la culture qu’il développe lui permet, en 1990, d’être nommé directeur adjoint de la musique à Radio France, et ce jusqu’en 1993.

« J’ai grandi sans musique. Mes parents n’aimaient pas le bruit. Et j’ai en quelque sorte plongé dedans durant mes dernières années de lycée. J’avais un groupe de copains passionnés d’opéra, ils m’ont entraîné dans leurs aventures.»

Une ou plusieurs vies

« Je pense que l’on peut avoir plusieurs vies superposées et qu’à certains moments, on est comme à un carrefour, on choisit une voie. J’aurais pu mener une vie tout à fait différente. »

« En rentrant du Sénégal, je m’apprêtais à rentrer à la Cour des Comptes et un de mes amis m’a alors recommandé à la nouvelle directrice du Centre Georges Pompidou. Elle cherchait un administrateur général… ».

C’est ainsi que Stéphane Martin prend le chemin d’une carrière culturelle, grâce à une rencontre plutôt que par vocation. Un terme - rencontre - qui illustre aussi bien son chemin professionnel que sa façon d’appréhender les œuvres musicales.

A force de trop écouter

« J’ai un rapport direct et sensoriel à la musique, et non pas savant. Quand je découvre une œuvre, je l’écoute, je l’écoute trop… et le désir, exactement comme chez Don Juan, finit par s’émousser. »

« C’est quelque chose dont je parle souvent avec des amis qui sont, eux, musiciens, et j’ai l’impression qu’une connaissance réelle de la musique, de la technique et de l’écriture musicale protègent de cette ‘malédiction’. »

Collectionneur de disques

Stéphane Martin consomme la musique en l'écoutant, mais aussi en l'acquérant comme objet. « Je tiens beaucoup aux disques et je continue d’en acheter. J’ai toujours aimé les choses. Je suis un collectionneur. »

« La première fois que j’ai écouté un opéra, un disque, c’était un beau coffret coloré. Comme une boîte de chocolats. » En achetant son premier coffret, Don Juan, Stéphane Martin découvre ainsi l’opéra éponyme de Mozart. En allant à la chasse aux disques dans un petit magasin situé à côté de son logement à Washington, il écoute pour la première fois les œuvres de Boulez.

Une approche de la musique par l’objet qui n’empêche pas le mélomane de s’attacher plus profondément aux œuvres. « J’étais quelqu’un de très anxieux et la musique m’a aidé à m’échapper de cette anxiété, à m’apaiser. »

Stéphane Martin est bien la preuve qu’il n’existe pas une seule et même façon de découvrir le répertoire. Bien au contraire, tout moyen est bon pour piquer notre curiosité.

Une émission en partenariat avec le magazine Grazia
Une émission en partenariat avec le magazine Grazia

Programmation musicale

Traditionnel d'Argentine
De pago en pago voy
Adolfo Abalos : piano et chant

W. Mozart
Don Giovanni (ouverture)
Orchestre Musicaeterna
Direction : Teodor Currentzis

J. S. Bach
La Passion selon Saint Matthieu (aria : Buss und Reu)_
Christa Ludwig, contralto
Philharmonia Orchestra and Choir
Direction : Otto Klemperer

Traditionnel du Gabon
Chantres du quotidien
Leontine et Patrice Mboumba, sanza et chant.

H. Berlioz
Nuits d’été op.7 (Villanelle)
Véronique Gens, soprano
Orchestre de l’Opéra national de Lyon
Direction : Louis Langrée

L. van Beethoven
Grande fugue en si bémol Majeur op.133
Quatuor Alban Berg

Georges Crumb
A haunted landscape
Warsaw Philharmonic Orchestra
Direction : Thomas Conlin

Richard Strauss
Vier Letzte lieder pour soprano et orchestra (Beim Schlafengehen)
Deborah Voigt, soprano
Orchestre Philharmonique de New York
Direction : Kurt Masur

Claude Debussy
Pelléas et Mélisande ("Oui ça y est nous y sommes", Acte II scène 3)
Geroges Shirley : Pelleas
Elizabeth Soderstrom : Melisande
Orchestre de l’Opéra Royal de Covent Garden
DIrection : Pierre Boulez

Aaron Copland
El Salon Mexico
Orchestre Philharmonique de New York
Direction : Leonard Bernstein

Cab Calloway
Tarzan oh Harlem
Cab Calloway, voix

Charles Koechlin
Chant funèbre à la mémoire des jeunes filles défuntes
Orchestre Symphonique de la Radio de Stuttgart
Direction : Heinz Holliger

Brooks and Dunn
Play something country

Pour connaitre la programmation du Musée du Quai Branly, c'est ici !

Musée du quai Branly
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