Musique connectée
Magazine
Mercredi 3 juin 2020
1 min

En Autriche, une école de musique solidaire ouverte aux réfugiés

Direction Vienne, capitale de l’Autriche, où la très touchante particularité d'une école de musique, a retenu l'attention de Suzanne Gervais.

En Autriche, une école de musique solidaire ouverte aux réfugiés
Musique connectée du 03/06/2020, © Getty / FatCamera

DoReMi est le nom d'une école ouverte en 2016 dans le quartier de la capitale autrichienne. Une école à l’arrêt en ce moment à cause de la crise sanitaire, mais qui mérite amplement qu’on parle d’elle, quand bien même ses salles de classes sont encore fermées.

Dans cette école de musique sociale, le principe des cours est simple : chacun paie selon ses moyens, c’est-à-dire ce qu’il peut.

Les élèves suivent les cours en binôme : un réfugié et un élève autrichien, de langue allemande, dont les revenus sont trop faibles pour se payer des leçons de musique aux tarifs habituels.

L’idée, ce n’est pas seulement d’apprendre à jouer d’un instrument, mais aussi de rassembler les gens, de sortir de l’entre-soi, de rencontrer et de faire de la musique avec des réfugiés, des personnes qui sont en pleine demande d’asile. DoReMi promeut l’entraide, l’intégration et l’inclusion : il s’agit bien, en faisant de la musique ensemble, d’inclure des réfugiés et des personnes défavorisées dans un tissu associatif, premier pas d’une inclusion sociale valorisante.

Avec aujourd’hui 26 professeurs et 185 élèves, DoReMi devient une vraie communauté. Ses membres viennent d’une vingtaine de villes et de pays dont l’Irak, l’Afghanistan ou encore la Syrie. Pour récolter de l’argent et payer ses professeurs, DoReMi a lancé l’opération « Open piano for refugees » (Piano ouvert pour les réfugiés). Le principe est connu, il s’agit de quelques pianos installés dans Vienne, dans ces centres commerciaux par exemple, avec un petit panneau mentionnant le nom de l’opération, qui invite les musiciens à jouer en public.

En attendant la reprise des cours, saluons et relayons cette initiative née de l’engagement de quelques musiciens professionnels autrichiens. N’en déplaise à certains qui voudrait voir la musique vivre en vase clos, le monde musical se fait de plus en plus l’écho des enjeux migratoires et environnementaux. La musique, plus que jamais, est une pratique sociale.

L'équipe de l'émission :