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Vendredi 7 mai 2021
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L’orgue de Barbarie à la fête en Loire-Atlantique

Instrument d’Epinal, l’orgue de Barbarie aura bientôt droit à son festival en Loire-Atlantique. Coup de projecteur sur une tradition qui remonte au XVIIIè siècle.

L’orgue de Barbarie à la fête en Loire-Atlantique
Un festival sera dédié à l'orgue de barbarie à Saint-Michel-Chef-Chef en Loire-Atlantique, © Getty / Bildagentur-online

On les croise de temps en temps sur les marchés, au détour d’une rue ou dans une fête foraine et trois petites notes suffisent à nous bercer de nostalgie : les orgues de Barbarie, ces instruments nomades et populaires dont la manivelle est souvent actionnée par des chanteurs et chanteuses de rue à la voix gouailleuse, les orgues de Barbarie vont bientôt avoir droit à leur petit festival en Loire-Atlantique. Il aura lieu à la fin du mois, le week-end des 29 et 30 mai, en plein-air, dans la commune de Saint-Michel-Chef-Chef.

Une quarantaine de chanteurs et chanteuses de rue devraient être présents, ils viendront de toute la France et de Belgique avec leurs orgues portatifs : l’occasion de découvrir des instruments de collection, de vrais orgues de Barbarie avec leur mécanique à l’ancienne et le fameux rouleau de papier perforé qui permet de jouer la mélodie.

L’orgue de Barbarie est né au début du XVIIIè siècle et l’origine de son nom est encore discutée : certains ont dit qu’il lui venait d’un certain Giovanni Barberi, facteur d’orgue italien qui concevait, dans son atelier, des petits orgues portatifs… Mais il est plus probable que « barbarie » désigne sa sonorité, plus exotique que celle de ses grandes sœurs des églises, ou plus encore l’origine étrangère des artistes de rues sous l’Ancien-Régime. C’est sans doute le plus facile des instruments puisque nul n’est besoin de connaître la musique pour en jouer : il suffit d’actionner la manivelle ! Voilà qui explique qu’il était souvent joué par des mendiants et vagabonds, qui, aux XVIIIè et XIXè siècles, en louaient volontiers un pour la journée à un fabriquant.

Voilà un instrument sympathique, à la frontière de l’automate, dont l’histoire titille l’imaginaire et les envies de grand chemin, un instrument qui sera donc à l’honneur fin mai, à Saint-Michel-Chef-Chef : l’idée du festival revient à un certain Monsieur Léon, joueur d’orgue de Barbarie passionné, bien connu des vacanciers et des festivals de musique traditionnelle. Il existe d’ailleurs quelques facteurs spécialisés en France : c’est à Toulouse que l’on trouve l’un des plus anciens ateliers de fabrication et de restauration d’orgues de Barbarie.

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