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Vendredi 20 novembre 2020
1 min

Le clarinettiste volant : portrait confiné d’un musicien parachutiste

Après Zachary Wilder, le ténor tricoteur, Suzanne Gervais brosse le portrait d’un deuxième musicien confiné, Richard Malblanc, clarinettiste et parachutiste, un artiste athlète que la crise sanitaire prive tout autant de concerts que d'entraînement sportif.

Le clarinettiste volant : portrait confiné d’un musicien parachutiste
Le clarinettiste volant : portrait confiné d’un musicien parachutiste, Richard Malblanc, © Getty / Jasmin Merdan

Deuxième portrait, deuxième musicien confiné qui mène de front deux activités : son métier de musicien et un autre métier, insolite. Cette fois rien à voir avec le chant, rien à voir avec le tricot, puisque l’artiste du jour est clarinettiste et champion de parachutisme. Il s’appelle Richard Malblancet il aime aussi bien jouer en orchestre, enseigner son instrument au conservatoire Hector-Berlioz du Nord de l’Isère que sauter dans le vide.

Mais double-peine, pendant le confinement, pour ce musicien athlète de haut-niveau, qui est privé de concerts et privé d’entrainement. Un sacré manque d’adrénaline.

C’est à 17 ans que Richard Malblanc a eu le coup de foudre pour la chute libre, un été qu’il participait à un stage de musique pour préparer le concours d’entrée du conservatoire national supérieur de Lyon. À deux pas des salles de répétition, il y avait la zone de largage d’un centre de parachutisme et il s’est laissé tenter. Après ses études de clarinette, le musicien passe des brevets de parachutisme, tout en enseignant son instrument dans des écoles de la région lyonnaise. Il joue aussi régulièrement avec l’Orchestre de Paris, l’Orchestre national de Lyon ou celui des Pays-de-Savoie.

Double passion, une double dose d'adrénaline !

Notre musicien volant trouve le moyen de décliner son amour de la musique de chambre dans les airs. Il découvre le vol relatif, qui consiste à effectuer des figures à quatre ou huit à 4 000 mètres d’altitude. Une discipline qui demande rigueur, coordination et concentration. Exactement comme en trio ou en quatuor. En 1998, Richard Malblanc intègre l’équipe de France et obtient le statut d’“athlète de haut niveau”. Cela signifie que pendant deux ans, il s’entraîne trois semaines par mois. Le rythme est militaire, mais le parachutiste emporte toujours sa clarinette avec lui.

Un champion et un artiste polyvalent 

Après six titres de champion de France, d’Europe et vice-champion du monde, il quitte la compétition et se met à former les futurs moniteurs de parachutisme, un peu partout en France. Insatiable, il se prend de passion pour un autre sport extrême : l’alpinisme.Au sommet de l’Everest, en 2014, il sort sa clarinette de son sac, malgré le masque à oxygène. Malheureusement, elle est complètement gelée, et il est impossible d’appuyer sur les touches ! Le musicien l’assure, ses plus beaux sauts ont été aussi intenses que ses plus beaux concerts. Une pensée donc, ce matin, à travers le portrait de Richard Malblanc, aux musiciens bien sûr, mais aussi aux sportifs de haut-niveau, pour la plupart à l’arrêt, et parmi eux, les artistes athlètes que sont les danseurs.

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