Musique connectée
Magazine
Vendredi 19 février 2021
1 min

John Joseph Merlin, inventeur d’instruments et père du patin à roulettes

Tandis que le nord de l'Europe a sorti les patins à glaces ces derniers jours, coup de projecteur ce matin sur John Joseph Merlin, inventeur au XVIIIe siècle des patins... à roulettes et facteur d'instruments !

John Joseph Merlin, inventeur d’instruments et père du patin à roulettes
Les patins à roulettes en 1880.John Joseph Merlin, inventeur d’instruments et père du patin à roulettes, © DR

Alors que la folie du patin à glace s’est emparée du nord de l’Europe que les néerlandais patinent avec délices sur leurs canaux gelés, évoquons un personnage finalement assez méconnu, John Joseph Merlin. Né en Belgique en 1735 et mort à Londres en 1803. Merlin n’était pas enchanteur, mais inventeur prolifique à qui l’on doit non pas l’invention du patin à glace, mais celle du patin à roulettes. Il se trouve que comme la plupart des grands inventeurs, il ne s’est ni limité à une seule trouvaille ni à un seul domaine. John Joseph Merlin était aussi un habile facteur d’instruments de musique, qui s’est intéressé de près aux claviers.

A 25 ans, il quitte la Belgique pour Paris, puis Londres, où il est invité par l’Académie royale de sciences. Dans ses ateliers successifs, il fabrique des horloges, des montres et des instruments. On lui doit un puissant pianoforte de six octaves, qui a précédé de quinze ans le piano à queue de la firme écossaise Broadwood et plusieurs expérimentations sur le clavecin, dont il a voulu améliorer la facture.
John Joseph Merlin a construit un prototype de clavecin composé d’un jeu de marteaux similaires à ceux d’un pianoforte. Il a aussi fabriqué un orgue de baril, un petit orgue mécanique portatif qui fonctionne un petit peu comme une grosse boîte à musique. Merlin est nommé directeur du musée de Cox où il a exposé ses instruments et ses automates que les Londoniens curieux sont venus admirer en nombre.

De multiples inventions 

On lui doit aussi un fauteuil roulant automoteur, un système de clochettes synchronisées pour appeler les domestiques, un jeu de carte pour aveugles, une table à thé tournante et les patins à roulettes ! Les contemporains racontent qu’il portait souvent sa paire de chaussures agrémentée d’une rangée de roues en métal, pour en faire la publicité, comme lors d’une de ces soirées mondaines de Londres, où il déboula chaussé de ses patins, un violon sur l’épaule, prêt à donner un petit concert en patinant dans le salon. Hélas, il n’arriva pas à freiner et se fracassa contre un luxueux miroir, qu’il brisa en mille morceaux. Le violon était dans le même état. Il faudra attendre le milieu du XIXe siècle pour que les patins à roulettes fassent fureur dans tout l’Europe avec, notamment, une apparition remarquée dans une mise en scène du Prophète de Meyerbeer sur la scène de l’Opéra de Paris en 1849.

L'équipe de l'émission :