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Vendredi 9 avril 2021
1 min

Danse classique et physique quantique : le pas de deux de Merritt Moore

Elle a 33 ans et elle a deux passions dans la vie, qu’elle exerce au plus haut niveau : la danse de ballet et la science. Merritt Moore est à la fois danseuse classique professionnelle et physicienne reconnue. Elle aurait difficilement pu choisir deux disciplines plus exigeantes !

Danse classique et physique quantique : le pas de deux de Merritt Moore
Merritt Moore danse avec le robot Baryshnibot, © Skjalg Bohmer Vold

Violon, danse et mathématiques

C’est préadolescente, après des années de violon et de gymnastique, qu’elle tombe amoureuse des mathématiques et des chaussons de danse, qu’elle enfile pour la première fois à 13 ans, ce qui est assez tard pour une discipline aussi exigeante que la danse classique, mais plus courant qu’on ne le pense : certains débutants tardifs sont restés célèbres, comme Serge Lifar ou Rudolf Noureev ! Reste que Merritt Moore met les bouchées double pour rattraper son retard, il lui arrive même de s’endormir dans la position du grand écart…

Harvard, Oxford et l’English National Ballet

Pendant ses études scientifiques à Harvard et à Oxford, les nuits sont courtes : cinq heures, rarement plus, elle danse aussi au sein du ballet de Boston, puis de Zurich, en Suisse. Une double-vie d’étudiante scientifique et artiste qui est encouragée par l’université. En 2011, elle commence à un doctorat en physique anatomique en laser et sa thèse sur la dualité contre-intuitive de la lumière en optique quantique l’éloigne un temps de la barre et des pointes. Mais quatre ans plus tard, elle passe les auditions de l’English National Ballet et rejoint le corps de ballet pour une saison. Au programme : Le Lac des cygnes et Casse-Noisette.

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Pendant le confinement, un nouveau partenaire de danse

Une double vocation, une double vie qui permet à la jeune femme d’envisager le rapport entre l’art et la technologie comme peu d’artistes et de scientifiques sont capables de le faire. Au début de la crise sanitaire, Merritt Moore, enfermée chez elle, à Londres, essaye de trouver une solution pour que les danseurs continuent à s’entraîner chez eux. Bingo ! Les robots ! En mars dernier, elle sortait justement d’une résidence de six semaines à Harvard, sur le lien entre danse et robotique. Ni une, ni deux, Merritt Moore contacte Universal Robotics et leur demande de lui envoyer un bras de robot, de ceux qui sont utilisés dans l’industrie automobile, par exemple, pour voir si, en le programmant, elle pourrait en faire son nouveau partenaire de danse. Et au mois d’août, le robot « Baryshnibot » arrive dans son appartement.  

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Depuis, Merritt Moore a passé d'innombrables heures à chorégraphier des duos pour son robot et elle, à trouver comment cette grande tige en métal, articulée en six morceaux, pourrait imiter les mouvements d’une tête, de deux bras, d’un buste et de deux jambes. Quinze secondes de danse avec le robot nécessitent souvent plus de cinq heures de programmation, notamment pour retrouver la douceur des mouvements circulaires.  La danseuse a publié les étapes de ses recherches sur son compte Instagram et ses vidéos ont été vues plus de 15 millions de fois. 

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