Musique connectée
Magazine
Mercredi 9 septembre 2020
1 min

Sur Youtube, les instruments médiévaux plus jeunes que jamais !

Hips Don’t Lie de Shakira, joué par un instrumentarium 100% médiéval ! Les grands tubes mainstream arrangés et interprétés pour instrumentarium très ancien, c’est le pari d’une jeune chaîne Youtube dont chacune des vidéos fait des millions de vues, elle s’appelle Stantough.

Sur Youtube, les instruments médiévaux plus jeunes que jamais !
Musique connectée du 9 septembre 2020, © Getty / Print Collector / Contributeur

Flûtes à bec, guimbardes, luths, vièles, psaltérions, lyres, cornets à bouquin et d'autres reprennent Maroon 5, Queen, Rihanna, Nirvana, Coldplay. N’hésitez pas à aller tendre l’oreille sur cette chaîne Youtube si ce genre de reprises vous amuse. Elles ont en tout cas le mérite de populariser des instruments pas toujours très connus. La place des musiques du Moyen-âge et de la Renaissance est assez paradoxale, notamment en France.

Le Moyen-âge a beau être la période historique préférée des Français, cet engouement ne va pas, hélas, jusqu’à la musique. La faute aux programmateurs de concert qui optent rarement pour des pièces du XIVe siècle. A les entendre, on croirait que la musique ancienne, est le baroque, point.

On a donc une diffusion timide qui explique en partie la place encore ténue qu’occupe ces répertoires dans nos conservatoires. Les musiques médiévale et renaissante sont victimes de l’image poussiéreuse et intello qui leur colle à la peau. Il est vrai qu’un manuscrit médiéval est inabordable pour le commun des mortels, mais l’enseignement a beaucoup évolué et la pratique est désormais au cœur de l’apprentissage, qui est loin d’être purement théorique.

Quelques établissements sortent du lot et proposent de vrais cursus : le conservatoire de Metz, celui de Noisiel en Seine-et-Marne, Besançon, le CRR de Paris et, bien sûr, celui de Tours, dont le département Renaissance fait figure d’oasis dans le désert ! On salue aussi le CNSMD de Lyon qui attire les étudiants pour qui la musique ancienne ne se résume pas à la période baroque. Chapeau à eux !

Rassurez-vous car pour ceux qui veulent se former à ces répertoires, il existe d’autres voies, en marge des conservatoires tels que des stages organisés par des ensembles et des associations, comme le Centre de Musique médiéval de Paris ou le Centre international de musique médiévale de Montpellier, qui sont tous les deux rattachés à des universités. 

Acceptons de perdre nos repères et de plonger dans ces musiques d’une richesse inouïe qui restent encore cantonnées à un univers très geek, type Donjon et Dragon. A mort les clichés ! N’oublions pas que le Moyen-âge et la Renaissance, c’est cinq siècles de musique, contre… deux pour la période baroque.

Les musiciens qui désirent se former à ces répertoires peuvent compter sur les associations. Certaines sont devenues incontournables, comme les stages organisés par Marcel Pérès et l’ensemble Organum à Moissac où les formations du Centre de musique médiévale de Paris (CMMP), qui ne délivrent pas de diplômes à proprement parler, mais fournit des attestations de stage, reconnues dans le milieu.

Du côté des universités, certains départements de musicologie proposent des formations qui associe recherche et pratique. C’est le cas du master interprétation des musiques médiévales de la Sorbonne, créé en 2005. Les cours balaient les cinq siècles de musique médiévale, jusqu’au XIVe siècle, et sont assurés par des professeurs comme le baryton Marc Mauillon. Les élèves de master peuvent notamment suivre les cours de Raphaël Picazos au Conservatoire de Paris. Plus récent (2014), le Centre international de musique médiévale de Montpellier (CIMM) est rattaché à l’université Montpellier 3. Le CIMM propose neuf cycles de formation dans l’année : chant grégorien, lyrique courtoise occitane, motets du 13e siècle, orgue portatif et archéologie musicale. Egalement, le centre travaille à la création d’une licence ou d’un master en partenariat avec le CRR de Montpellier.

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