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Mercredi 17 mars 2021
1 min

A Albi, des cours de musique à un euro pour les étudiants

Le mal-être des étudiants pendant la pandémie est de plus en plus grand, de plus en plus médiatisé aussi, et à Albi, dans le Tarn, un professeur de guitare a eu une idée pour les soutenir à sa façon.

A Albi, des cours de musique à un euro pour les étudiants
A Albi, Olivier Barbant donne des cours de musique aux étudiants pour un euro , © Izi Music

Olivier Brabant enseigne la guitare, le piano et la batterie dans la petite école de musique qu’il a créée il y a dix ans, à Albi, Izi Music. L’école compte une cinquantaine d’élèves et, il y a quelques jours, le professeur a eu l’idée de proposer des cours de musique à un euro pour les étudiants les plus précaires. Au choix : guitare, piano, chant, batterie ou violon, avec son collègue enseignant.

Cette idée, elle a fait tilt lorsqu’il a reçu la visite d’une étudiante de 20 ans, inscrite à l’Université d’Albi, qui est venu prendre un premier cours de piano. Elle n’avait pas l’air en forme, mais a beaucoup aimé son premier cours, a confié Olivier Brabant, cours qu’elle a payé au tarif habituel. Et puis la jeune femme n’est pas revenue. Le musicien s’est permis de l’appeler et lui a proposé de revenir faire de la musique sans payer. Elle était ravie, elle est revenue. C’était donc le prix du cours qui bloquait… Du coup, Olivier a décidé de libérer une heure par jour, du lundi au samedi, ce qui fait deux cours de trente minutes, pour les étudiants qui le désirent. Deux autres étudiants ont mordu à l’hameçon : l’un a commencé à la guitare, l’autre le violon. Lorsqu’ils n’ont pas les instruments, Olivier les prête et a lancé un appel aux Albigeois : ceux qui ont des instruments inutilisés chez eux peuvent les prêter.

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Une initiative généreuse qui séduira, espérons-le, les étudiants qui souhaitent commencer ou reprendre la musique. L’idée, c’est bien de briser le cercle vicieux de la solitude dans laquelle sont enfermés nombre d’entre eux : quand on est claquemuré chez soi, faire de la musique est le moyen idéal de s’évader un peu et d’ouvrir les perspectives. Olivier Brabant insiste : « Ce n’est pas grand-chose comparé à la détresse étudiante », le musicien espère surtout que son initiative soit utile : il craint que les étudiants qui en ont le plus besoin ne fasse pas la démarche. Difficile en effet de faire le pas de sortir de sa chambre lorsqu’on est profondément déprimé.

A voir donc si cette proposition fait mouche, d’autant que la « ville rouge », cousine de la cité toulousaine, abrite tout de même quelque 4500 étudiants répartis dans une vingtaine d’institutions d’enseignement supérieur, dont l’école des Mines et l’Université Champollion.

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